Clément Nzau au Premier ministre : après des mois en soins intensifs, la RDC mérite d’être placée dans un pavillon

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Honorable Président,

Honorables membres du bureau,

Distingués Collègues,

Faute de temps, je vais juste relever les quelques points que je juge importants et qui nous mettent mal à l’aise pour adopter ce projet de loi des finances.

1° Le non respect de la parole donnée :

Chers  collègues, le Programme d’Action du gouvernement nous présenté et accepté par notre Assemblée plénière était de 48 milliards. De 2012 à 2014, il était prévu que le gouvernement nous mobilise 22 milliards (à raison de 5 pour 2012, 7 pour 2013 et 10 pour 2014).

Aujourd’hui, à mi-parcours, le gouvernement n’atteindra pas les 15 milliards à la fin 2014.  Et faites vos projections jusqu’en 2016, nous risquons de ne pas atteindre 25 milliards mobilisés. Pourtant nous avons tout donné au gouvernement.

 

2° L’incapacité du gouvernement à mobiliser les fonds au profit du trésor public :

Dans le diagnostic de la situation économique du pays nous dressé par le gouvernement dans son Programme d’Action, il nous a été révélé que la capacité de mobilisation des recettes de l’Etat par nos régies financières était de 20 milliards par an. Quel texte n’avons-nous pas voté dans ce sens ? Même  les habilitations ont été expédiées dans la rapidité la plus extraordinaire pour ne pas donner l’occasion au gouvernement d’être bloqué dans la mobilisation des recettes.

 

3° La primature : mauvais élève dans la gestion des crédits lui alloués (cfr document 5, page 2).

• Crédits accordés en 2013 :     22.960.711.088 FC

• Crédits consommés fin juin 2013 : 26.590.675.879 FC , soit prés de 120 pour cent.

Le parlement qu’on accuse chaque fois à tort par des syndicalistes visiblement manipulés se trouve être le bon élève. Voici ce qu’il a consommé :

– D’abord l’Assemblée Nationale

• Crédits accordés en 2013 :     163.391.371.290

Crédits consommés fin juin :     71.932.476.212

– Ensuite le Sénat

• Crédits accordés en 2013 :     45.640.020.924

Crédits consommés fin juin :     16.050.472

Le mauvais élève sollicite aujourd’hui des crédits de l’ordre de plus de 25%  que ceux lui accordés en 2013.

 

4° La mauvaise affectation des crédits par secteur :

Honorable Président, si Monsieur le Premier Ministre tombe malade dans son bureau ou sa résidence, ce que je ne souhaite pas, et que son état de santé nécessite une intervention dans les 5 minutes qui suivent, la 1ère formation médicale de l’Etat censée l’accueillir s’appellera « La Clinique Kinoise ». Allez y, et regardez dans quel état elle se trouve. Elle a besoin de moins de 3 millions de dollars américains  que certaines institutions gouvernantes consomment comme des beignets pour  sa réhabilitation. Si c’est le Ministre des PT/ N.T.I.C ou celui des Médias qui tombe  malade en plein boulot, c’est l’Hôpital Général de Référence (ex. Mama Yemo) qui devra les recevoir dans les 5 minutes. Allez donc visiter Mama Yemo et apportez nous des nouvelles sur son état actuel. Si c’est le Ministre des Affaires Foncières qui tombe malade à la maison, ce sont les Cliniques Universitaires qui devront le recevoir. Mais dans quel état elles se trouvent aujourd’hui ? Faut-il dépenser des millions de dollars pour embellir une partie de la commune de la Gombe ou il est prioritaire de réhabiliter d’abord là où l’on doit se faire soigner ? C’est un débat que je lance sur la priorisation des priorités.

5° Le déséquilibre manifeste en termes des crédits accordés aux objectifs du programme d’action du gouvernement :

Il est anormal que deux ans après, le gouvernement s’active à donner toujours plus de la moitié des crédits budgétaires aux 2 premiers objectifs de son programme d’action. La RDC était très malade hier. Le gouvernement l’a amené aux soins intensifs pendant près de 2 ans. Question : Est-ce son état est-il resté stationnaire pour qu’on continue à payer autant des crédits pour son relèvements ? Je crois que le malade, après autant des mois passés aux soins intensifs, mérite d’être placé au pavillon pour des soins d’entretien. Alors, s’il vous plait, Monsieur le Premier Ministre, veuillez récupérer près de la moitié des crédits que vous   accordiez à vos deux premiers objectifs que vous chérissez tant, et apportez-les aux objectifs 3 et 4 et vous verrez comment le pays va être transformé. Là où vous construisiez 1.000 écoles, vous pourrez aller à 3.000, et à 2.000 Centres de Santé et hôpitaux à réhabiliter.

6°         La dépendance exagérée du gouvernement aux ressources extérieures :

Il a été démontré voilà plusieurs années déjà que les recettes extérieures n’ont jamais été mobilisées à plus de 15%. Pourquoi le gouvernement s’obstine t-il à les reconduire chaque année pour ainsi surcharger inutilement notre Loi des Finances. Il faut tout simplement les écarter à défaut de signer des vrais programmes avec nos partenaires bi et multilatéraux.

 

7°   CONCLUSION

L’avènement du Premier Ministre Matata à la primature avait suscité beaucoup d’espoirs auprès de certains compatriotes .En dépit de ce semblant de réveil constaté ces 6 derniers mois, avec des projets liés à la construction des écoles ( déjà en cours), à la réhabilitation et à l’ équipement de certains centres de santé (projet en attente), il a été démontré que MATATA PONYO est limité. Et dans le souci de préserver les quelques acquits à mettre à son actif, j’estime qu’il est nécessaire que le Premier Ministre jette l’éponge et libère son fauteuil en faveur d’un autre compatriote qui pourra poursuivre l’œuvre entamée. Faire le contraire serait suicidaire pour le Congo de KASA VUBU.

Fait à Kinshasa, le 09 décembre 2013

  Honorable Clément NZAU TSOBO

Député National

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