Covid-19 : masques peu visibles à Tshangu

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Peu habitués à se couvrir le nez et la bouche pour réduire les risques de contamination au Covid-19, Kinoises et Kinois sont appelés à porter les masques dès ce mercredi 22 avril 2020.

Bon nombre ne se précipitent pas dans les pharmacies ou les couturiers pour s’en procurer. On ne voit pas beaucoup des masques dans les artères de Tshangu cette semaine.

Chapeau bas aux motocyclistes « wewa » qui donnent l’impression d’avoir obtempéré spontanément aux instructions de l’autorité urbaine en ce qui concerne le port obligatoire des masques.

La plupart d’entre eux rencontrés ces deux dernières journées dans les différents parkings ou terminus de Tshangu, portent des masques sur leurs visages. Et jusqu’ici, les femmes sont peu enclines à se couvrir le nez et la bouche.

            A titre d’exemple, la quasi-totalité des vendeuses du marché Kabila à Kimbanseke n’ont pas de masques sur les visages.

Entretemps, quelques vendeurs des pharmacies nous ont dit qu’ils vendent les masques à 1.000Fc la pièce et ont vu leur  petit stock s’épuiser. D’autres les écoulent à 1500Fc et ont des difficultés à épuiser leurs stocks. Les couturiers et autres vendeurs ambulants proposent à des potentiels acheteurs  des masques de qualité moyenne qu’ils écoulent à 500Fc ou 300Fc la pièce. Il n’est pas exagéré de parler d’un bilan mitigé en ce qui concerne le port obligatoire des masques pour les journées du 20 et 21 avril 2020. Si on a dénombré très peu des masques dans les rues et avenues de Tshangu, il en est de même dans d’autres coins de la capitale.

            C’est probablement en raison de ces résultats en demi teinte  que les officiels kinois ont durci le ton en faisant état d’amendes de 5000Fc à infliger aux Kinois « non masqués » dès ce mercredi 22 avril 2020.

            On peut craindre que les forces de l’ordre fassent de la surenchère en exigeant aux contrevenants le double du taux de l’amende de celui exigé par l’autorité urbaine.

Si le port obligatoire du masque n’est pas mauvais en soi en cette période de crise sanitaire, on ne peut s’empêcher de se poser des questions :

– L’Hôtel de ville, qui a promis de mettre à la disposition de Kinois des masques va-t-il honorer ses engagements ?

– Est-il commode de porter un même masque tout au long de la journée ?

En principe, les forces de l’ordre devraient prêcher par l’exemple en ayant des masques à leur portée.

            Les Kinois, obligés de se couper en quatre pour trouver leur pain quotidien, sont appelés à insérer la rubrique « masque » dans leurs budgets.

            On ne peut pas parler du port obligatoire des masques sans faire allusion aux gestes barrières, tels que la mesure de distanciation sociale, la présence des kits de lavage des mains. Pour se faire une idée de la manière dont les habitants de Tshangu appréhendent le concept du coronavirus, nous avons sillonné récemment près d’une vingtaine (Mulie, Batumona, Biyela, Kayolo, Kutu, Nsanga, Maviokele…) des quartiers de Kimbanseke et de Ndjili. Tout au long de cette ronde, nous avons noté que très peu d’habitants de Tshangu se préoccupent du Covid-19. Si cette pandémie existe réellement en RDC, qu’on nous montre les images des Congolais internés dans les centres hospitaliers», entend-on.

            En outre, les vendeuses et vendeurs des  marchés de Kimbanseke font fi des mesures de distanciation sociale. Il n’y a qu’un kit de lavage des mains au marché Kabila et aucun kit dans d’autres lieux de négoce.

A Ndjili, on compte un plus grand nombre de boutiques, maisons de vente des vivres frais et petits commerces avec des kits de lavage des mains qu’à Kimbanseke.

            De passage dans le périmètre du sous ciat Zeka à Kimbanseke, nous avons observé des personnes en détention dans une promiscuité inquiétante. Pire, les visiteurs qui viennent pour faire libérer leurs proches ignorent des mesures de distanciation sociale. Par ailleurs, quelque maisons de jeux communément appelées « plays » par les Kinois continuent d’accueillir des clients.                                    JPN 

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