Contrairement au plan de liquidation de l’ingénieur Ngoy Mushila : Gécamines, le grand retour !

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Tirée des griffes des multinationales  qui voulaient tout lui prendre, la Gécamines vient de mettre fin à la vente de ses minerais avec décote. Actuellement, elle produit déjà des cathodes de cuivre high grade, c’est-à-dire avec une pureté de 99,99%. Cette société de l’Etat est en train d’investir massivement dans l’outil de production dans presque toutes les mines. Affirmation faite par Jérôme Sekana, consultant en communication à la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique et à la BAD…, lors d’un point de presse tenu au centre d’accueil Caritas Congo, le vendredi 15 novembre 2019. 

            Contrairement aux allégations soutenues par l’ingénieur Raphaël Ngoy Mushila, qui  estime qu’il faut laisser les multinationales prendre presque gratuitement le gros des revenus miniers en RDC et que la Gécamines ne devrait jouer qu’un rôle de partenaire figurant, Jérôme Sekana, qui a recadré les choses, a pris l’exemple de la Zambie qui, pour avoir tout laissé entre les mains des multinationales, n’a plus d’entreprise minière nationale qui porte son identité souveraine. Refusant de mourir, la Gécamines a installé une usine de concassage à Kamatanda pour un montant de 17 millions USD et trois unités d’extraction par solvant avec une nouvelle salle d’électrolyse à Tshituru, pour à 46 millions de dollars américains.

            Elle est en train de revisiter les joint-ventures avec, à la clé, le partage de la production finale, à l’instar du partenariat industriel innovant des mines de Desiwa.  Avec cette usine, il sera question d’une production de 200.000 tonnes métriques de cuivre l’an avec un transfert d’expertise et de technologies qui fera que neuf ans après exploitation conjointe. Une mine va devenir une propriété exclusive de la Gécamines. Toujours dans le sens du redressement de la Gécamines, les tailings de la société du Terril de Lubumbashi sont redevenus la propriété exclusive à 100% de la Gécamines. Cette même Gécamines vient de s’associer au groupe HMIE pour la création de la plus grande cimenterie du Katanga avec une production de  1.200.000 tonnes  de ciment et 300.000 tonnes de chaux/an.                                                                    Yves Kadima

NON, NOUS NE SOMMES PAS D’ACCORD AVEC CE PAMPHLET

CONSTAT:

            « Les échecs sont des escaliers pour monter vers la gloire, entendez le développement. On ne s’assied pas dessus, mais on les surmonte pas à pas, l’un après l’autre, avec détermination, méthodes et objectifs »,  dit un adage Songola. Comme disent aussi les latins : «Errare humanum est, sed perseverare diabolicum est » (L’erreur est humaine, mais persévérer dans l’erreur est diabolique).

            Oui ! La GECAMINES a été dépecée, tel un éléphant tué par des braconniers charognards de tous poils, venus de quatre points cardinaux dans l’intention première de consumer même sa carcasse avec le concours des institutions financières internationales comme la Banque Mondiale. Celle-ci avait même demandé au Gouvernement congolais de liquider cette société d’Etat parce que selon cette institution de Bretton Woods, non viable pour que la fête des charognards soit longue et totale.

            Voir cette GECAMINES renaître miraculeusement aujourd’hui de ses cendres, se redresser sur ses quatre pattes, pousser un puissant barrissement entendu jusqu’aux confins de la terre et reprendre à marcher; ne peut aucunement plaire à tous ceux qui chantaient déjà sa disparition. Ce que la réponse de la GECAMINES n’a pas décemment dit sur le rapport de l’ingénieur Raphaël Ngoy Mushila, nous nous allons essayer de vous le dire en des termes très simples dans les lignes qui suivent.

LECTURE CROISÉE

            Nous avons pris connaissance de la réponse de la GECAMINES sur le rapport Ngoy Mushila qui, il faut bien l’avouer, est pénible à lire parce que largement incompréhensible, tant la pensée de l’auteur est touffue, répétitive et surtout contradictoire sur 106 pages, soigneusement travaillées par un infographe bien payé pour colorier aux couleurs vives, de gros mensonges mélangés à une petite dose de vérités, dans le seul but de distraire l’opinion tant nationale qu’internationale.

            Bien plus, son style ampoulé et outrancier ne semble avoir aucune autre fonction que de masquer les incohérences de son raisonnement et ses objectifs réels, qui sont bien loin, malheureusement, de celui affiché de vouloir jouer au lanceur d’alertes. Nous espérons que nos responsables politiques ne se laisseront pas distraire par une manœuvre aussi grossière et dilatoire qui cherche à discréditer la poule aux œufs d’or, autrefois le fleuron de l’économie nationale congolaise, qu’est la GECAMINES.

            Même si elle est devenue selon certaines langues « Ebembe ya nyoka esilaka somo te, traduisez un serpent même mort fait toujours peur ».Nous devrions d’ailleurs louer cette société d’Etat qui, malgré́ les invectives, les flèches enflammées ou empoisonnées qui lui proviennent des multinationales, a néanmoins essayé de voir dans ce grand déballage, ce qui pouvait servir le débat, le grand débat, celui de savoir si oui ou non, la RDC méritait de n’être éternellement qu’une simple fournisseuse, mieux une sous-traitante des matières premières brutes de l’industrie mondiale qui en tirerait indéfiniment toutes les dividendes et la valeur ajoutée de ses propres exportations.

            Le débat de savoir, si oui ou non, son rôle devrait désormais se limiter à regarder des supposés plus intelligents et plus forts exploitants miniers venus d’ailleurs , sans doute plus riches que sa société d’Etat, travailler sur ses terres, en laissant derrière eux, des cratères géants inexploités qui polluent l’environnement, au lieu de développer elle-même son économie, diversifier celle-ci afin qu’elle puisse produire des richesses durables avec une forte valeur ajoutée, comme ce fut le cas par le passé, lorsque la GECAMINES extrayait et transformait sur place au pays, ses ressources en métaux prêts à être consommés, c’est-à-dire en produits finis.

            Qui ne se souvient plus de la câblerie de la GECAMINES à Lwilu, qui exportait sa production à travers le monde, made in Zaïre?

            Pour l’ingénieur Mushila, c’est non, terminée cette époque. Il faut oublier ce prestige national. Selon lui, la GECAMINES doit se contenter de ramasser des os qui tombent de la table de grands exploitants miniers qui pillent ses ressources, nous voulons dire la bonne chair. Notre compatriote Raphaël, Ingénieur de son état, veut réduire la GECAMINES au rang d’un petit gestionnaire de participations ridicules que d’aucuns considèrent comme des miettes et laisser les choses sérieuses, de la bonne chair aux autres grands, pense-t-il.

            Ce qu’il ne dit pas lui, mais le dit tacitement dans son rapport quand même, ce qu’il faut laisser les multinationales prendre presque gratuitement le gros des revenus miniers en RDC. Pour ceux qui penseraient que ce rôle de partenaire figurant serait la panacée pour la GECAMINES, ils n’ont qu’à regarder vers la Zambie, juste à côté de nous, qui est d’ailleurs citée comme un mauvais exemple, où l’Etat Zambien propriétaire du sol et du sous-sol zambien, ne sait plus actuellement comment faire pour se tirer d’affaire ou faire partir les puissants investisseurs étrangers indélicats de sa plus grande mine du cuivre, et faire rentrer de nouveaux partenaires pour la gérer, tout simplement parce que l’Etat ne peut plus rien faire tout seul. Il est étranglé par les multinationales dans son propre pays. Multinationales à qui il a tout donné sous prétexte d’attirer les investissements.

            Aujourd’hui, l’Etat zambien n’a plus d’entreprise minière nationale qui porte son identité souveraine, alors que la RDC, notre grande RDC, en a encore une qui fait sa fierté : la GECAMINES. Votre père biologique même pauvre demeure toujours votre père biologique. Il n’a pas de remplaçant. Ne nous y trompons pas, c’est bien ça le fond du problème.

            Monsieur Ngoy veut que nous puissions copier aveuglément l’exemple de la Zambie. Non, non et non. Tous les patriotes congolais doivent aujourd’hui se liguer comme un seul homme derrière notre GECAMINES pour la soutenir avec force, afin de la sauver d’une disparition programmée. Nous en parlons en connaissance de cause parce que nous sommes témoin oculaire des changements qui s’opèrent dans le secteur minier en général et au sein de la GECAMINES en particulier.

            Notre GECAMINES a réussi à se tirer intelligemment des griffes des multinationales qui voulaient tout lui prendre. Elle a refusé de mourir et nous lui donnons raison. Elle a installé une usine de concassage à KAMATANDA pour un montant de 17 millions USD. Les minerais qui y sont broyés servent à alimenter l’unité de lixiviation en tas de PANDA ( heap leach de PANDA) qui alimente à son tour par pompe, la solution produite contenant du cuivre vers la salle de d’électrolyse des usines de TSHITURU où sont produites des cathodes high grade. Elle vient d’implanter trois unités d’extraction par solvant (SX) avec une nouvelle salle d’électrolyse à TSHITURU. Tout cela, pour une bagatelle de 46 millions USD. Elle a assaini et rajeuni son personnel, récupéré plusieurs gisements des mains des multinationales, racheté certains de ses titres auprès des miniers qui les avaient achetés à vil prix. Elle est en train de revisiter les joint-ventures (JV) avec, à la clé, le partage de la production finale, l’exemple du partenariat industriel innovant (Build Operate Transfert BOT) des mines de DESIWA (Kingamyambo et Kilamusembo) avec les firmes chinoises CNMC et HKEMI à Kolwezi est éloquent. Car cette usine va produire jusqu’à 200.000 tonnes métriques de cuivre l’an, avec un transfert d’expertises et de technologies qui fera que neuf ans après exploitation conjointe, la mine va devenir la propriété privée et exclusive de la GECAMINES qui possède aujourd’hui 49% des parts et les chinois 51% dans l’actionnariat.

            Alors que dans d’autres JV, la GECAMINES se contente des parts négligeables de 5 à 10 % et comme ces multinationales ne déclarent que des pertes à la fin de chaque année, la GECAMINES, elle, qui représente l’Etat congolais, n’a que ses yeux pour pleurer. Les tailings de la Société du Terril de Lubumbashi (STL) sont redevenus la propriété exclusive à 100% de la GECAMINES, en y installant le 2ème four au monde de traitement du cuivre, du cobalt, etc., après celui de l’Allemagne.

            Propriétaire de l’unité de production de chaux et de ciment métallurgique à Kakontwe, à 6 km de Likasi dénommée Calcaire Chaux Ciment (CCC), la GECAMINES vient de s’associer au groupe HMIE pour former la plus grande cimenterie du Katanga qui produira 1.200.000 tonnes de ciment et 300.000 tonnes de chaux par an, pour un coût d’investissement global de 160 millions USD. Cette société d’Etat est en train d’investir massivement dans l’outil de production dans presque toutes ses mines.

            Elle vient de mettre fin à la vente de ses minerais avec décote, parce qu’elle-même produit déjà aujourd’hui des cathodes de cuivre high grade, c’est-à-dire avec une pureté de 99,99 %. Ses hôpitaux sont réfectionnés et équipés à grands frais, dotés du matériel dernier cri, avec un personnel qualifié, régulièrement recyclé. Nous avons eu dernièrement le privilège de visiter ces installations hospitalières.

            En outre, le personnel de la GECAMINES est maintenant régulièrement payé. Le social, notamment les écoles, les instituts et autres centres de formation professionnelle, sont à ces jours totalement pris en charge tant bien que mal, comme le confirme souvent la délégation syndicale de cette société d’Etat.

            Certes, tout n’est pas parfait certainement à la GECAMINES. Mais quelque chose de bon, de cohérent se fait, et dans la bonne direction.

DES ERREURS DE GESTION QUI RABAISSENT

            Personne, moins encore les experts miniers, ne nie que la GECAMINES présente aujourd’hui de graves lacunes, notamment en matière organisationnelle, où certains grands responsables se sont comportés en roitelets, confondant allégrement les biens de l’entreprise avec les leurs. Tout le monde sait que les pas-des-portes versés par les nouveaux venus au Gouvernement central ont été dilapidés par les différents responsables qui se sont succédé dans des postes de décision, au lieu d’être investis dans le renouvellement de l’outil de production qui est le cœur de l’exploitation minière.

