Cours télévisés à l’EPST : attention à un enseignement à deux vitesses

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Pour palier les désagréments provoqués  par le congé forcé et prolongé dans le cadre des mesures anti-Covid 19 prises pour mettre les élèves à l’abri des contaminations, Willy Bakonga Wilima, ministre de l’EPST (Enseignement Primaire, Secondaire et Technique) a pris l’initiative de produire des leçons télévisées diffusées par la RTNC. Ce programme vise à aider les élèves finalistes  du Cycle fondamental (primaire) et des humanités à renforcer leurs connaissances en vue de faire face au TENAFEP (Test National de Fin d’Etudes Primaires) et à l’EXAMEN d’Etat 2020. S’il est permis de croire en la bonne foi du ministre pour venir au secours des élèves désemparés par cette situation insolite, il ne peut lui être permis une frange importante de la jeunesse congolaise, à savoir celle constituée des élèves finalistes des familles modestes.

            Principalement des  finalistes résidents en provinces, dans les villages et également tous ceux et celles issus des milieux défavorisés malgré qu’ils résident dans un chef-lieu de province ou ici-même dans la capitale.

            Il est pertinent de se poser la question de connaître les réelles motivations de Willy Bakonga en organisant des cours qui frisent la ségrégation scolaire parmi l’élite de demain. Cherche-t-il à favoriser les finalistes issus des villes ou des milieux aisés ? On doit se poser aussi la question de la valeur qu’aurait une évaluation dont les postulants n’auraient pas été soumis aux mêmes conditions de formation. Quel crédit aux résultats d’une telle session d’examen? Willy Bakonga est un ministre national et non provincial de l’enseignement, qualité qu’il est tenu de défendre en toute circonstance, même pour les cours de révision des matières sujettes à l’évaluation de fin de cycle.

            Il est tout de même surprenant qu’aucun conseiller du ministre ne lui ait fait remarquer certaines failles visibles même ici à Kinshasa pour l’application de cette initiative. Comment pourra-t-il s’assurer que les cours sont bien suivis quand on sait que les délestages de la desserte électrique sont quasi permanents ? D’un autre côté, il a affirmé qu’il n’y aura pas d’«année scolaire blanche». Alors, à la reprise des classes, comment les enseignants vont-ils concilier la poursuite des cours avec les enseignements donnés via la télévision ?

            Surtout  quel sort est-il réservé aux élèves des écoles dans nos villages, secteurs et territoires du Congo-profond non desservis en électricité et non couverts par la RTNC ?

            Abordée au sujet de ces cours, Cécile Ngayala du Feneco/UNTC s’est dit attristée, car elle n’est pas certaine que les enfants de son village aient été pris en considération par le ministère.

            «Comment pourront-ils suivre ces cours télévisés sans courant, ni télévision ?» En outre, comme enseignante, elle voudrait que le ministre explique à  combien il aurait évalué le nombre de ménage ayant un ou une finaliste et étant capables d’avoir l’électricité ne fut-ce que deux ou trois jours par  semaine ? Et que prévoit-il pour les familles qui n’ont jamais eu du courant dans leurs maisons ?

 (RSK)

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