De janvier 2014 à ce jour : 104 cas des viols enregistrés à Kisenso et Walikale

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Une femme victime de viol.La Concertation des collectifs et associations féminines de la région de Grands Lacs (COCAFEM/GL), à travers son collectif membre, le Comité national femme et développement (CONAFED), a tenu, le samedi 5 juillet 2014 au Centre pastoral Liloba dans la commune de Lemba à Kinshasa, une conférence de presse sur les cas graves des violences sexuelles et basées sur le genre faites aux femmes et aux filles dans ses zones d’intervention qui sont la commune de Kisenso à Kinshasa et le territoire de Walikale au Nord-Kivu. De janvier 2014 à ce jour, a-t-on conclu, au total 104 cas des violences sexuelles ont été enregistrés et ont bénéficié de la prise en charge médicale et psychosociale dont 27 à Kisenso et 77 à Walikale. « En rapport avec la poursuite judiciaire des auteurs de ces viols, les statistiques indiquent que seuls 20% sont détenus et 80% sont toujours en liberté…» a révélé Antoinette Vangu, membre du Conseil d’administration du Conafed.

Cette activiste a par ailleurs précisé que sur ces 20% de détenus, seulement 5% de jugements sont en cours, tandis que les 15% sont soit évadés, soit libérés à la suite des arrangements à l’amiable entre les familles de la victime et de l’auteur. A titre illustratif, elle a cité le cas de deux fillettes de la même famille, de 8 et de 11 ans, au quartier Riflard à Kisenso qui ont été violées par un garçon de 21 ans, mais dont les parents ont refusé une quelconque prise en charge pour se contenter d’un arrangement à l’amiable. Toujours dans ce coin de la capitale Kinshasa, un garçon de 7 ans a été violé par un groupe de garçons adultes et ces criminels sont restés impunis.

Appel à la multiplication des audiences foraines

Partisan d’une éradication de toutes les formes de violences faites aux femmes et aux jeunes filles, le Conafed a, à l’occasion de cette rencontre avec les médias, émis quelques recommandations aux acteurs impliqués dans cette lutte.

Au gouvernement de la RD Congo, par exemple, il a demandé l’application effective des lois relatives à la lutte contre les violences sexuelles existantes et l’adaptation de celles qui présentent des lacunes. « On doit organiser et multiplier les audiences foraines dans les entités éloignées de grandes villes pour dissuader les violeurs potentiels et rapprocher la justice des justiciables » a suggéré Jeanne Nzuzi Nsamba, secrétaire permanente du Conafed, ajoutant même que le gouvernement devra améliorer l’accès des victimes à la justice, conformément au protocole de prise en charge juridique appuyé par la gratuité du certificat médical.

   A l’endroit du parlement, Conafed recommande le renforcement des mesures coercitives à l’égard des mineurs de 14 à 17 ans, auteurs de viols, afin de décourager davantage les nombreux cas de viols entre mineurs.

Aux organisations de la Société civile, il leur est exhorté d’informer correctement les victimes et leurs familles de leurs droits et des procédures judiciaires et d’offrir une prise en charge psychologique aux victimes adultes et enfants à travers un personnel qualifié, notamment des psychologues cliniciennes formées. Enfin, aux partenaires internationaux et aux médias, cette organisation préconise d’amener le gouvernement congolais à mettre en œuvre les réformes susmentionnées et de produire des débats, articles de presse et émissions radiotélévisées sur ce fléau qui doit être éradiqué.

Tshieke Bukasa

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