Coronavirus : une chance pour la RDC

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On apprend que des millionnaires et milliardaires, du Nigeria, le pays le plus peuple et première puissance économique d’Afrique, ont décidé de mettre la main à la poche pour aider leur pays à affronter les effets pervers du coronavirus. Les fonds mis rapidement à la disposition du pouvoir en place sont destinés non seulement à la prise en charge de leurs concitoyens en termes d’équipements médicaux et de satisfaction des besoins éléments de base par ces temps de crise sanitaire mondiale, mais aussi à multiplier et moderniser les structures sanitaires. Habitués à investir au pays, ils n’éprouvent aucune peine à libérer une partie de leurs richesses au bénéfice du grand nombre.

            Qu’en est-il des bourgeois congolais ? Hormis de petits gestes sans portée nationale, chacun se met à prier le ciel pour sortir vivant des ravages du coronavirus et jouir, dans leur égoïsme légendaire, de leurs fortunes.

« A quelque chose, malheur est bon », dit-on ! C’est plus que vrai dans le cas de la République Démocratique du Congo. D’aucuns pensent que la pandémie du Coronavirus est une chance pour notre pays, pour plus d’une raison. En effet, grâce à ce fléau mondial, qui s’est traduit par la fermeture des frontières des paradis fiscaux, des villes paradisiaques et touristiques où milliardaires et millionnaires congolais et leurs familles avaient coutume d’aller passer leurs vacances ou se faire soigner à la moindre fièvre, où ils allaient manger et boire dans des restaurants huppés, ces bourgeois politiques et économiques sont contraints au « confinement » volontaire à Kinshasa, Matadi, Kananga, Mbuji-Mayi, Lubumbashi, Bukavu, Kindu, Kisangani, Mbandaka, Goma, Bunia, etc.

Interdits de prendre l’avion pour Johannesburg, Paris, Bruxelles, Londres, New York, Montréal, Dubai, Pékin, Tokyo…ils sont contraints d’affronter les mêmes risques que leurs concitoyens démunis. Incapables d’affréter des jets médicalisés en cas de maux de tête ou de dents, ils n’ont d’autre alternative que de partager, avec le commun de malades, les lits de la Clinique Ngaliema, de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo), des Cliniques Universitaires de Kinshasa, de l’Hôpital de l’Amitié sino-congolaise de N’Djili, etc.

Ceux qui se plaisaient à donner des leçons de bonne gouvernance au nouveau pouvoir, après avoir brillé dans le pillage des ressources nationales pendant des décennies, vivent aujourd’hui dans la peur de la mort, en cas d’atteinte au coronavirus, compte tenu des faiblesses du système sanitaire national.

A la faveur du coronavirus, ceux qui suivaient d’une oreille distraite les appels du nouveau pouvoir pour la reconstruction et la modernisation des infrastructures de base, saisissent mieux, maintenant qu’ils sont enfermés dans leurs villas, pour une durée indéterminée, car incapables de sortir du pays, la nécessité de doter celui-ci d’hôpitaux de qualité, de routes modernes, d’usines de production d’eau potable en grand nombre, de marchés et supermarchés modernes, de moyens de transport confortables, etc.

Le coronavirus est en train de s’imposer comme un mal nécessaire pour un changement effectif des mentalités au niveau des décideurs politiques, qui vont certainement avoir une autre vision de la gestion de la chose publique, celle de servir les autres au lieu de « se servir », de voler, de concevoir des lois sur mesure pour leur retraite dorée, leur confort personnel. A quoi vont leur servir, aujourd’hui, leurs millions et milliards de dollars planqués dans les paradis fiscaux si le coronavirus peut les envoyer précipitamment au cimetière, pour n’avoir pas pensé à ériger au pays, des formations médicales à même de les prendre correctement en charge ?

La leçon à tirer de la pandémie du coronavirus est que le Congolais doit apprendre à gérer la chose publique pour la communauté, à bâtir réellement un pays plus beau qu’avant pour la postérité, à ne plus se considérer comme un être surnaturel en raison de sa parcelle de pouvoir, de ses avoirs financiers, de son carnet d’adresses, de son parc automobile, de son empire immobilier. Jusqu’à nouvel l’ordre, le coronavirus est en train de remettre les pendules à l’heure dans le vécu quotidien du Congolais. Une seule idée hante tout le monde et chacun : l’observance stricte des consignes de sécurité. La peur de la mort a rendu plus d’un citoyen sage et subitement conscient du péril commun.   Kimp

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