De faux pasteurs trafiquent des bijoux à Kinshasa

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Quelques groupes qui opèrent en plein jour et aux abords de marchés de Kinshasa. Ces escrocs déguisés en pasteurs, ne ciblent que des femmes un peu âgées et des jeunes filles pour frapper leurs coups. Anne Kimvwidi, commerçante de son état, raconte sa mésaventure. Un jour du mois de novembre, parée de ses bijoux, elle s’était rendue au marché de Gambela pour y acheter des provisions. Devant elle, un groupe des gens qui prient. Un pasteur dénommé « Inspiré » au milieu du groupe, entonne des prières. Soudain, à la vue de la dame, il interrompt ses invocations et signale que l’esprit lui a montré que parmi les badauds, il y a des gens dont l’étoile est étouffée. Ces gens qui devaient réussir dans toutes leurs entreprises et dans tous leurs projets, malheureusement, sont freinés, parce qu’ensorcelés et envoûtés. Recommandation : il faut les délivrer. Et pour les délivrer, a-t-il conclu, il faut prier pour eux.

Son regard va balayer les badauds et se fixer sur la dame qu’il va appeler à venir près de lui. Voilà, dira-t-il d’un air sûr, cette maman devait être une grande femme d’affaires. Les gens de sa trempe voyagent régulièrement en Chine ou à Dubai, et font de bonnes affaires. Nombreuses sont celles qui construisent des flats et possèdent un charroi automobile pour le transport en commun. Elle ne fait que de petites navettes à l’intérieur du pays, sans amasser beaucoup de bénéfices.

Anne Kimvwidi, très ravie par ces propos, est demeurée très attentive. Et le fameux pasteur de poursuivre qu’il peut la délivrer à condition qu’elle puisse marquer son accord et suivre les recommandations.

Décidée de voir ses affaires prospérer, Anne Kimvwidi se soumet aussitôt aux instructions du pseudo-pasteur. Immédiatement, l’homme ferme les yeux, entre en transe, et tonne dans une langue incompréhensible et connue de lui seul. S’entretenait-il avec un être invisible ? Personne ne le sait. Mais toujours est-il qu’il s’adressait à son « maître ». Voilà qu’avant de terminer la prière, il rouvre les yeux et va s’exprimer en lingala en dévoilant quelques extraits de la vie de la femme commerçante.

Bouleversée par ces révélations, la dame éclate en sanglots en reconnaissant qu’elle est combattue au niveau de son clan où l’on complote pour l’ensorceler afin qu’elle meure.

Des éloges fusent alors de la foule. «  Ce pasteur dit la vérité ! », «  Il est sérieux ! », «  Voilà des pasteurs à qui faire confiance et qu’il faudrait suivre ! ». Ce sont des membres de la bande déguisés dans la peau de gagneurs  d’âmes qui attirent des foules.

Enfin, le pseudo-pasteur pose ses mains sur sa tête, pendant que ses complices prient et chantent. Et quand la dame sombre dans l’inconscience, subtilement il dégrafe le crochet de sa chaînette en or de marque Cartier. Et il en faire autant de ses gourmettes et de ses bagues.

A son réveil, « Inspiré » lui dira de rentrer immédiatement chez elle pour aller dormir, afin d’être dans les bonnes dispositions pour prier toute la nuit.  C’est ce qu’elle fait.

Après leurs méfaits, les escrocs se volatilisent dans la nature

          Le lendemain, elle se rendra compte qu’elle n’avait plus ses bijoux. De retour au marché Gambela, le groupe des prieurs est introuvable. Depuis ce jour-là, elle sait que des bandes de prieurs usent des stratégies pour hypnotiser les victimes et leur arracher des bijoux et des sacs à main armée.

          Une autre dame, Marie-France Kizola Yangambi, attirée par ces bandes d’escrocs, a sollicité qu’on prie pour elle. Le pasteur surnommé «  L’esclave du Seigneur » n’est pas allé par quatre chemins pour lui signifier que ses bijoux sont des «  instruments diaboliques » par lesquels Satan agit dans sa vie, en déstabilisant ses projets. Résultats : ses affaires n’avancent pas. Les bénéfices sont transformés en pertes, au point que rien ne marche.

          Comme envoûtée, elle a ôté ses parures et les a confiées au pseudo-pasteur qui a juré de les brûler et jeter les cendres dans le fleuve Congo. Des semaines plus tard, aucun changement positif n’a été enregistré dans le commerce de la dame. Et ce, malgré la perte de ses bijoux. Marie-France Kizola s’est rendue à l’évidence, qu’elle a été victime d’une escroquerie et révélé aux siens qu’on ne l’y prendra plus dans ce genre de mésaventure.

          Le modus operandi, avons-nous appris de milieux de la police, est presqu’identique. Le chef de bande entouré de ses complices, démarre le scénario par des prêches en pleine rue. Trois membres de la bande qui suivaient au loin, ce rassemblement qui gonfle avec des badauds, s’en approchent et demandent au « pasteur improvisé » de prier pour eux. Le pseudo-religieux enjoint alors aux trois chrétiens de s’agenouiller. Le tout va se terminer par la désignation des victimes dans la foule à qui on va soutirer des effets personnels quand elles sombrent dans l’inconscience.

          Décembre 2015, à l’approche des fêtes de fin de l’année, les escrocs vont s’illustrer par des méfaits de ce genre. L’heure est donc à la vigilance !

J.R.T.

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