Covid-19 : une mauvaise élève appelée Kinshasa

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Fichée comme porte d’entrée du coronavirus au pays en mars dernier, et plus tard comme épicentre de la pandémie par le Secrétariat Technique de Riposte, la ville de Kinshasa est loin de faire bonne figure dans l’observation des gestes-barrière destinés à casser la chaîne de transmission. Avant comme après la levée de l’état d’urgence, l’écrasante majorité de Kinois et Kinoises n’ont toujours pas intégré, dans leur vécu quotidien, le port du masque, le lavage des mains, le respect de la distanciation sociale dans les lieux publics, les moyens de transport en commun, les terrasses, les bars, les restaurants de fortune vulgairement appelés « malewa », les morgues, les lieux funéraires, les marchés, etc.

            Tout se passe comme si le coronavirus était vaincu et que le moment était venu de fêter la victoire nationale et urbaine sur cette pandémie. Le mépris des gestes-barrières s’est accru après l’annonce par le Chef de l’Etat, le mardi 21 juillet 2020, de la fin de l’état d’urgence sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. La partie du message de Félix Antoine Tshisekedi faisant état de l’impératif de continuer à observer les mesures de prévention de la Covid-19, notamment le port des masques, le lavage des mains, le respect de la distanciation sociale, les contrôles de température…est entrée dans des oreilles de sourds.

L’unique centre d’intérêt retenu par beaucoup était le feu vert immédiat aux activités commerciales, et à retardement pour les écoles, universités, instituts supérieurs, églises, ports, aéroports, stades, salles de spectacles, etc. Et depuis, il s’observer un laisser-aller quasi général à Kinshasa, où des foules de personnes se déplacent sans masques, où les kits de lavage des mains placés aux entrées des maisons commerciales sont superbement ignorés par les clients. Les agents de l’Etat, des entreprises et services publics, de l’armée et de la police « bancarisés » s’entassent devant leurs succursales sans le respect du moindre geste-barrière, ou les morgues et cimetières sont envahis par des meutes des personnes ayant transformé les deuils en fêtes.

Mauvais signaux pour la suite

            Au rythme où de nombreuses Kinoises et Kinois banalisent les gestes-barrière de lutte contre la Covid-19, il y a lieu de craindre que le bénéfice d’un mois de confinement de la commune de la Gombe et les trois de déconfinement progressif de l’ensemble de la ville de Kinshasa ne soit absorbé par la multiplication des attitudes négativistes face au coronavirus. Et, dans cette brèche de l’irresponsabilité et de l’anarchie se trouvent réunis d’anciens malades qui, pour des raisons inexpliquées, ne reconnaissent plus leur état, ainsi que des animateurs des réseaux sociaux et des politiciens qui continuent de soutenir la thèse du business auquel se livreraient le ministère de la Santé ainsi que le Secrétariat Technique de Riposte.

            En dépit des échos  alarmants en provenance de l’extérieur, notamment des USA, du Brésil, de la France, d’Espagne, de l’Allemagne, de l’Afrique du Sud…qui font état d’une nouvelle flambée de cas lié au relâchement des mesures-barrières, des millions de résidents de la capitale continuent de faire la sourde oreille aux recommandations sanitaires liées à la prévention de la Covid-19.

            Ce comportement est d’autant dangereux qu’il risque de replonger la RDC dans une catastrophe humanitaire aux conséquences imprévisibles.

            C’est le lieu d’en appeler à la prise de conscience générale, tant du côté des masses populaires, des autorités provinciales et nationales, civiles comme militaires et policières, afin de donner un coup de frein, dans l’immédiat, au libertinage.

Kimp

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