            C’est ce refrain que nous avons entendu résonner de partout des années durant, et qui constitue un brin de vérité que Monsieur l’ingénieur Ngoy nous répète dans son pamphlet prétextant que c’est une nouveauté. Personne ne nierait que l’entreprise GECAMINES ne ressemble plus à celle qu’elle fut, notamment depuis que son patrimoine minier et industriel avait été́ cédé́ et dépecé à partir de 1996, ne lui laissant plus que des dettes et un personnel pléthorique, amorti par l’âge ou la vieillesse avec un outil de travail obsolète.

            Mais nier en bloc voire minimiser les efforts consentis par le comité de gestion que pilote de mains de maître Monsieur Albert Yuma Mulimbi, lesquels efforts ont permis quand même aujourd’hui à la GECAMINES de renaître tant bien que mal de ses cendres, c’est nier qu’il ne pleut pas sur la ville alors que la personne qui nie est complètement mouillée des cheveux aux orteils, sous une averse, devant témoins. En toute hypothèse, est-ce que cela serait de nature à remettre en cause le fait de vouloir doter la RDC d’un champion national de l’exploitation minière, qui en plus le fut par le passé?

            La RDC est un coffre-fort mondial de réserves minières, dont la plus grande partie connue est déjà̀ confiée aux investisseurs, avec un retour financier ridicule de moins de 10 % des dividendes engrangés pour le compte de l’Etat propriétaire du sol et sous-sol. Ne l’oublions pas, les réserves minières sont encore incommensurables en RDC. Nous pouvons citer les 20 milliards de tonnes des réserves de fer qui sont enfouies dans l’ex-Province Orientale. Or, le fer et le ciment constituent les deux matériaux qui ont boosté les siècles de l’industrialisation. On trouve le fer et le ciment presque dans tous les ouvrages et mégastructures.

            Le un milliard de tonnes de lithium qui vient d’être découvert à Manono, dans la province du Tanganyika, les 155 millions d’ha des forêts vierges qui séquestrent 23 giga tonnes de CO2, les 120 millions ha de terres arables capables de nourrir deux milliards de terriens, les 52 % des réserves d’eau douce de l’Afrique, etc. Tout ceci fait de la RDC une puissance économique. Nous n’avons droit à l’erreur et ne pouvons plus nous comporter n’importe comment car le monde entier a les yeux rivés ici où il y a la solution pour les réfugiés climatiques, la croissance économique, etc. Seulement voilà, nous ne pouvons y parvenir que si et seulement si nous faisons preuve de patriotisme et de la bonne gouvernance.

LA FRAUDE DEVENUE

UN SPORT NATIONAL

            Les amis miniers se gargarisent de leur contribution aux charges de l’Etat, mais ils ne payent que des impôts liés à l’activité́. Ils payent des miettes par rapport aux intérêts colossaux qu’ils engrangent au pays et ce, après avoir gonflé démesurément leurs charges fixes pour payer peu à l’état. Comme si cela ne suffisait pas, ils n’hésitent de déclarer au fisc de faux investissements validés par des agents corrompus, fausser des données statistiques, rouler dans la farine des inspecteurs dont ils achètent la conscience à coup des billets verts et des séjours luxueux totalement pris en charge par leurs administrations respectives.

            La comptabilité des multinationales sait bien jongler avec les chiffres et passe souvent entre les mailles des filets des services de l’état. Ils ne payent aucun impôt lié à l’atteinte de leurs performances élevées constatées, comme la GECAMINES l’a déjà̀ démontré́ plusieurs fois en tant qu’une entreprise citoyenne. A l’exception de SICOMINES et COMMUS comme l’a indiqué́ publiquement le PCA de la GECAMINES lors d’une récente mission à SICOMINES justement, presque tous les grands miniers déclarent des pertes chaque fin d’année, sans jamais plier bagages. L’astuce consiste à payer 1 % du chiffre d’affaires chaque fin d’année alors que les gisements miniers non renouvelables s’épuisent au vu et au su de tous, sous le regard complice de certaines autorités déjà affaiblies par la corruption. Ils abusent des exonérations reçues de l’Etat congolais pour faciliter leur implantation, en évoquant la fameuse close de stabilité qui vient d’être revue à la baisse de 10 à 5 ans dans le nouveau code minier.

            Aujourd’hui, les exonérations représentent 40 % des recettes globales mobilisées par les trois régies financières (DGI, DGDA et DGRAD), c’est-à-dire, l’Etat congolais perd dans chaque milliard des francs congolais mobilisés ou recouvrés près de 400 millions CDF qui auraient dû être recouvrés pour faire 1,4 milliard des recettes brutes mais le trésor public n’en reçoit qu’un simple milliard à cause des exonérations fantaisistes, dérogatoires qui pour la plupart ne découlent même pas du code des investissements qui les consacrent, que gère l’ANAPI, et qui vise à améliorer le climat des affaires en RDC.

            Le jour où ils payeront de manière substantielle et durable les impôts sur le bénéfice, on pourra éventuellement envisager la proposition de Monsieur Mushila et voir si la gestion étrangère est plus ou moins rentable pour l’Etat congolais, dans toutes ses dimensions, qu’une solution nationale, c’est-à-dire, la contribution à la fiscalité́, mais aussi celle au développement économique local via des sous- traitants réellement locaux et à la création d’emplois locaux de qualité́, critères qu’on est loin de remplir à ce jour.

IL FALLAIT DE

LA BRAVOURE

            C’est ici le lieu de rendre un vibrant hommage au Président de la République honoraire, le sénateur à vie Joseph Kabila Kabange qui contre vents et marées, malgré les menaces et promesses de guerre généralisée, y compris son élimination physique par les bras séculiers des puissances minières dont les sept patrons étaient venus le défier jusqu’au Palais de la nation, est resté de marbre, droit dans ses bottes en promulguant le 09 mars 2018, le nouveau Code minier.

            Pour ceux qui ne le savent pas, l’ancien Code minier de 2002 était téléguidé par les experts de la Banque Mondiale, qui étaient descendus jusqu’à Lubumbashi où siégeait le Haut Conseil de la République Parlement de Transition (HCR-PT), distribuant sous les manteaux les billets verts aux parlementaires congolais pour amener ceux-ci à voter ce texte de loi en l’état. Lequel état consacrait le pillage des ressources naturelles de la RDC, sous prétexte que le Gouvernement de l’époque avait besoin des capitaux frais pour pacifier et réunifier le pays, l’obligeant ainsi à négocier genou à terre avec les multinationales minières, dont First Quantum qui emploie l’ingénieur Rafael Ngoy Mushiya, et qui était à la base d’ailleurs du blocage de l’atteinte par la RDC du point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) à la BM à Washington DC en juin 2010.

            N’eût été la clairvoyance et surtout la flexibilité du Président Kabila, qui avait accepté de revisiter le contrat du projet des 5 chantiers en ramenant son budget de 9 à 6 milliards USD pour rendre ce prêt soutenable par rapport à notre stock de la dette extérieure, tout en baissant les taux d’intérêts; n’eût été la détermination du Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI) de l’époque Dominique Strauss Khan qui était invité expressément pour la circonstance à Kinshasa, la RDC n’allait pas atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE le soir du 29 juin 2010 contre l’avis de la BM, intoxiquée par First Quantum, l’employeur de l’ingénieur Raphaël Ngoy Mushila, sous un faux prétexte selon lequel le Gouvernement congolais n’avait pas publié sur le site officiel du ministère des Mines tous les contrats miniers. Après vérification, il s’était avéré que tous les contrats miniers étaient bel et bien publiés et le mensonge de  First Quantum s’était écroulé comme un château des cartes, obligeant ainsi le conseil d’administration de la BM, qui se réunissait le 30 juin 2010 à Washington DC sur le dossier RDC, à valider à son tour, l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE de notre pays, avec comme heureuse conséquence l’effacement de plus de 10 milliards USD de l’ardoise de la dette extérieure de la RDC évaluée à l’époque à plus de 13 milliards USD. C’est l’une des actions de grande envergure sur le plan économique, à l’actif du Président honoraire Joseph Kabila Kabange. Un véritable cadeau d’anniversaire pour le cinquantenaire de l’indépendance de notre pays.

            Nous en parlons avec autorité parce que nous étions sur place à Washington DC en notre qualité de consultant en communication aux institutions de Bretton Woods à savoir : la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI) depuis 2001 jusqu’à ces jours. C’est donc un témoin oculaire de tous ces événements qui explique les choses telles qu’elles s’étaient passées. On ne peut pas venir nous raconter n’importe quoi aujourd’hui sur l’histoire récente de notre législation minière.

LA DIFFÉRENCE ENTRE L’ANCIEN ET LE NOUVEAU CODE MINIER !

            Pour faire complet, nous précisons que l’ancien Code minier procurait au trésor public plus ou moins 800 millions USD par an, alors que l’actuel procure au bas mot et au même trésor public, plus de deux milliards USD l’an. Comme vous le constatez, c’est le jour et la nuit. Comme qui dirait, il n’y a pas match ! L’ancien code minier accordait la part belle aux multinationales, qui ont pillé nos ressources naturelles sans laisser même pas les 10% de ce qu’elles ont engrangés comme bénéfices ici au pays, après vente desdits minerais sur le marché international. L’actuel code réhabilite l’Etat dans tous ses pouvoirs régaliens, valorise la société civile, consacre le devoir de la redevabilité à charge des gestionnaires publics et privés, et fait la promotion du contrôle citoyen au bénéfice de la société civile.

            Mais aujourd’hui, ceux qui ont jeté́ les métaux congolais, ce sont bien les investisseurs privés. Pourquoi l’auteur du pamphlet n’a-t-il pas calculé, combien de tonnes de métaux ont été́ produites par tous ces investisseurs étrangers sans un retour financier conséquent pour le pays, depuis leur installation jusqu’à ce jour ? Nous gageons que ce sera bien plus que les 180.000 tonnes reprochées à la GECAMINES, alors que des tonnes de minerais extraits par les investisseurs ne sont plus sur le territoire congolais, mais sont déjà convertis en pièces sonnantes et trébuchantes dans leurs comptes à l’étranger. 

            D’ailleurs, à ce sujet, on constate que Monsieur Mushila a une curiosité́ sélective. Il passe son temps à répéter que la GECAMINES devrait publier tous ses états financiers, au motif que l’entreprise appartiendrait à tous les Congolais. Ce qui est du reste correct parce que c’est ça la bonne gouvernance et la redevabilité. Pourquoi ne réclame-t-il pas aussi les états financiers de toutes les JV dans lesquelles la GECAMINES est actionnaire minoritaire, puisque les Congolais en sont également en toute logique des copropriétaires.

Pourquoi ne se concentre-t-il pas avec ses amies ONG sur des entreprises qui produisent plus de 600.000 tonnes de cuivre annuellement et possèdent 30 millions de tonnes de réserves qu’on leur a gentiment cédé́ pour ne pas dire quasi gratuitement par la GECAMINES, et garde-t-il toute son énergie uniquement sur une entreprise qui, comme il le rappelle, n’avait plus que 270.000 tonnes de réserves à l’arrivée des dirigeants actuels en 2010 ?

            Pourquoi personne n’a le courage de s’interroger sur les raisons qui poussent à cet acharnement, de la part du Carter Center ou l’ingénieur Ngoy, à vouloir traquer une société́ dont ils disent qu’elle n’a plus de poids, plus de réserves, plus d’avenir, plus rien, un «nain» ?

            Tout cela est illogique. Au-delà̀ du caractère mensonger de ces attaques, le vrai objectif de ceux qu’il sert, est ailleurs. La principale conséquence réelle à laquelle aboutirait la proposition de l’auteur de ce pamphlet est de démanteler définitivement la GECAMINES et réduire à néant tout espoir de reconstruire cette société commerciale publique. Regardez aujourd’hui la MIBA, la SOKIMO, etc. Si personne n’en parle, c’est parce qu’elles ne comptent plus aujourd’hui. Elles sont presque en faillite, contrairement à la GECAMINES qui est debout, droit dans ses bottes, malgré ses difficultés.

            Pourquoi faut-il un opérateur minier national ? Parce tout pays minier se doit d’avoir une société́ minière de référence, un fleuron de l’économie nationale. Les Chiliens et les Australiens ne cèdent jamais leurs gisements miniers importants à des privés. Le faire, c’est comparable à vendre le pays. Leurs gisements importants sont la propriété exclusive de leurs sociétés d’Etat comme la GECAMINES en RDC. Cela constituerait un renoncement coupable, que de disposer de telles richesses et ne pas créer tout autour  des compétences, des emplois ou de la sous-traitance. C’est aussi la meilleure et l’unique solution pour générer des ressources pour l’Etat propriétaire comme cela a été́ le cas par le passé.

            Il suffit de regarder les autres pays, l’Arabie Saoudite avec ARAMCO, l’Indonésie avec PT Inalum, la Chine avec toutes ses sociétés publiques minières, etc…que font-ils, ils sous-traitent aux occidentaux ? Non, mais la RDC, elle, qui dispose d’au-moins autant de potentiel que tous ces pays réunis devrait-elle le faire vraiment ?

            Certes, la GECAMINES ne contribue plus actuellement à hauteur de 70 % au budget de l’Etat, comme à l’époque de la 2ème République, et ce, pour des raisons évidentes abondamment commentées dans leur réponse. Est-ce que cela signifie que nous devrions abdiquer toute ambition d’exploitation de nos ressources naturelles ? Pour l’auteur du pamphlet oui, c’est ce qu’il faut faire. Mais nous, nous lui disons NON.

            Les difficultés rencontrées depuis 1991 et l’incompétence prétendue des Congolais, constitueraient-elles vraiment le signe définitif de notre incapacité́ à reconstruire un outil performant d’exploitation minière ? Quel défaitisme notoire !

            C’est ça qui explique le malaise général qu’on ressent à la lecture de son document. Nous serions à la fois la première et la principale cause de nos problèmes ? Si la principale entreprise du pays ne produit plus comme en 1986, c’est uniquement de notre faute, nous les Congolais. Si le Code minier de 2002 n’a pas produit ses effets positifs pour la RDC, c’est principalement la faute aux «turpitudes congolo-congolaises» comme il le répète abondamment dans son texte.

Pourquoi n’y avions-nous pas pensé plus tôt ?

LA POLITIQUE

DE L’AUTRUCHE

            On croit rêver…Pour notre compatriote auteur du pamphlet, la GECAMINES n’aurait pas été́ dépecée depuis 1996. Pour lui, le code de 2002 n’aurait pas été́ trop généreux avec les investisseurs étrangers, comme le dit la Banque Mondiale. Pour lui, le choix de sous-traiter toutes nos réserves minières à des multinationales aurait produit des effets très positifs, tellement positifs que personne ne les conteste sur le terrain. Pour lui, les conventions particulières exorbitantes du droit commun conclues en pleine guerre d’agression par des hyènes attirées par l’odeur de la bonne viande, mériteraient de continuer à être appliquées comme si rien n’avait changé depuis, dans ce pays.

            Non, pour lui, tout cela est prioritairement la faute des Congolais qui devraient d’abord balayer devant leur porte avant d’accuser à tort les gentils et philanthropes investisseurs. Nous ne comprenons pas comment un Congolais peut encore tenir un discours pareil en 2019, et surtout un ingénieur bien formé de surcroît comme il ne manque pas de le rappeler. Nous ne doutons pas un seul instant de ses compétences techniques mais nous doutons fort du degré élevé de son patriotisme.

            Encore une fois et personne ne le nie, la GECAMINES souffre de graves difficultés comme tout le secteur minier national ou ce qu’il en reste aujourd’hui, comme tout l’Etat congolais et comme tout le Congo. Mais ces difficultés devraient-elles justifier vraiment que l’on ne puisse pas s’insurger contre le pillage de nos ressources naturelles par des soi-disant partenaires qui, pour certains d’entre eux, travaillent pendant des décennies dans des préfabriqués ou des maisons en location, s’enrichissent démesurément au jour le jour, et se comportent chez nous en terrain conquis ? Jamais de la vie. Nous sommes ce que nous sommes avec nos qualités, forces et faiblesses, parce que nous sommes chez nous, sur la terre de nos ancêtres. Personne n’a décidé que nous puissions naître en RDC et non à l’étranger. Seul DIEU décide dans sa souveraineté sur le sort de ses créatures que nous sommes, pas les multinationales, moins encore les grandes puissances.

