Confusion autour de la baisse des prix des vivres frais : des exploitants des chambres froides bientôt en grève

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C’est la grande confusion autour du dossier relatif à la baisse des prix des produits surgelés, comme annoncé par le gouvernement. Même si la décision y relative a été prise par le ministre de l’Economie, en concertation avec les importateurs des vivres frais, le constat est tout autre sur le terrain. Certains importateurs  font semblant de pratiquer les nouveaux prix  mais, en  coulisses,   font la rétention des stocks ou vendent frauduleusement aux anciens prix.

            De leur côté, les exploitants des chambres froides sont montés au créneau le week-end dernier pour dénoncer les tracasseries qu’ils subissent de la part des services communaux et provinciaux qui viennent à tour de rôle, de fois avec des menaces, pour les contraindre à baisser les prix. Selon eux,  ce contrôle devait être fait au niveau des importateurs qui visiblement, n’ont pas encore revu à la baisse les prix de leurs produits. Ils disent, par ailleurs, subir la pression des acheteurs qui s’en tiennent à la nouvelle tarification, croyant que ce sont les tenanciers des chambres froides s’opposent à la décision du gouvernement. Face à cette grande confusion, ils ont fait un sit-in devant l’immeuble du gouvernement le week-end dernier pour demander au ministre de l’Economie, à qui revient la compétence de réglementer ce secteur, de tirer cette affaire au clair et de fixer l’opinion sur ce qui se passe réellement. Ils menacent même d’aller en grève cette semaine au cas où aucune solution n’est trouvée.

            « Nous dépendons des importateurs. Si eux décident de baisser les prix, nous aussi à notre tour, nous allons le faire. Mais pourquoi c’est nous qui devions subir toutes ces tracasseries ? Que le ministre de l’Economie, en tant qu’autorité de régulation, tranche cette affaire une bonne fois pour toutes. Nous ne sommes pas contre la mesure gouvernementale mais nous voulons qu’on fasse la part des choses. Que la population et les agents de l’Etat comprennent que nous n’y sommes pour rien. Les prix doivent d’abord baisser chez les importateurs et nous allons suivre après…», a expliqué une vendeuse des poissons de mer rencontrée sur place.

            Un responsable d’une chambre froide, prenant également part à ce sit-in, demande au ministre de l’Economie de rappeler à l’ordre tous les inspecteurs qui sont déployés sur le terrain et de recevoir toutes les parties concernées par le dossier des prix des surgelés  pour lever les équivoques car, dit-il, les chambres froides sont victimes du bras de fer entre le gouvernement et les importateurs des vivres frais.

            «(…) Nous exigeons l’implication totale du ministère de l’Economie face à cette situation. Dernièrement, le ministre avait négocié avec les importateurs pour baisser les prix des produits surgelés et on nous avait laissé entendre qu’un compromis avait été trouvé. Curieusement, nous constatons que les prix n’ont pas changé, là où nous nous approvisionnons. Au lieu que les inspecteurs de l’Etat aillent là-bas pour vérifier l’application de ces prix, eux se trompent de cibles en venant nous truander. Si les importateurs chez qui nous nous approvisionnons baissent les prix, nous allons automatiquement suivre. Voilà pourquoi nous sommes venus aujourd’hui demander au gouvernement de nous fixer sur les prix auxquels nous allons vendre nos produits. Nous sommes fatigués d’être menacés à longueur de journée. Les affaires ne marchent pas comme ça », a expliqué Rchirad Mutombo, propriétaire d’une chambre froide, accusant le gouvernement d’afficher une faiblesse face aux importateurs qui ne cessent de fouler aux pieds ses décisions.

Le gouvernement appelé à prendre ses responsabilités

            Il sied de noter qu’il y peu, quelques administrateurs des marchés et plusieurs associations des consommateurs avaient saisi le ministre de l’Économie  sur la même problématique, d’autant plus qu’un consensus avait été trouvé entre le gouvernement et les importateurs, sanctionné par la signature d’un procès-verbal impliquant une baisse d’environ 30% par rapport aux tarifs fixés dans le passé.

            Au cours de leurs échanges avec l’autorité de tutelle dans son cabinet de travail, ils avaient demandé au ministre Jean-Marie Kalumba de prendre ses responsabilités en traquant tous les importateurs qui ne veulent pas se soumettre à la loi car la décision sur la baisse des prix des produits surgelés est jugée salutaire pour les gagne-petit. Ces mesures viennent alléger tant soit peu la souffrance de la population qui peine à nouer les deux bouts du mois à cause des conditions socio-économiques difficiles.

            Le ministre Jean-Marie Kalumba leur avait expliqué les différentes démarches ayant conduit aux prix concertés avec les opérateurs économiques. Il leur avait indiqué qu’il s’était rendu personnellement en Namibie pour obtenir des informations claires et précises sur les prix d’achat des poissons chinchards afin de rétablir la vérité des prix sur cette denrée largement consommée par les Kinois mais vendue à des montants qui ne reflètent pas la réalité. Ces informations lui avaient permis d’entamer  des discussions avec les importateurs des produits surgelés sur la nouvelle structure des prix. C’est sur base des données récoltées que, de commun accord, les deux parties (gouvernement et importateurs) avaient convenu de revoir la grille tarifaire et de baisser les prix.  Afin de mener à bon port ce combat sur la baisse des prix, le ministre Jean-Marie KALUMBA  avait invité  toute la population, dans son ensemble, à s’approprier cette lutte  qui vise à protéger le consommateur congolais.

            Au sortir de cet entretien, le président de l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ), Georges Kampiaba, avait même appelé  les opérateurs économiques à respecter les lois de la République. « Nous lançons encore un appel vibrant aux importateurs, aux grossistes qui ont déjà signé un accord avec le gouvernement depuis le 12 août 2021, pour qu’ils puissent respecter leurs engagements. Vous avez décidé de vous faire de l’argent, mais vous devez le faire en tenant compte des droits du peuple congolais. Et ces droits du peuple congolais, c’est le gouvernement qui a la charge d’en assurer la protection.

            À partir du moment où il y a eu ce round des discussions sur les vrais prix et qui a débouché sur la signature d’un procès-verbal avec les prix transitoires, il revient à toutes les personnes qui se sont engagées de les respecter. Et le peuple congolais doit se mobiliser derrière le gouvernement pour que ces prix soient respectés», a affirmé Maître Georges KAPIAMBA.

            Pour rappel, d’après le PV signé le 12 AOÛT par les importateurs,   les prix suivants devraient être pratiqués :

 – Cuisses de poulet (10Kg) :  15.9 USD

– Poulet entier (10 Kg): 15.5 USD

– Côtes de porcs (10Kg): 16.8 USD et

– Chinchards : 1.44 USD/Kg.

Il s’agit  des prix provisoires avant la décision définitive du gouvernement sur les justes prix.

P.D.

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