De nombreuses familles «sinistrées»

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Le gouvernement central et l’Hôtel de ville de Kinshasa ont lancé, le week-end dernier, un appel à l’humanisation des rapports entre la brigade qui mène l’opération de salubrité publique et la population kinoise. Cette décision a été annoncée par le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, au sortir d’une réunion avec le Premier ministre, le Gouverneur de Kinshasa, l’Inspecteur général de la police et d’autres services concernés par cette opération. A cette occasion, les bourgmestres des  communes ont été invités à s’impliquer pour sa réussite.  
 
Les Kinoises et Kinois,  tout en soutenant la volonté des autorités d’assainir la capitale pour qu’elle sorte de son mauvais classement de ville la plus sale de la planète, estiment que cet appel arrive bien tard. Cette action passe aux yeux de plusieurs petits vendeurs comme une opération qui frise l’extorsion de leurs biens. Effectivement, certains  éléments de la police nationale, zélés,  qui accompagnent  cette brigade excellent dans la brutalité gratuite. Ils n’hésitent pas à porter des coups de matraques sur les petits commerçants et à renverser les étals sans sommation. Pour ceux qui osent résister, c’est à peine s’ils ne sont pas simplement touchés dans leur intimité.  Jeudi dernier, une vendeuse de place Kintambo Magasins en a eu pour son compte. Voulant résister, un Lieutenant de la police l’a simplement déshabillée sous les regards hagards des passants qui exprimaient toute leur désapprobation. Un autre vendeur ambulant de boissons gazeuses a vu toutes ses bouteilles jetées au sol et écrasées par les automobilistes non loin du Centre culturel américain de la Gombe. Quant on sait que ces vendeurs non autorisés sont raquettés quotidiennement pas ces mêmes personnes qui ferment les yeux sur leurs activités moyennant le « mabonza » qu’ils leur versent, les autorités doivent ouvrir le bon œil.  
A ce jour, beaucoup d’observateurs s’indignent et regrettent le caractère unilatéral de cette opération, qui à leur avis aurait dû être précédée par une forte campagne de sensibilisation. Pour eux, chasser cette économie informelle sans en combattre la cause ne serait pas juste. Parce que, au-delà de cette opération coup de poing, c’est la pauvreté qu’il faut réellement combattre en relançant l’économie et en appliquant une politique juste de  distribution de la richesse nationale afin d’espérer gommer tant soit peu les inégalités criantes qui existent entre ceux qui possèdent tout et ceux qui n’ont rien. Car, si cette opération ne propose pas de solution durable, tous ceux qu’ont chasse aujourd’hui reviendront en force, même vendre sous le manteau.
 
 
A.Vungbo 
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