conseil de securité- RDC : le spectre du veto euro-américain

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lambert_mende_omalanga_congo_zLambert Mende, ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, a fait savoir à l’opinion tant nationale qu’internationale que la RDC a rejeté catégoriquement les sanctions ciblées prises lundi par l’Union Européenne contre sept responsables de l’armée, de la police et des services de renseignements. Après avoir martelé que l’Etat congolais ne peut être sanctionné par cette organisation régionale dont il ne fait pas partie, il a promis de porter l’affaire au Conseil de Sécurité de l’ONU pour cause de violation du droit international.

On rappelle que les personnalités frappées du gel de leurs avoirs et d’interdiction de séjour sur les territoires des 28 Etats membres de l’Union Européenne sont le général Ilunga Kampete (Commandant de la Garde Républicaine), le général Gabriel Amisi ( Commandant de la 1ère Zone de défense des FARDC), Ferdinand Ilunga  Luyoyo ( Commandant de l’unité anti-émeute de la Police Nationale Congolaise),  le général Célestin Kanyama ( Commandant de la Police/ Ville de Kinshasa), John Numbi ( ancien Inspecteur général de la PNC),  Roger Kimbelisa (Chef
du Département de Sécurité intérieure à l’ANR) et Delphin Kahimbi
(Chef du Service de Renseignements Militaires/ ex-Demiap).
Tout en jugeant fondée la démarche du gouvernement congolais, les
observateurs notent que qu’elle a très peu de chance d’aboutir. La
raison est bien simple. Parmi les cinq membres permanents du Conseil
de Sécurité ayant le droit de veto figurent la Grande-Bretagne, la
France et les Etats-Unis d’Amérique. Or, les trois Etats se trouvent
paradoxalement sur la ligne de front dans la campagne de sanctions
contre les personnalités politiques et militaires congolaises fichées
comme commanditaires des violations des droits de l’homme et des
actions de blocage du processus électoral. Avec un tel trio, la
République Démocratique du Congo part d’office perdante dans toute
initiative visant l’annulation desdites chansons.
Pour d’aucuns, plutôt que de recherche le bras de fer avec les
maîtres du monde, le Congo démocratique, qui avoue son statut d’Etat
pauvre et fragile dans le concert des Nations, aurait intérêt à
s’investir dans la voie de la démocratie lui tracée par la communauté
internationale depuis 2003, au sortir du dialogue intercongolais. Pour
l’instant, les décideurs congolais ont beaucoup crier à l’injustice,
ils n’ont pas d’autre alternative que de subir la loi des « puissants
», comme dit dans une des fables de La Fontaine, « Les animaux malades
de la peste », pour ne pas la citer.                                          Kimp

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