Dangereux appel de Lamuka au génocide kasaïen

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Photos Bernard Demoulin : Declaration elections RDC Bruxelles

Martin Fayulu, leader de la coalition «Lamuka» et candidat malheureux
à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, a sollicité et obtenu
l’autorisation de l’autorité urbaine de Kinshasa pour animer un meeting politique à la place Sainte Thérèse dans la commune de Ndjili, le samedi 2 févier.

Il a communié librement avec ses partisans sans qu’une perturbation
ou empêchement quelconque de la part des forces publiques ni des
adversaires politiques ne soit observé. Le candidat de «Lamuka» à la
présidentielle de décembre, tout comme les autres leaders qui
l’accompagnaient, se sont exprimés tour à tour, dans un esprit
démocratique, jusqu’à l’épuisement de leurs idées. La « vérité des
urnes » qu’ils continuent à revendiquer, malgré l’arrêt de la Cour
constitutionnelle sur la question, était le thème principal de leur
message aux militants.
        Cependant, si on reconnaît à Fayulu et compagnie le droit de
s’exprimer librement, la démocratie obligele respect des opinions des
autres, leur droit à la différence.
Malheureusement, lors de ce meeting, des partisans de Martin Fayulu se
sont permis de s’en prendre ouvertement, au vu et au su de leurs
encadreurs, aux ressortissants du Grand Kasaï, en menaçant de les tuer
partout où ils les rencontreraient.
        Ce message de  haine envers tout un peuple du fait d’être originaire
de cet espace dit Grand Kasaï, a été remarqué à travers des chants
d’animation scandés en vue d’agrémenter le meeting. Des animateurs
choisis pour la circonstance, repris d’ailleurs en chœur par la foule,
se sont tapé le luxe de lancer publiquement d’appels au génocide et à
la violence contre le peuple du Grand Kasaï, sans que ceux qui étaient
assis à la tribune, c’est-à-dire les leaders de Lamuka,
n’interviennent pour interdire et condamner de tels propos.
        Des propos non seulement qui constituent une infraction au plan du
droit, mais qui ont également suscité des réactions aussi bien des
acteurs politiques que des leaders des organisations de la société
civile.
        Pire encore, lesdits propos ont été relayés en direct par des chaînes
de télévision appartenant à un leader de «Lamuka» qui est l’un des
parrains de la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle. Les
gestionnaires desdites chaînes ont trouvé normal, sûrement sur ordre
de la hiérarchie, de laisser passer tous ces appels au génocide et à
la violence ainsi que toutes les injures à l’endroit du chef de
l’Etat, Félix Tshisekedi. La démocratie n’est pas synonyme d’anarchie
de non observation des règles de bienséance.
        Comment quelqu’un qui prétendait diriger un pays qui regorge de
plusieurs ethnies peut-il se compromettre de la sorte ?  Après ses
appels au boycott des élections, au rejet de la machine à voter et
voter, il a fini par déclarer vainqueur d’une élection pour laquelle
il avait appelé au boycott. Pire encore, il n’a pas pu fournir devant
la Haute Cour qu’il avait saisie la moindre preuve de sa fameuse
victoire électorale.

Le cas du Katanga
devait servir de leçon
                A propos de l’appel au génocide, l’opinion s’étonne que le candidat
malheureux de Lamuka n’ait pas tiré la leçon de ce qui s’était passée
dans l’ex-province du Katanga en 1992, où ceux qui s’étaient livrés à
ce dangereux appel n’ont cessé de le regretter. La province, qui fut
poumon économique du pays, avait vite perdu son leadership économique
avant de sombrer dans la misère comme l’ensemble des contrées du
territoire national, à cause de l’épuration kasaïenne.
        En plus, il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que les
leaders de Lamuka en appellent à la haine ethnique et à la violence.
Au lendemain de la publication par la Ceni des résultats provisoires
de la présidentielle, des violences avaient éclaté dans la ville de
Kikwit fait des victimes. Même ici dans la capitale, des
ressortissants du Grand Kasaï avaient été violentés en marge de cet
appel à la haine des leaders de Lamuka. Et si la situation s’embrase,
ils seront tenus pour responsables des conséquences qui en
découleront.
        Il est temps que les autorités compétentes, notamment judiciaires
prennent leurs responsabilités afin d’éviter l’embrasement. Car, le
pays a amplement fait les frais de cette attitude irresponsable dans
le passé. Ce, depuis son accession à l’indépendance jusqu’en 1996 avec
l’instrumentalisation des Banyamulenge.
Dom

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