Crise en RDC : l’EurAc accuse l’UE d’apathie

0
249

Le Réseau Européen pour l’Afrique Centrale (EurAc), qui regroupe 38 organisations non gouvernementales européennes, a rendu public, hier mardi 27 février 2018, un communiqué au vitriol contre l’UE (Union Européenne), coupable « d’apathie et de résignation » face à la crise congolaise. Il est notamment reproché à cette institution des
positions équivoques voire discordantes entre ses membres dans la panoplie des pressions à exercer sur les hommes au pouvoir à Kinshasa pour engager réellement le pays dans la voie des élections et du respect des droits humains.

Selon EurAc, plusieurs fissures sont visibles dans les rangs des Etats membres, qui semblent plus mus par la protection de leurs « intérêts économiques et géostratégiques » en RDC que par une volonté réelle de contribuer au changement de gouvernance.

Les 38 Ong accusent concrètement l’Union Européenne de ne pas prendre des « mesures suffisamment fortes et concrètes » contre les responsables politiques, militaires et autres qui torpillent continuellement le processus électoral et s’illustrent dans des violations massives et répétitives des droits de l’homme. Selon elle, cette organisation se contente des « déclarations faibles et vides »,sans impact sur la crise politique congolaise.

De l’avis de EurAc, l’UE devrait prendre des sanctions individuelles fortes contre tous ceux qui empêchent la RDC de cheminer vers un Etat démocratique et brillent par des atteintes sans nombre aux droits humains, et ne pas épargner les proches du Chef de l’Etat, comme c’est le cas actuellement.
L’Union Européenne est vivement appelée à se montrer sans pitié
vis-à-vis de toutes les personnalités fichées comme des ennemis de la
démocratie et des droits de l’homme.
Dans le même ordre d’idée, l’Ong française « ACAT » a adressé, le
lundi 26 février, une lettre ouverte aussi bien à l’Union Européenne
qu’au président français, Emmanuel Macro, à cause de leur politique
opaque de coopération avec la République Démocratique du Congo,
notamment dans les domaines de la sécurité. A ce sujet, elle a demandé
à l’une et à l’autre de cesser toute coopération militaire et
policière avec Kinshasa.
Cela devrait se traduire par la suspension non  seulement des modules
de formation ou de recyclage des militaires, policiers et agents des
renseignements congolais mais aussi des accords de vente d’armes et
munitions. La clarification de la coopération militaire, assortie de
sanctions ad hoc amènerait, pense l’ACAT, les autorités congolaises à
se montrer plus attentives aux libertés individuelles et aux appels à
la tenue urgente des élections.
Kimp

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •