Contentieux électoraux : Katumbi et l’Ensemble troublés par les Arrêts de la Cour Constitutionnelle

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Suite à l’invalidation en cascade, par la Cour Constitutionnelle, de nombreux députés nationaux de l’Opposition, ainsi que la limitation des mouvements de son leader, Moïse Katumbi Chapwe, à travers le territoire national, la plate-forme « Ensemble pour le Changement », par le biais d’une déclaration portant le seing de son vice-président, Pierre Lumbi, s’estime troublé par ce qui s’apparente à sa liquidation planifiée de la scène politique congolaise. Le sentiment des membres de l’opposition est que les décisions judiciaires d’exclusion de leurs élus de l’Assemblée Nationale et du Sénat sont loin de répondre à la volonté d’apaisement et de réconciliation nationale exprimée par Moïse Katumbi dès son retour au pays, après trois ans d’exil forcé à l’étranger.

                  Face au doute semé dans les esprits par les Arrêts de la Cour Constitutionnelle, le feuilleton des voyages manqués du précité pour Goma et les scènes de ménage entre Cach et FCC au Palais du peuple, «l’Ensemble pour le Changement» exhorte le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, à prendre ses responsabilités pour garantir le bon fonctionnement des institutions. A défaut, le peuple congolais serait appelé à se prendre en charge, sous l’empire de l’article 64 de la Constitution.

DECLARATION POLITIQUE DU 11 JUIN 2019

                  Il fera bientôt six mois depuis que le peuple congolais est allé aux élections pour se donner un Président de la République et des députés aussi bien nationaux que provinciaux, auxquels se sont ajoutés des sénateurs, gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces.

                  Le peuple congolais a marqué          son adhésion massive au changement dans la manière dont il entend être gouverné; mais les institutions en charge du processus électoral (CENI, Cours et tribunaux) ont sanctionné et persistent à sanctionner ces élections des résultats issus d’un arbitraire prémédité et fâcheux.

                  Les premiers pas du Président de la République investi ont fait penser et dire, nous pensons notamment aux dignitaires religieux soucieux d’apaisement, que le train allait dans la bonne direction, suite à la libération des prisonniers politiques, à la réouverture des médias privés jadis fermés abusivement et à l’annonce du retour des exilés.

Les propos de notre leader Moise KATUMBI CHAPWE, Coordonnateur national en exercice de LAMUKA et président de Ensemble pour le Changement, dès son retour au pays en homme libre après trois années d’exil forcé, appelant au respect des institutions, ont conforté sa volonté d’apaisement et d’un retour à la concorde nationale.

Mais voilà, il est surprenant de constater qu’après son retour à Lubumbashi le 20 mai dernier, il lui est imposé d’y demeurer confiné, par des interdictions répétées de survol et d’atterrissage d’aéronefs affrétés pour ses déplacements à Goma, point de départ souhaité de sa tournée de reprise de contacts et de communion avec la population dont il s’est toujours senti proche et attaché.

 Que se passe-t-il ? Que veut-on à Katumbi ? Qu’attend-on de lui? L’opinion congolaise a le droit d’être éclairée et fixée par ceux qui sont à la base de ces mesures iniques.

                  Par ailleurs, le drame qui se déroule à la Cour constitutionnelle, où les invalidations des députés de l’opposition à un rythme effréné, ne peut être considéré, par tout esprit sensé et rationnel, que comme une volonté manifeste de défier le peuple congolais dans son ensemble.

En effet, les arrêts pris par la Cour constitutionnelle en matière de contentieux électoraux viennent d’invalider 23 parlementaires de l’opposition LAMUKA, dont 21 députés nationaux (8 MLC, 7 MS, 4 AMK et 2 Dynamique de l’Opposition) et 2 sénateurs.

                  Non satisfait d’avoir imposé, via la CENI, un report arbitraire des élections dans une partie du Nord-Kivu, l’octroi des majorités à la soviétique dans les chambres parlementaires, le pouvoir FCC/Kabila lance un nouvel assaut de neutralisation des institutions par des actes ignobles d’une Cour constitutionnelle caporalisée et instrumentalisée.

                  Pendant ce temps, au moment où de paisibles Congolais au NORD-KIVU et en ITURI se font massacrer par des bandes armées sous la barbe de ceux qui sont censés les protéger, et qui se font décimer par le virus Ebola, et que la crise sociale bat son plein, la fameuse coalition FCC/CACH étale ses scènes de ménage sur la place publique ainsi que son incapacité à gouverner.

                  Pour un mandat de cinq ans, six mois sont gaspillés à tourner en rond, juste parce que le pouvoir Kabila tient à démontrer d’une part, qu’un mandat de cinq ans serait peu de choses et qu’il faudrait le rallonger; et d’autre part, qu’il n’y aurait que Kabila pour tenir un tant soit peu les rênes de ce pays et justifier son ambition de demeurer le tireur de ficelles avant  de reprendre le flambeau. Nous sommes parfaitement vigilants et avertis à ce sujet.

Il est clair pour le peuple congolais qu’il ne dispose plus de voies de recours envers une justice qui se saborde, sous la pression de la coalition FCC/CACH.

                  C’est pourquoi, nous mettons le Président Félix TSHISEKEDI devant ses responsabilités pour avoir volontairement accepté la charge de conduire la nation. Nous lui demandons de mettre fin à l’anarchie institutionnelle en cours qui détruit les fondements-mêmes de la République.

Le Président Félix Tshisekedi Tshilombo doit des explications au peuple congolais quant à la limitation des droits fondamentaux parmi lesquels les restrictions des mouvements. De même, il doit des explications au peuple congolais quant au bon fonctionnement des institutions, notamment la Cour constitutionnelle, dont il est le garant.

Nous en appelons à tous les partenaires de la RDC, aussi bien bilatéraux que multilatéraux, de faire preuve de solidarité agissante envers le peuple congolais que le pouvoir FCC entreprend de déshumaniser et d’assujettir pour des desseins inavoués.

                  Quant à l’ensemble des Congolaises et Congolais, si aucun acte de courage ne vient du Président de la République Félix TSHISEKEDI pour stopper et corriger l’arbitraire dans ce sombre paysage, il n’y aura plus d’illusion à se faire en ce qui concerne les intentions de nos gouvernants.                  

                  Il ne nous restera, en tant que peuple, que de nous prendre entièrement en charge, sur la base de l’article 64 de la Constitution, en vue de recouvrer nos droits fondamentaux et notre dignité bafouée.

                  Nous lançons un appel à l’unité et la cohésion de toute l’opposition pour des actions de grande envergure dans les prochains jours.

                  Pour cela, nous souhaitons qu’une réunion de la coordination de l’Opposition élargie soit convoquée en toute urgence.  En attendant, nous invitons le peuple congolais à demeurer mobilisé et prêt à répondre à l’appel de l’opposition.

Fait à BUKAVU, le 11 juin 2019

Pour ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT

Pierre LUMBI OLONGO

Vice-Président

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