            Cette position n’est pas nouvelle. C’était d’ailleurs exactement celle des miniers pendant la réforme du Code minier de 2002 que nous avions vulgarisé à la radio comme à la télévision, du 1er au dernier article, comme nous comptons bientôt le faire pour le nouveau Code minier de 2018. Nous vous rappelons avoir entendu Robert Friedland à Indaba, Patron d’IVANHOE, dire textuellement ceci pour en refuser l’évolution : «Je ne suis pas contre de payer plus d’impôts en RDC, mais je voudrais d’abord être sûr de savoir à quoi servira cet argent». Que le CEO d’IVANHOE utilise des arguments aussi paternalistes – pour ne pas dire plus – pour défendre son beefsteak, c’est déjà̀ inacceptable. Est-ce qu’il peut aller tenir des tels propos au Chili, en Australie, en Arizona où FREEPORT McMORAN exploite 4 mines de cuivre (que nous avions visité à l’invitation de son CEO, Richard Adkerson), au Qatar chez les pétroliers ? De tels propos feraient de lui une persona non grata, et il devrait être expulsé du pays dans les heures qui suivaient ses déclarations. Mais il a tenu de telles déclarations sur la RDC et personne n’a osé lever son petit doigt. Maintenant, c’est fini. Nous ne laisserons plus passer de telles insultes sur notre patrie. Nous n’avons pas de leçons à recevoir des expatriés chez nous, surtout ceux qui ne se soumettent pas à nos lois.

            Nous sommes hospitaliers, pas xénophobes. Il y a suffisamment d’experts congolais, des politiciens de la majorité comme de l’opposition pour tirer la sonnette d’alarme, dénoncer la mauvaise gouvernance, comme vient de le faire notre frère Ngoy Mushila mais pas un expatrié.

            Mais qu’un Congolais s’en fasse le porte-voix, sous couvert de défendre son pays et d’appeler à un sursaut patriotique anti-patrie, c’est ignoble. Et puis, pour que ce soit clair, quand le pays vivra avec plus que 4 milliards USD de budget par an, il y aura fort à parier que la corruption sera moins répandue. Pour cela, il faudrait avoir plus que 4 milliards USD par an, pourquoi pas 10 à 25 milliards USD dans le budget de l’Etat pour devenir un pays émergent.

            Alors aujourd’hui l’ingénieur Raphaël tape sans retenue à bras raccourcis sur GECAMINES. Malheureusement, il tape à bras raccourcis pour être agréable aux intérêts étrangers de ceux qui sont tapis dans l’ombre et voudraient vivre dans un secteur minier totalement libéralisé́, débarrassé́ définitivement de contrepouvoirs. Il se trompe de combat. Toute l’Afrique et le monde en développement ont engagé́ un mouvement que nous espérons irréversible pour se réapproprier les ressources naturelles et au-delà̀ l’avenir de nos nations.

            Nous sommes consultant en communication à la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), à la Banque Africaine de Développement (BAD) et à l’Union Africaine où, depuis plus de dix ans, nous avons pris une part active à la rédaction de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA), l’Afrique que nous voulons. Cet agenda vise à gérer autrement les prochaines 50 années des indépendances de notre continent parce que les 50 premières ont été un échec cuisant, à cause des prédateurs de nos ressources naturelles. En 2063, nous ferons le bilan du centenaire des indépendances Africaines. Voilà pourquoi l’Afrique a décidé dans son agenda 2063 de parler d’une seule voix pour que nos fabuleuses richesses naturelles puissent réellement profiter à nos populations, au développement de nos pays respectifs et non aux multinationales.

            C’est cela l’esprit de l’agenda 2063 qui nous habite et doit habiter tout Africain, y compris l’ingénieur Raphaël Ngoy Mushila dont le nom Mushila signifie en tshiluba «la cendre» ou «le reste des brûlures». Cette cendre doit plutôt servir de fertilisant à la GECAMINES qui l’a formé et non aux multinationales qui n’ont pas d’état d’âme.

            Alors, si nous devons nous montrer intransigeants avec la GECAMINES, pour la forcer à se réformer plus vite et plus fort, pour que les pesanteurs héritées du passé disparaissent définitivement, et qu’elle devienne une entreprise moderne que notre pays mérite, nous croyons que par souci d’efficacité́, nous devrions au moins être la matière fertilisante des idées constructives de notre nation, la République Démocratique du Congo. Jérôme SEKANA

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