Crash de l’Antonov 72 :le chaos recherché n’a pas eu lieu !

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La nouvelle funeste est tombée brusquement le matin du vendredi, 11 octobre 2019 : l’Antonov 72 assurant le transport de la logistique de la Présidence de la République avait disparu des écrans radars de la tour de contrôle de Goma. Aussitôt saisi, Jean Tshiumba Mpunga, directeur général de l’Autorité de l’Aviation Civile (AAC), qui a dans ses attribution le contrôle de la circulation aérienne sur l’ensemble du territoire national, a diffusé au milieu de la nuit un communiqué officiel confirmant cette nouvelle et qui était libellé comme suit :

« Un avion-cargo de type ‘Antonov 72’ opéré par la force aérienne des FARDC assurant la logistique présidentielle ce jeudi, 10 octobre 2019, ayant à son bord 4 membres d’équipage, 4 passages civils et militaires parti de Goma à 13h32 temps universel, a perdu contact avec le centre de contrôle de route (CCR) à 15h TU, soit 59 minutes après son décollage. Ayant une autonomie de 6h de route, l’Antonov 72 devait atterrir à Kinshasa à 16h43 TU. 

            Depuis cette perte de contact, des réquisitions d’informations lancées à toutes les stations sur sa route n’ont donné aucune information sur sa localisation. Des dispositions nécessaires sont en cours au niveau de l’opérateur pour engager les recherches le plus rapidement possible. L’opinion sera informée de la suite des investigations. Fait à Kinshasa, le 10  octobre 2019. Le Directeur Général Jean Tshiumba Mpunga »

Dès lors, les réseaux sociaux se sont emballés. Les uns pensant que l’avion a été abattu, d’autres attribuant la disparition à la surcharge et d’autres enfin pensant que cette disparition était provoquée par le mauvais temps qui a régné à l’Est de la République le même jour de la disparition de l’avion. Une fois cette nouvelle répandue, une réaction instantanée de panique s’est produite au niveau du siège de l’UDPS, où les membres (combattants) ont vite privilégié la thèse de l’attentat contre le Président de la République. Cette réaction populaire et spontanée a paralysé la circulation sur l’ensemble de la ville et particulièrement à l’Est de Kinshasa.

Des messages de condoléances des personnalités et d’apaisement de l’UDPS

            Des messages de condoléances provenant aussi bien des personnalités internationales et nationale du monde civil et politique ont afflué au Mont-Ngaliema. En prime, on a noté les condoléances provenant du Président honoraire de la RDC, Joseph Kabila-Kabange, du Président de la République du Congo, Dénis Sassou Ngouessou ; du sous-secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires africaine, Tibor P. Nagy ; d’Herman Cohen, ancien sous-secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires africaines ; de Moïse Katumbi, président de l’Ensemble pour le changement ; de Jean-Pierre Bemba Gombo, président du MLC ; de Jeanine Mabunda, présidente de l’Assemblée nationale ; de Jean Tshiumba Mpunga, directeur général de l’AAC, etc.

            Devant l’émoi provoqué par cette nouvelle au sein de l’UDPS, la direction politique du parti est descendue à Limete pour donner la véritable version des faits et apporter un message d’apaisement aux militants (combattants). De prime abord, ces derniers ont été invités à faire attention aux infiltrés qui tentent de se saisir de toutes les occasions pour semer la discorde entre l’UDPS et ses partenaires de la coalition au pouvoir. Dans un message incisif, elle a rappelé que la Rd Congo doit aller de l’avant et qu’il faut pour cela s’en tenir aux dispositions constitutionnelles qui fixent la voie à  suivre pour diriger le pays,  Les responsables politiques nationaux de l’UDPS ont insisté sur la vigilance qui doit guider le comportement de tous les combattants qui doivent garder à l’esprit les coups tordus  dont le parti a toujours été victime. En outre, ils ont également rappelé le complot de Genève avec sa cohorte de trahison et ont demandé aux membres du parti de rester sur leurs gardes pour ne pas donner des armes à leurs adversaires.  

Poursuites des recherches et l’intox

            Les journées de vendredi 11, de samedi 12 et même de dimanche 13 octobre 2019 ont été consacrées à la poursuite des recherches infructueuses, contribuant ainsi à favoriser une forme de paranoïa qui s’est finalement emparée des esprits pour imaginer toutes sortes d’hypothèses, les unes aussi farfelues que les autres. L’intox était à l’ordre du jour, dans presque tous les milieux. Pendant ces trois jours, les rumeurs de tous genres ont été livrées au public dans le but essentiellement de chauffer les esprits et de pousser des partisans des partis au pouvoir à se rentrer dedans et à consacrer l’éclatement de leur coalition. Dans tout ce tohu-bohu, une chose mérite d’être soulignée : c’est le calme du Président de la République lui-même.

Cible de toutes les rumeurs, il a refusé d’alimenter l’agitation générale, préférant au contraire  calmer les esprits à travers la reprise normale des activités gouvernementales. C’est ainsi qu’on l’a vu, en dépit de la douleur qu’il ressent personnellement à la suite de la disparition  de ses proches collaborateurs, présider une réunion extraordinaire du gouvernement, préférant placer l’intérêt de l’Etat au-dessus de ses propres sentiments. C’est justement au cours de cette réunion qu’il a fait une communication sur la disparition de l’Antonov 72 avant d’aborder la question des prévisions budgétaires de l’exercice 2020.

Hier dimanche en fin d’après-midi, la nouvelle de la découverte de l’avion disparu a circulé comme une trainée de poudre. A en croire un habitant de Kole, dans la province du Sankuru, l’avion aurait crashé à 75 km de Kole-Centre, dans le village Okoto, secteur de Bakutshu. Cette information a été confirmée par Francis Ilunga, rapporteur-adjoint de l’Assemblée provinciale  du Sankuru qui a évoqué la découverte d’une épave d’avion avec plusieurs cadavres, ainsi qu’un pilote survivant.SAKAZ

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