Circulations des armes légères : des statistiques troublantes

0
87

José Ikongo et Albert Simabato , respectivement secrétaire permanent et directeur de planification  à la Commission Nationale de Contrôle et des Armes Légères et de Petit Calibre et de la réduction de la violence armée  « CNC – ALPC» ont choisi le Centre Wallonie Bruxelles « CWB » pour présenter au public  l’organe  cité ci- haut et  aussi une étude initiée par le ministère de l’Intérieur,  mais  coordonnée par le PNUD et relative à la  circulation illicite des armes légères en RDC. Les enquêteurs aiguillonnés  par le Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix « GRIP » et   Bonn International Center for Conversion « BICC » ont sillonné en 2009, les  provinces du Nord et Sud Kivu, du  Maniema, les districts de l’Ituri et de Tanganyka, pour recueillir  des données contenues dans « Enquête sur la perception de l’insécurité ».

La présence  au CWB  le jeudi 22 juin 2011 de quelques officiers supérieurs des FARDC s’explique par le fait que la CNC est placée sous la tutelle des ministères de l’Intérieur, de la  Défense et  des Affaires Etrangères. Cette étude a été présentée par Georges Berghezan du groupe GRIP.
L’ ouvrage en question comprend ces  chapitres  : Evolution des conflits en RDC de 1998 -2001, groupes armés dans l’Est de la RDC, la loi sur les armes en RDC dans le contexte régional, la CNC outil du gouvernement congolais  pour le conflit des armes, le rôle de l’ONU dans la lutte contre la prolifération des armes légères, …..  Il y a aussi une synthèse et des recommandations.

Travail fouillé

Au moins dix mille personnes (interviews clés, chefs des ménages, discussions avec des points focaux…) ont été interrogées par une cinquantaine d’enquêteurs. Les questions étaient axées à la possession  d’armes légères. Il se dégage des réponses reçues qu’au moins 300.000 armes légères circulent de manière illicite dans le Nord Est du pays. Le trio de tête est dominé par le Nord et Sud Kivu et le Maniema.  Il   devance de loin le Tanganyka et l’Ituri avec au moins 54.000 armes.
Les  territoires les plus insécurisés sont  Djugu en Ituri avec un taux de 99 %, Kabare 97 %,  Goma 96%,  Walikale 95 %, Shabunda 92 %, Mahagi 91 % ; Irumu 90 %…..

Et ceux  ciblés par les voleurs ; Mahagi avec des taux des répondants avoisinant  94 %, Goma 89 % ;  Manono 75 %, Kabare 74 %, Shabunda 71%, Mwenga 69 %; Rutshuru 57 %….
Pour les répondants,  Shabunda bat le  record en matière des viols avec 91 %  des cas, Kibombo au Maniema avec 79 % ; Mwenga avec 64 %. Mambasa en Ituri avec 53 % … Il est dit quelque part dans l’ouvrage que les FARDC  et les groupes armés insécurisent les populations du Maniema.  Les bandits font la loi  au Tanganyka et en Ituri.

La police, les groupes armés, les démobilisés déserteurs écument dans le Maniema. Les kivutiens du Nord subissent les tracasseries et agressions des FARDC, des  bandits , des  milices étrangères,  des démobilisés déserteurs…
Quant aux prix des armes :  un fusil non automatique se vend à 160 dollars à Maniema, entre 91 et 120 dollars américains au  Tanganyka, 61 et 90 dollars en Ituri et  au Nord Kivu, mais  150 dollars au Sud Kivu.

Le fusil d’assaut est écoulé au prix de 150 dollars au Maniema, entre 121 et 150 dollars américains  au Tanganyka, plus de 150 dollars américains en Ituri….
Les armes de poing se vendent à plus de 150 dollars au Maniema et au  Tanganyka. Entre 91 et 120 dollars américains en Ituri et au Nord Kivu.
Des réponses sont  données en ce qui concerne les modes d’acquisition des armes, l’utilisation des armes à feu par provinces, villes,  territoires, les  territoires les plus sécurisés….
Les recommandations portent sur l’élaboration et la mise en œuvre des programmes spécifiques de désarmementsdes civils, des méthodes de collecte ou de rachat d’armes…

Banque des données

 En fin de matinée,  José Ikongo relayé par moments par Albert Simabato avait  dressé l’historique de la CNC. Il s’était  étendu sur les missions et attributions dévolues à cet organe. A l’en croire , tout est parti d’une conférence internationale qui a eu lieu  aux Nations Unies en 2001. Le Congo Kinshasa y était présent. Les participants s’étaient  appesantis sur le phénomène de la circulation illicite des armes légères  dans leurs pays respectifs. Ils s’étaient convenus de créer des structures nationales et régionales pour mieux éradiquer ce fléau. Les Etats devraient s’intéresser  aussi de très près  aux problèmes inhérents d’enregistrement et de  transfert des armes. Il ya eu ensuite le Protocole de Nairobi, la Convention de Kinshasa. Et en 2004, il y avait un point focal au ministère des Affaires Etrangères, a précisé le secrétaire permanent de la CNC- ALPC.

En 2008, la CNC-ALPC a vu officiellement le jour. Hormis les trois ministères évoqués ci-haut, des experts d’autres ministères  et services de l’Etat ( Justice, Transport, Genre, Droits Humains, le  Sénat, l’ex Onatra, l’ANR…) et même des acteurs sociaux mettent aussi la main à la pâte.
Le secrétaire permanent chargé de coordonner, planifier et exécuter le programme élaboré par les membres exécutifs de la CNC se fait assister par des directeurs  et d’un personnel d’appoint.   Concevoir, coordonner  et faire le suivi  de la politique nationale sur la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre en RDC est la principale mission attribuée à la CNC- ALPC. De manière concrète,  ils sont chargés  de  collecter des informations sur la circulation des armes. Ayant mis sur pied un programme de deux ans et suffisamment outillés avec les données mises à leur disposition par le  GRIP et BICC, ils sont aujourd’hui en mesure de se mouvoir sur terrain, a souligné Ikongo Isekotoko.

Jean- Pierre Nkutu.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*