Dans les pays pauvres d’Afrique : les populations hurlent de douleur

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(Par le Proffesseur  Kambayi Bwatshi)

Pendant que les gouvernants des pays pauvres croient, en dénonçant  le néo-colonialisme, ils acceptent « l’aide au développement » qui leur offre
de gros avantages du fait qu’elle permet l’obtention des devises qui servent en grande partie, soit à importer des armes destinées à « stabiliser » leur pouvoir, soit à confondre l’avancement technologique de leur pays et le développement. C’est une « belle affaire », car l’indépendance n’a rien changé à l’exploitation néo-coloniale vu la complicité entre les intérêts des* classes dirigeantes de la majorité des pays du tiers-monde et ceux des « altruistes » des pays industrialisés. Ces intérêts imposent des politiques qui empêchent le développement. Croyant assurer le bien-être des populations, ils (intérêts) poussent le cynisme jusqu’à transformer l’aide au développement en armes stratégiques. C’est ainsi qu’une telle « aide à la recolonisation »  prend presque toujours l’allure d’une épopée bienfaisante.

            Tibor Mende, I’analyste bien connu de ce genre d’aide, a démontré que dans le tiers-monde, la classe dirigeante, « collaborateurs » (collabos), si elle n’est pas désireuse ni capable de se libérer au chantage à peine masqué attaché à l’aide, la dépendance devient une drogue asservissante. Par le biais du comportement de l’élite gouvernante des pays pauvres et les politiques d’aide au développement, ces pays sont  exploités à travers les prismes déformant de l’égalité de la misère. Les disparités économiques et sociales s’y aggravent, alors que l’élite politique, économique et militaire prise en otage par la mafia financière internationale, se fait place « Horrible » dans la sphère du capitalisme mondial. Ces bourgeois de type spécial partagent tous une caractéristique : faire écran entre populations pauvres et les « maîtres du monde ». Et aussi donner l’air de ne pas comprendre que la crise économique et financière qui frappe le monde aujourd’hui, frappe encore davantage les pays sous-développés en aggravant, d’une manière dramatique, la situation que connaissent leurs populations. Faim endémique, misère, maladie, ignorance, chômage, absence de possibilités, insécurité, inégalité, désespoir. .. tels sont les mots et les maux qui permettent de résumer la « qualité de vie » des trois quarts de la population de la planète. Claire Brisset décrit cette situation comme étant un « scandale mondial » dans le « Monde diplomatique » de mai 1983. Je me demande parfois si la mondialisation, si la globalisation n’est pas un « terrorisme au quotidien; » s’il n’a pas consacré le « capitalisme des tueurs » et l’angoisse et la terreur. Je reviens aux paroles de Paul VI de tout à l’heure pour dire qu’un Etat qui ne procure pas à ses citoyens un sentiment de sécurité, ne leur assure pas un minimum de stabilité sociale et de revenu, un avenir prévisible, et ne garantit pas un ordre public en conformité avec leurs convictions morales, est un Etat cadavérique s’approchant de Zéro et du fantomatique.

            Il est évident que le développement même des peuples conduit à une réduction de taux de natalité. On ne pourra parler de contrôle des naissances, de planning familial, de politique démographique sur une base morale, éthique et véritablement humaine, que si les premières mesures visent précisément à porter remède aux causes.

            La population d’un pays, en principe, doit être une ressource et non un handicap. Les problèmes surgissent lorsqu’elle est trop nombreuse par rapport à ses ressources ou lorsqu’elle s’accroît si rapidement que les gouvernements et les institutions, ne peuvent plus lui fournir  ce qui est nécessaire dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’emploi et du logement… Pour réussir un tel défi, il faut de la part du gouvernement un engagement politique empreint d’un véritable  nationalisme volontariste. Les élites des nations pauvres
doivent lire et relire toutes les littératures et discours sur les responsabilités des multinationales dont le rôle ne cesse de dérégler, avec effets pervers, des marchés internationaux.

            La situation devient particulièrement douteuse dans la mesure où la pénurie, le manque ne  relève pas d’un problème de production ou d’une impossibilité matérielle. Contrairement à ce que prétendent certains de façon tendancieuse, il n’existe pas de rapport inversement proportionnel entre le rythme de croissance de la production d’aliments et le rythme de croissance de la population. Ce rapport, bien sûr, n’est pas mathématique mais social : ce sont les conditions de production et de reproduction de la vie matérielle qui déterminent la forme de distribution des aliments et leurs proportions, tant entre les pays, qu’entre les groupes  sociaux à l’intérieur de chacun des pays.  Les problèmes à l’origine du drame étant d’un tout à fait autre ordre, les statistiques les  plus sophistiquées ne les reflètent pas dans toute leur dimension. La faim, on doit le savoir, est synonyme de carence et elle est intimement associée à la pauvreté, aux profondes disparités de revenus dans la majorité des populations sous-développées, à l’absence des chance. à l’ignorance, aux inégalités et aux injustices.

            Dans les pays du tiers-monde, la faim c’est aussi la faiblesse des revenus liés étroitement à la situation de l’emploi, du chômage et du sous-emploi. Et ces phénomènes sociaux ne peuvent être considérés comme des simples questions quantitatives. Il s’agit aussi d’un problème qualitatif.

            Le tout est aggravé par l’exode rural, cette migration croissante, en direction des villes, des grandes masses des villageois – paysans, « ces réfugiés de l’environnement », vers les grandes villes métropolitaines déjà elles – mêmes rendues bidonvilles caractérisés par le phénomène que les géographes appellent « urbanisation explosive. » Le spectacle qu’offre un bidonville, par exemple, est simplement désolant : indigence et mendicité, insalubrité, entassement d’hommes, promiscuité, pénurie de l’eau courante, les maladies transmissibles par l’eau : fièvres entériques, dysenterie, typhoïde, choléra, infection amibienne, schistosomiase, etc. l’absence d’installations sanitaires, la violence sans borne, la prostitution, la toxicomanie, la délinquance et d’autres manifestations des conduites anti-sociales. C’est simplement grave; dans un monde témoin des avancées spectaculaires des sciences, des techniques et des technologies qui consacrent des sommes colossales à la fabrication des moyens capables de détruire l’humanité, la conscience universelle devrait rougir de honte.

            Le sous-développement est un phénomène économique et social. C’est aussi et surtout, un fait politique. Exploitation et dépendance, pauvreté et famine, insécurité et chômage, insalubrité et ignorance, sont si l’on veut, de formes ou des approches pour l’analyse d’une réalité unique : le sous-développement à la base duquel on ne trouve rien d’autre qu’un ordre économique international injuste et une inégalité manifeste dans la distribution des richesses, tant entre les différents pays, qu’au sein de beaucoup d’entre eux. J’ai souvent enseigné que le sous – développement, c’est l’incapacité des gouvernements des pays du tiers-monde à prendre réellement en charge leurs populations.

Pr Kambayi Bwatshia

 

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