COVID-19 en RDC : baisser la garde … c’est risquer une contamination généralisée

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A quand la reprise normale des activités commerciales, scolaires, spirituelles, culturelles et sportives ? Comment allons-nous survivre pendant des mois encore ? Avec quels moyens ? Comment allons-nous tenir le coup si le coronavirus n’était pas vaincu en six mois, voire une année, dans quelques centres urbains ou même sur toute l’étendue du territoire national ? Et comment se protéger contre des pays voisins qui enregistreraient des milliers de cas de contamination de covid-19 ? Comment mieux sécuriser nos longues frontières réputées poreuses ? Et comment sécuriser davantage nos populations ?

         Des informations alarmantes venant de Chine, font état de la résurgence, depuis quelques jours, de la pandémie du coronavirus. Des quartiers entiers sont confinés et les autorités chinoises tentent par tous les moyens de circonscrire la maladie pour pouvoir l’éradiquer. En Amérique latine, le Brésil et le Pérou sont les deux nouveaux foyers qui enregistrent le plus de cas de décès. Coronavirus est encore là. Et il y a lieu que les Congolais réfléchissent par deux fois avant de réclamer le déconfinement total.

         Dans toutes les conversations des gouvernants et des gouvernés, des employeurs et des travailleurs, des ménagères, des politiciens, des fonctionnaires et des acteurs de la société civile, des questions se posent à travers toute la ville de Kinshasa. Tout le monde veut la fin du coronavirus, toute la population en a ras le bol. Partout, on réclame le déconfinement général, parce que le déconfinement partiel a montré ses limites et ses dégâts. Partout, la pression de la rue monte d’heure en heure. Il faut faire quelque chose. Et il faut faire vite, si l’on ne veut pas enregistrer d’autres conséquences désastreuses comme la faillite de petites, moyennes et micro-entreprises. Beaucoup ont disparu de la carte économique de la RDC, sans espoir de reprendre un jour.

Confinés dans leurs maisons, acculés à la portion congrue et dépourvus de toutes ressources, les commerçants et autres vendeurs du Marché central de Kinshasa, ont tenté d’exprimer dans l’avant-midi du mardi 9 juin 2020, leur ras le bol contre les mesures préventives prises par les autorités gouvernementales pour limiter la propagation de la pandémie de coronavirus, sans songer à la survie de leurs activités. Ils étaient des centaines et des centaines à se masser aux barrières érigées notamment aux croisements des avenues Bokassa et Rwakadingi et Kasa-Vubu et Rwakadingi. A la base de ce mouvement de protestation, une seule motivation : faire entendre leurs doléances, afin de pousser les autorités urbaines à rouvrir ce lieu de négoce ou trouver des solutions palliatives.

         Et comme on pouvait s’y attendre, des échauffourées intervenues  tôt le matin, entre les policiers et les commerçants ont fait trois morts. On a vu plus tard, les autorités urbaines accélérer la création de quelques points de vente dans des communes, notamment pour les articles de friperie, les textiles, les vivres frais et autres bijoux.

         On veut le déconfinement total et immédiat. Est-ce que nous nous sommes demandé si la RDC était prête à cela ?

Est-ce que nous nous sommes préparés à lever une partie ou toutes ces mesures ?

         Avons-nous désinfecté totalement Gombe ? Avons-nous nettoyé comme il se doit, cette seule commune ? Sommes-nous sûrs que les immondices ont été évacuées partout ?  Que la propreté est présente partout ? Et qu’en est-il des autres communes de Kinshasa ? Ce n’est pas tout. On a placé plusieurs points pour le lavage des mains avec du savon. Est-ce nous avons augmenté notre capacité à accueillir une explosion des cas de coronavirus dans nos structures de santé ? Sommes-nous équipés pour y faire face, en termes de lits, d’appareils respiratoires, de personnel médical supplémentaire, des produits pharmaceutiques… ? Ce sont là autant des questions qui demeurent jusqu’ici sans réponses suffisantes.

         Au lieu de décider le déconfinement total, les autorités sanitaires congolaises qui connaissent les comportements de la population quand des mesures préventives sont levées, ne veulent pas assumer la responsabilité d’une crise sanitaire incontrôlable et non maitrisée. Songez au déferlement de réjouissances populaires, de la débauche, dans les bars et les terrasses, les hôtels de la cité, les dancings et clubs, les églises et autres stades de football. Peut-être que limiter le nombre des personnes pouvant participer à quelques activités culturelles ou sportives, afin de respecter la distanciation sociale, et éviter la contamination du covid-19 dont on éprouverait mille et une difficultés pour retracer les contacts, serait une des solutions. Il faut qu’on y pense sérieusement avant de prendre toute décision précipitée que l’on pourrait regretter par la suite, parce qu’elle serait hâtive et non réfléchie.

J.R.T.

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