Circulation routière : motards sans permis de conduire, dangers publics

0
129

A l’ère des motocyclistes dénommés «  Wewa », la circulation routière à Kinshasa ressemble étrangement aujourd’hui au Cirque des jongleurs d’une certaine époque avec son spectacle de cascades dans lequel ces usagers de la route excellent en acrobaties. En se faufilant entre des véhicules lancés à vive allure, des accidents sont pourtant vite arrivés. Le plus souvent percutés, ces motocyclistes finissent par retomber sur la chaussée, avec leurs passagers. Jambes et les bras fracturés, le cuir chevelu rasé, laissant entrevoir des blessures insupportables à voir : tel est le spectacle.

            Ces accidentés gardent pour longtemps indélébiles les séquelles des chocs reçus et des traumatismes enregistrés. Les moins fortunés de ces conducteurs de motos se retrouvent à la morgue.

            Pour de nombreux Kinois, témoins de ces accidents de la route, les motocyclistes sont à n’en point douter, une de sources d’insécurité sur nos routes. Car, pour éviter de les cogner, certains chauffeurs précipitent leurs véhicules dans des caniveaux ou contre des talus de nos grandes artères, faisant plus de morts et de dégâts matériels.

            Et il n’avait pas tort, commentent aujourd’hui des usagers de la route, l’ancien commissaire provincial de la police ville de Kinshasa quand sur décision du gouverneur de la ville, il avait instauré de l’ordre dans la circulation des motos sur les grandes artères, notamment les boulevards Lumumba et du 30 juin.

             Après la nomination de ce dernier à la tête de la Direction générale des écoles et formation de la Police nationale congolaise, ses instructions sont tombées dans les oubliettes et les motocyclistes ont renoué avec leurs cascades sur nos routes, créant davantage d’accidents.

            Qu’on se le dise ouvertement ! Est-ce que ces motocyclistes détiennent des permis de conduire pour leurs engins ? Connaissent-ils le Code de la route ? Savent-ils que pour ne pas être source d’insécurité sur les routes, ils doivent s’abstenir des spectacles de cascades qu’ils offrent à longueur de journées aux autres usagers de la route ? Combien parmi eux sont passés par le banc des autos-écoles ? Combien sont-ils prêts à accepter un recyclage, sinon une formation complète avec simulateur ?

Enormes risques d’insécurité

            A ces griefs, l’on peut signaler l’absence d’un certificat d’assurance en cours couvrant la moto, le conducteur et deux passagers. Dans leur réflexe d’enrichissement illicite, ils ne s’empêchent pas d’embarquer trois voire quatre passagers au-delà des normes requises. Le refus délibéré de porter des casques de protection sur la tête, comme on peut s’en rendre compte, augmente considérablement les risques de fractures à la tête et la probabilité de mourir. Que ce soit pour les motocyclistes ou pour les passagers transportés !

Qu’arrive t-il le plus souvent quand survient un accident de moto ?                       

            Si la faute incombe au conducteur de la moto, discrètement, il tente de se relever, et de vite démarrer quand les passagers tentent encore de se remettre debout. Feignant alors de poursuivre le chauffeur de l’autre véhicule, il disparait ainsi sans laisser des traces. Les accidentés secourus par des passants généreux, sont souvent acheminés dans des hôpitaux proches où ils sont abandonnés à leur triste sort à la réception. Ce qui choque est que l’auteur de l’accident s’est volatilisé, sans dire un mot sur la prise en charge de ses passagers.

            Les Kinois, qui n’oublient pas les nombreux cas d’accidents meurtriers dans leur ville, réclament ardemment une remise de l’ordre dans la circulation routière pour plus de sécurité. Cette sécurité ne peut devenir effective que si les motocyclistes qui font des pitreries sur nos routes, prenaient conscience de leurs responsabilités dans la gestion de la sécurité de leurs passagers et des autres usagers de la route. Ce renforcement de sécurité passe impérativement par la formation ou le recyclage des «  Wewa ». Seuls les détenteurs des permis de conduire, du certificat d’assurance et d’autres documents de bord, peuvent rassurer les autres usagers de la route. Selon la réglementation en vigueur, le port des casques de protection doit être obligatoire aussi bien pour les conducteurs des motos que pour leurs passagers. Et enfin, ils devraient respecter les vitesses réglementées sur certaines artères, et le nombre des passagers assurés.

            Avec une rigueur sans failles dans l’application de ces recommandations, on éliminerait de nos routes, les motards « fous et acrobates», les «Kuluna», les malfaiteurs et autres braqueurs à motos. On sécuriserait davantage les piétons qui pour se déplacer dans certains quartiers et certaines communes, recourent au service des motocyclistes. Par cette loi de sélection, le trop plein de motos débarrasserait les routes pour ne laisser que celles qui sont en ordre.

                        J.R.T.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •