Compagnon de Mzee Kabila et sénateur honoraire :Yerodia Abdoulaye est décédé à 86 ans

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La nouvelle est tombée hier tôt le matin. Si cela était une surprise pour ceux qui n’ont pas cessé de la côtoyer depuis quelque temps, la nouvelle de la mort de Yerodia Abdoulaye Ndombasi n’a pas provoqué de choc brusque. Car, sa santé avait beaucoup dégradé il y a quelques années, au point qu’il n’a pas pu participer aux dernières sessions du Sénat particulièrement de 2018.

            Yerodia Abdoulaye Ndombasi «YAN», comme aimaient l’appeler ses proches et intimes, a rendu l’âme hier mardi 19 février vers 5 heures du matin à l’hôpital du Cinquantenaire, à Kinshasa, de suite d’une longue maladie.

            Né le 15 janvier 1933, Yerodia Abdoulaye fut découvert par le grand public après le régime du maréchal Mobutu et la prise du pouvoir par les forces de l’AFDL. Il fut l’un des dignitaires du régime qui avait chassé le maréchal Mobutu Sese Seko avec le concours militaire du Rwanda, Ouganda, Burundi, Angola, Erythrée, etc.

            Il avait assumé plusieurs postes de responsabilité au sein du régime Afdl dirigé par Laurent Désiré Kabila. Il fut ministre des Affaires étrangères lorsqu’une aille de l’Afdl déclara la scission avec le clan Mzee Kabila, et décida de déclencher la guerre contre le nouveau régime de Kinshasa le 2 août 1998, qu’ils avaient pourtant mis en place.

C’est à cette période que YAN, sous l’effet de la colère contre les anciens alliés ayant détourné casaque, avait qualifié les éléments rwandais qui appuyaient les dissidents de l’Afdl de «vermines». Déclaration qui lui avait attiré un tollé de réactions à travers le monde, particulièrement dans l’Occident, pour stigmatiser l’appel au génocide des Tutsi. Une plainte fut déposée contre le chef de la diplomatie pour violations du droit international humanitaire, appel au génocide, etc.

            De son côté, la RDC avait rejeté cette plainte en contestant la légitimité du mandat de la cour belge contre le ministre des Affaires étrangères. La RDC déniait ainsi à la Belgique la compétence de juger un officiel congolais bénéficiant de l’immunité des fonctions. Cette affaire avait jeté le froid dans les relations entre la Belgique et la République démocratique du Congo jusqu’à l’assassinat du président L.D. Kabila en janvier 2001.

            Après le Dialogue inter congolais de Sun city qui avait mis fin à la guerre ayant consacré la partition de fait du territoire national, YAN sera désigné parmi les quatre vice-présidents pour le compte de Kinshasa, dans le régime monstrueux de 1+4.

A l’issue des élections générales de 2006, il sera élu sénateur pour le compte de l’actuelle province du Kongo central. Poste qu’il occupera jusqu’à la mort en dépit de sa participation aux plénières en dents de scie due surtout aux ennuis de santé. Il quitte la terre des hommes à 86 ans d’âge.

            Plusieurs témoignages sont faits sur l’illustre disparu parmi lesquels celui de Kitenge Yezu, son ancien compagnon de maquis dans les années ‘60.

            Selon Yezu Kitenge, Yerodia fut leur premier ministre dans le gouvernement en exil du CNL à Brazzaville, avec Gbenye, Soumialot, Mandungu, Lukunku, Bosheley, Tupa, Yumbu, Kanza, Asumanyi, Sengie, Mongali, Kabila, Mukwidi, Dikonda wa Lumanisha, Kapitula Bernadette, Tshialu Tshiabu, etc.             L’illustre disparu avait également lutté aux côtés du célèbre révolutionnaire Chilien Che Guevara, du Cubain Fidel Castro, et de nombreux compatriotes maquisards dont Laurent Désiré Kabila, etc.  Dom

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