Coronavirus : les réponses de l’OMS aux questions du Phare

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Le Bureau régional de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a finalement répondu, par voie d’internet, aux questions du journal Le Phare en rapport avec l’épidémie du coronavirus qui secoue la République Populaire de Chine et le reste du monde ensuite depuis plus d’un mois. Il était prévu, initialement, que le quotidien de l’avenue Lukusa intervienne dans le cadre d’une conférence téléphonique impliquant plus des médias africains. Hélas, les caprices techniques n’ont pas permis une telle liaison.

         Qu’à cela ne tienne, les questions et les réponses sous examen ont gravité autour des inquiétudes que suscitent, chez des millions de Congolaises et Congolais, la présence de leur pays sur la liste des 13 Etats à hauts risques épinglés par l’OMS, mais aussi les mesures de prévention de la contagion et de la propagation de la maladie, mais aussi le danger d’une connexion avec la maladie à virus Ebola, qui n’est pas encore totalement éradiquée. Il y a aussi les cas de personnes atteintes et décédées, l’état de la riposte et son coût, etc.

         Nous osons croire que l’OMS a répondu aux préoccupations des populations congolaises. Pendant qu’on se réjouit encore de l’inexistence des cas de coronavirus à travers le territoire national, l’on ne devrait pas perdre de vue l’alerte lancée par cette agence onusienne relative à la présence de la République Démocratique du Congo sur la liste noire des 13 pays d’Afrique à hauts risques. D’où, en plus des précautions élémentaires de lavage constant des mains au savon antiseptique, du recours aux désinfectants, le public devrait aussi faire attention aux rassemblements publics (meetings politiques, rencontres sportives dans des stades et salles de sport, concerts, cultes religieux assortis du rituel du partage du pain ou du vin, salutations, accolades et imposition des mains aux fidèles par les ministres de Dieu), aux denrées alimentaires exposées aux intempéries et aux bestioles, à l’eau de boisson et de cuisson, etc.

         Congolaises et Congolais devraient modifier radicalement leurs modes de vie et d’alimentation face au coronavirus. A priori, ces petits gestes préventifs devraient aller de soi dans un pays déjà touché, dans sa partie Est, par le virus Ebola, où la surveillance des mouvements des populations devrait s’accentuer avec l’alerte au coronavirus.

                                                                     Kimp

1. Pouvez-vous nous éclairer sur le niveau des recherches d’un traitement contre le coronavirus ?

Il n’y a pas de traitement spécifique contre le 2019-nCoV et le traitement est basé sur la présentation clinique. Il existe des thérapeutiques à l’étude, sous la forme d’essais observationnels et cliniques pour les patients MERS-CoV, que l’OMS aide à coordonner avec un ensemble de partenaires et dirige l’approche systématique pour évaluer les thérapies potentielles et développer des protocoles cliniques maîtres qui sont nécessaires pour accélérer ce travail au niveau mondial.

2. Au stade actuel, peut-on considérer que le seul traitement valide demeure le lavement des mains avec un désinfectant à base d’alcool ou du savon et de l’eau après avoir toussé, éternué ou manipulé les aliments crus et cuits etc ?

Sur la base des informations reçues jusqu’à présent et sur la base de notre expérience avec les coronavirus (tels que le MERS et le SRAS), il semble que le 2019-nCoV se propage principalement par contact étroit de personne à personne par les voies respiratoires, en l’occurrence les gouttelettes (par exemple produites lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue ou lors de certaines procédures de soins de santé) et les surfaces contaminées (lorsqu’une personne infectée et une autre partagent une tasse par exemple). C’est pourquoi nous recommandons de maintenir une bonne hygiène des mains et des voies respiratoires. Cependant, il faut encore mener des enquêtes et analyser les données épidémiologiques pour comprendre toute l’étendue de la transmission. 

3. La RDC se trouve sur la liste de 13 pays d’Afrique hautement prioritaires, qui ont des liens directs ou un volume important de voyages vers la Chine. La présence de l’épidémie d’Ebola à l’Est du pays ne risque-t-elle pas de perturber le dispositif de prévention du nouveau coronavirus ? 

Actuellement, le risque provient des personnes qui sont arrivées en RDC depuis la Chine. Au Nord-Kivu, il y a un aéroport international à Goma et les passagers sont actuellement soumis à un contrôle et reçoivent des informations clés sur la façon de se surveiller pour détecter tout signe de coronavirus. Pour lutter contre un nouveau virus tel que le coronavirus, il est important de disposer d’un système de surveillance solide et, en grande partie grâce à la réponse à l’épidémie d’Ebola, la surveillance est maintenant plus forte au Nord-Kivu.

4. Parmi les recommandations de l’OMS, il y a notamment celle de ne pas entrer en contact direct avec des animaux vivants de ferme. Ne s’agit-il pas là d’une mesure mortelle pour le métier de fermier ou d’éleveur ?

Cette recommandation s’applique particulièrement à la Chine et aux régions où les virus circulent. Cependant, étant donné que les infections peuvent se propager des animaux aux personnes, il est généralement recommandé, lors de la visite de marchés où se trouvent des animaux vivants, d’éviter tout contact direct non protégé avec des animaux vivants et des surfaces en contact avec des animaux. Éloignez les enfants des animaux malades et morts, séparez autant que possible les espèces animales et signalez immédiatement aux autorités locales tout cas d’animal malade ou mort. Les animaux malades ou morts ne doivent pas être abattus et préparés pour l’alimentation.

5. Pouvez-vous évaluer, au stade actuel, le coût des actions de prévention et de traitement du coronavirus en Afrique et dans le monde ?

Il est encore trop tôt pour faire une telle estimation.

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