Conflit avec le M23 : la population revient à 2 km de la ligne de front

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 « Tout le monde que vous voyez ici à Kibumba n’est là que pour des activités économiques. Nous sommes tous des déplacés », a déclaré le samedi 1er septembre 2012 à la cité de Kibumba, Nyirere Nyamura Claudine, diplômée d’Etat des humanités pédagogiques mais incapable de faire des études universitaires, faute des moyens. Sa famille s’est déplacée dans le site spontané de  Kanyarucinya, à 7 km de Goma et à 20 km de Kibumba. Elle nous a assuré qu’il n’y a pas de tracasseries de la part des FARDC.
Cikuru Eric, élève en 5eme des humanités pédagogiques, estime qu’ils vivent mal avec des conditions actuelles de vie. « Ce n’est pas intéressant. Les FARDC sont là et ne sont pas une menace pour nous. Nous craignons plus le M23. Ils sont à Rugani  à deux kilomètres d’ici », a-t-il ajouté.
La demoiselle et le jeune homme comme une trentaine d’autres personnes étaient dans la cité de Kibumba ce samedi 1er septembre 2012 et écoulaient des produits des champs et d’élevage aux rares personnes qui passaient sur la route principale. Plus loin, des habitations abandonnées, étaient totalement désertes. 
A 2 km de la ligne de front de ce conflit qui oppose les FARDC et le M23, le temps semble suspendu suite à l’incertitude du lendemain. Cela se lit sur les visages de Congolais qui étaient présents à Kibumba. Ils sont sur le qui-vive car ils ignorent quand les hostilités vont reprendre et surtout leur issue.
 
« La ligne de front est à 2 km d’ici, mais entre les FARDC et le M23, il y a à peine 100 mètres qui nous séparent. Sachez au moins que Kibumba est sous le contrôle des FARDC », a révélé à la presse le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole des opérations de l’Armée congolaise au Nord-Kivu. Contrairement à ce qu’affirment certaines sources,  les militaires sont bien ravitaillés et qu’il y a une parfaite collaboration avec la Monusco. Pour le lieutenant-colonel, « la Monusco est un partenaire privilégié des FARDC dans la mesure où elle apporte un appui logistique par rapport aux besoins exprimés par des FARDC et aux moyens dont elle dispose ».
Le premier dispositif sécuritaire de la Monusco avec deux pelotons et des blindés pour protéger la ville de Goma est à moins d’une dizaine des kilomètres de Kibumba. Un contingent indien a pris pied sur une colline de Monigi et suit de très près la situation sur terrain. Selon le colonel Rajnish, commandant de ce bataillon, « l’effectif présent sur place est important et peut maîtriser le M23. Ce n’est pas dans le mandat de la Monusco, mais dans le cadre de la collaboration avec les FARDC ».
Donnant la position des troupes sur le terrain, il a indiqué que le déploiement des FARDC va de Kibumba à Monigi sur une distance du 22 kilomètres et c’est à Rwaja que l’on trouve des poches de M23. « Si le M23 s’attaque à la population civile,  la Monusco dans le cadre de son mandat va réagir pour réduire les effets collatéraux des affrontements », a déclaré le casque bleu indien.  
 
En attendant la reprise des affrontements, le contingent indien forme des soldats congolais  en artillerie. 20 militaires ont déjà été formés ainsi que 45 officiers. 
Le lieutenant-colonel Hamuli a tenu à préciser que « Le mouvement rebelle M23 a été tenu en échec plusieurs fois par les FARDC. Il avait un grand territoire, mais aujourd’hui, il ne contrôle que le 1/3 du territoire de Rutshuru sur les 6 territoires que compte la province du Nord-Kivu ».
Selon le porte-parole des opérations de l’armée congolaise au Nord-Kivu, « le moral des troupes est bon. Les défections qu’il faut mettre sur les dos des ex-militaires du CNDP n’ont pas découragé les troupes ». Il a signalé que tous les ex-militaires du CNDP n’ont pas rejoint ce mouvement rebelle. D’autres sont restés.   
L’accalmie observée sur le terrain maintenant a commencé depuis le sommet des chefs d’Etat à Addis-Abeba et ensuite par des négociations au niveau de la conférence internationale de la région des Grands Lacs, a-t-il dit. 
Si le M23 se prépare, l’armée nationale aussi se prépare, a dit le lieutenant-colonel Hamuli et il est certain que s’il y a affrontement contre ce mouvement rebelle les FARDC prendront le dessus.
 
De notre envoyé spécial Jean-René Bompolonga
 
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