Coopération France – RDC : l’AFD dévoile sa Stratégie d’intervention 2015-2019

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1009493-Drapeau_de_la_FranceL’Ambassadeur de France en RDC, Alain Rémy, et  le Représentant résident de l’Agence française de développement (AFD), Jean-Christophe Maurin, ont animé un point de presse le jeudi 7 avril 2016 à l’Institut français, à l’occasion duquel ils ont présenté la Stratégie d’intervention de l’AFD sur la période allant de 2015 à 2019. Plusieurs personnalités ont pris part à ces échanges, notamment le ministre de l’Environnement, Robert Bopolo, l’Ambassadeur de l’UE en RDC, Michel Dumont, le DG de l’INPP,  Maurice Tshikuya, etc.

Partant de la nécessité de procéder à une concentration sectorielle et géographique, de réduire le nombre de projets et d’augmenter leur volume, il ressort de la stratégie que l’Agence va focaliser ses interventions au cours des trois prochaines années, sur 3 secteurs principaux, à savoir le Capital humain avec l’éducation et la formation professionnelle, l’Aménagement urbain dont l’eau et l’assainissement, et l’Environnement, en intégrant la gouvernance comme thématique transversale.

Elle privilégiera les actions en zones urbaines, tout particulièrement à Kinshasa. Concernant les instruments financiers, pour la période 2015-2019, le Contrat Désendettement Développement (C2D) sera l’instrument d’intervention privilégié, avec la mise en place d’un second C2D à partir de 2017 pour un montant de 65 millions d’euros.

Comme l’a expliqué Alain Rémy, il s’agit de l’instrument financier de base qui fournit l’essentiel du soutien apporté par la France via l’AFD, dont la première phase a consisté au financement des projets entre 2013 et 2016 pour à peu près 106 millions d’euros. Techniquement parlant, il a expliqué à cet effet que le C2D est un instrument financier très original d’annulation de la dette publique qui consiste pour la France, à chaque fois qu’un Etat débiteur effectue un  remboursement, à reverser cet argent dans un compte spécial de ce pays (la Banque centrale du Congo en ce qui concerne la RDC), qui est ensuite utilisé pour financer des projets dans différents secteurs de concentration décidés conjointement entre la France et les autorités du pays (RDC).

Dans sa présentation, Jean-Christophe Maurin a noté que L’AFD mobilisera le C2D comme instrument financier principal en faveur des secteurs sociaux. Elle privilégiera l’approche communautaire avec des organisations de la société civile, en partenariat avec les pouvoirs publics et usera de subvention directe ou de subvention en régie (Fonds Vert, AFI) pour financer des projets environnementaux. Comme indiqué dans le Cadre d’Intervention Pays (CIP) 2015-2019, le passage pour la RDC, d’un risque « élevé » de surendettement à un risque « modéré » pourrait permettre à l’Agence d’envisager une reprise des prêts souverains à la RDC. Le secteur de l’aménagement urbain constituera à cet égard un point d’affectation crédible.

Des actions et des chiffres

En ce qui concerne le capital humain, dans son volet Education, il s’agit de près de 50 millions d’euros pour la construction de 1000 salles de classes et la formation des enseignants des provinces de Kinshasa et du Congo Central. De même, un refinancement est assuré pour la prise en charge d’enseignants du primaire qui permettra de réduire de 60 % le nombre d’écoles primaires concernées par le non-paiement d’enseignants. Dans le volet de la formation professionnelle, c’est plus de 20 millions d’euros pour appuyer l’organisation de l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP) et la rénovation de son offre de formation en relation avec les besoins d’activités et d’emplois provinciaux.

            Pour ce qui est de l’aménagement urbain, il s’agit de 18 millions d’euros pour la fourniture en eau potable des quartiers périphériques de Kinshasa non desservies par l’opérateur national et dans lesquels les points d’eau (bornes fontaines) sont gérés par des associations d’usagers.

Quant à l’assainissement, c’est 10 millions d’euros en appui à la ville de Kinshasa pour une meilleure gestion des inondations et des déchets urbains.

            Pour ce secteur de l’aménagement urbain, la Stratégie d’intervention épingle la nécessité d’actions structurantes pour la mise en œuvre du Schéma d’Orientation Stratégique de l’Agglomération kinoise (SOSAK) d’ici 2030, financé par l’AFD. Elle signale qu’une coordination des bailleurs est absolument nécessaire pour relever les défis et les opportunités importants de l’aménagement de Kinshasa : voirie, transports, drainage pluvial pour limiter les érosions et les inondations, gestion des déchets, etc.

            En ce qui concerne le troisième secteur réservé à l’environnement, il est question de près de 3 millions d’euros en appui à la CICOS pour la gestion intégrée des ressources en eau ; 11 millions d’euros en appui au Ministère de l’Environnement pour l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’aménagements forestiers.

Myriam Iragi

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