Crise congolaise : Mary Robinson rejoint Ban ki-moon

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109mnunrobinson326158aLes gouvernants congolais sont gratifiés de deux messages en l’espace d’une semaine. Fait curieux, celui de Mary Robinson, l’Envoyée Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies dans les Grands Lacs, rejoint celui délivré par sa hiérarchie une semaine plus tôt, lors du Sommet extraordinaire de la CIRGL à Kampala. La substance de leur position commune est à chercher dans la Résolution 2098 et l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, dans lesquels le gouvernement congolais est appelé à assainir l’environnement politique, militaire, économique, social, etc. L’on retient de ces deux communications qu’il faut un dialogue global si les Congolais veulent résoudre leur crise politique d’une part et d’autre part impulser une paix durable dans la partie Est du pays.

Mary Robinson ne mâche ses mots au sujet des négociations entre Kinshasa et le M23. Elle martèle que les deux partenaires doivent être traités sur un même pied d’égalité sur le terrain. Autrement dit, les forces onusiennes ne peuvent pas se mettre à faire systématiquement la chasse aux rebelles du M23, aussi longtemps que les négociations de Kampala resteraient bloqués et qu’ils s’en tiendraient au respect de la « zone de sécurité » définie par la Monusco.

On croit savoir que Kinshasa est placé devant une situation fort embarrassante, à savoir rechercher absolument un consensus avec cette rébellion.

Pour les analystes politiques, le discours onusien est à considérer comme un rappel, aux autorités congolaises,  de l’Accord du 23 mars signé avec le CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), transformé en M23 depuis avril-mai 2012, lequel devait être revu et corrigé dans le sens des exigences de ce mouvement rebelle consistant à intégrer l’armée, la police, les services de renseignements, les institutions de la République, les entreprises publiques, la diplomatie mais aussi à obtenir la « vérité des urnes », l’amnistie de ses membres, la libération des prisonniers politiques, l’audit de l’Etat-nation, etc.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que Kinshasa est poussé vers le respect des engagements pris dans le cadre de ce deal politique qu’il croyait « mort et enterré » à jamais. Qu’est-ce à dire sinon que Kinshasa est rattrapé par un Accord qui lui collera à la peau jusqu’à ce qu’il lâche du lest en faveur du M23, sous la haute surveillance de la communauté internationale.

L’autre sens du message de Mary Robinson est que le dialogue entre Congolais devrait intégrer toutes les questions qui fâchent, de manière que les différents participants en discutant, sans tabou et recherchent des points de convergence en vue d’une sortie apaisée de la crise de légitimité dont souffrent les institutions.

                        Kimp

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