Covid-19 et sauts-de-moutons à Kinshasa : Fatshi a tout vu et entendu

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Félix Antoine Tshisekedi, Chef de l’Etat, accompagné de son épouse, Denise Nyakeru, a fait la ronde de la ville de Kinshasa hier jeudi 07 mai 2020. A l’agenda du couple présidentiel : la visite des formations médicales chargées de la prise en charge des patients atteints du coronavirus, des échanges directs avec ces derniers mais aussi le personnel soignant et enfin l’évaluation des travaux de quelques sauts-de-moutons.

La leçon principale à tirer de cette tournée d’itinérance est que le Président de la République a tout vu et tout entendu. Le go a été donné par la Clinique Ngaliema, à Gombe, signalée comme la première formation hospitalière de la capitale à avoir accueilli des malades souffrant de coronavirus, à l’époque dans un climat de peur-panique aussi bien au sein du corps médical que du côté des malades eux-mêmes, sérieusement paniqués à l’idée d’avoir contracté une maladie « honteuse » et mortelle.

            Le Chef de l’Etat a vu des malades contents de présenter des signes prometteurs de guérison et d’autres, guéris, dans l’attente de l’autorisation de leur sortie. Il a assisté aussi, de ses propres yeux, au départ pour leurs domiciles et familles, de 16 patients complètement guéris du Covid-19, sur 113 pensionnaires répertoriés jusque-là.

            Félix Antoine Tshiskedi a entendu, de ses propres oreilles, les mots de remerciements et de reconnaissance des malades comme des gestionnaires de la Clinique Ngaliema, à son endroit et à celui du gouvernement, pour le suivi de la situation sanitaire des pensionnaires sous traitement anti-coronavirus et la mobilisation des moyens financiers conséquents non seulement pour leur prise en charge mais aussi pour le fonctionnement de cet établissement médical.

            Le Centre Médical de Kinshasa, toujours dans la commune de la Gombe, a constitué la seconde étape la tournée présidentielle. Ici, le Chef de l’Etat a eu le privilège d’inaugurer un pavillon spécial et ultra-moderne de prise en charge des patients du Covid-19, d’une capacité d’une soixantaine de lits. Financée par des privés (communautés libanaise, israélienne et indienne) et aménagée en 5 semaines, pour un coût provisoire de 2,5 millions dollars américaines, cette unité médicale est destinée à rassurer la population de la capitale sur l’augmentation des structures d’accueil des malades et la distribution des soins de santé de qualité.

            Comme quatrième étape, le Président de la République a pointé l’Hôpital du Cinquantenaire, où sa suite et de nombreux témoins ont assisté à une sorte de « plénière » dont il s’est improvisé modérateur et dont les participants étaient les malades, le personnel et le staff médical. Les doléances des malades, clamées à haute voix et parfois avec colère, portaient sur leurs mauvaises conditions de logement et de nourriture, la lenteur dans la communication des résultats des examens des échantillons envoyés à l’INRB (Institut National de Recherche Biomédicale) pour ceux en phase de guérison ainsi qu’un certain déficit d’encadrement médical.

            Le personnel médical, principalement des infirmiers, infirmières, laborantins et autres, s’est plaint de ne pas être doté de masques protecteurs répondant aux standards internationaux et de ne pas percevoir régulièrement des primes de risque.

            De son côté, le staff a soutenu faire maximum pour la prise en charge des malades, la protection du personnel soignant et sa motivation mais qu’un appui financier et logistique conséquent du gouvernement était indispensable de lui permettre de remplir correctement sa mission.

            Après avoir écouté tout le monde, le Chef de l’Etat a promis une implication plus grande des pouvoirs publics pour rencontrer, tant soit peu, les préoccupations des uns et des autres, soulignant au passage qu’il n’est pas dans l’intention du gouvernement de « saboter », ni de « négliger », ou d’abandonner » qui que ce soit ou quoi que ce soit. Il s’est engagé à prendre langue avec l’INRB pour voir dans quelle mesure écourter les délais de livraison des résultats.

            Quant à la motivation financière du personnel soignant, des instructions urgentes vont être données à qui de droit.

             S’agissant par exemple des masques protecteurs, il a fait état de la rupture quasi permanente des stocks à l’international, alors que les commandes sont passées en temps utile.

A l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), Félix Antoine Tshisekedi a passé une heure à se faire expliquer, par le professeur Jean-Muyembe, directeur général et coordonnateur du Secrétariat Technique de Riposte contre le coronavirus, le fonctionnement du laboratoire où sont expédiés tous les échantillons des prélèvements sur des cas suspects, la qualité des équipements, bref l’environnement général de travail. Son constat était que techniquement, l’INRB est à la hauteur de sa tache, malgré le volume des dossiers d’examens à traiter.

            La grande surprise du jour à l’INRB était la remise, par le Chef de l’Etat, d’un échantillon du «Covid Organics», le produit mise au point à Madagascar, avec l’apport d’un médecin congolais pour soigner le coronavirus. Cet échantillon était tiré d’un lot de cartons de ce médicament, un don du gouvernement malgache à celui de la République Démocratique du Congo.

             Le Chef de l’Etat a bouclé la boucle des hôpitaux et de son dialogue avec les patients et le personnel soignant par l’Hôpital de l’Amitié Sino-Congolaise de Ndjili.

            Au terme du volet médical de sa tournée d’inspection à travers Kinshasa, Félix Antoine Tshisekedi s’est intéressé spécialement au saut-de-mouton « Assanef », sur l’avenue ex- 24-novembre, où le chantier n’a pas encore atteint le taux réalisation de 50%. Quant à l’ouvrage du croisement 30 juin- ex- 24 novembre (Place Mandela), il est fin prêt, dans son voile « blanc », et n’attend plus que son inauguration.

Kimp

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