Circulation : les Kinois stressés

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A force d’en parler, la question est devenue une lapalissade : la circulation à Kinshasa est un véritable casse-tête. Depuis le début de la semaine, les Kinois et Kinoises ne savent plus à quel saint se vouer pour se rendre au centre des affaires ou quitter celui-ci pour rejoindre leurs lieux de résidence. Le bouchon est devenu une réalité permanente sur toutes les voies empruntées, de sorte qu’il faut s’armer de plusieurs tonnes de patience pour résister au stress et parvenir finalement à destination après deux à quatre heures de route ! On imagine donc le désastre pour les usagers des taxis et taxis-bus souvent victimes de pannes sèches à cause du fait que les conducteurs de ce moyen de transport ont généralement un approvisionnement très faible en carburant.

Comment en est-on arrivé là ? Depuis cinq jours, on assiste à une sorte d’accélération du rythme dans l’exécution des travaux en rapport avec les festivités du Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays. Cette accélération a conduit à la fermeture au trafic d’un certain nombre de voies de communication, à l’image du Boulevard Triomphal, avec comme conséquence le détournement du trafic sur des voies déjà saturées, ou la vitesse de tortue désormais imposée aux automobilistes ainsi que l’impossibilité dans laquelle se trouvent plongés les habitants de la capitale de prendre désormais des rendez-vous ou de respecter ceux-ci.

La question qu’il convient de se poser est celle de savoir pourquoi la structuration des travaux de réhabilitation des routes ne semble pas répondre à un plan pré-établi, donnant ainsi l’impression de s’inscrire dans une politique de navigation à vue.

Ainsi donc, en surchargeant la circulation sur certaines voies, on débouche sur d’autres effets pervers comme la dégradation accélérée des routes qui pouvaient encore être considérées comme étant en bon état. C’est le cas aujourd’hui de la route By-Pass qui fait partie de la Nationale numéro 1 et qui est menacée en plusieurs endroits. A la hauteur de Lemba Camp Riche jusqu’à l’arrêt Ndala d’abord, et ensuite au niveau de la station  d’essence Fina, après l’arrêt Kiyimbi. La route dont chacun connaît l’importance économique vitale parce que reliant la capitale à la province du Bas-Congo est déjà attaquée par des érosions sans que cela n’interpelle les responsables. Apparemment, tout le monde voit le désastre qui s’annonce mais préfère fermer les yeux à la manière de l’autruche pour attendre que la situation s’aggrave davantage pour intervenir en catastrophe et jouer à la mouche du coche en fermant la voie à toute circulation au motif de vouloir organiser sa réfection. Cette politique est traditionnellement appliquée par ceux qui considèrent que des travaux routiers importants favorisent un enrichissement facile tandis que des « points à temps » sont peu rentables pour ne pas dire inutiles en termes d’enrichissement personnel.

Il est surprenant que dans un contexte de tolérance zéro, les vielles habitudes continuent d’avoir la peau très dure. C’est ici le lieu d’inviter les décideurs politiques à donner un contenu réel à cette politique dont les Congolais attendent beaucoup des bienfaits.

En attendant que des réponses appropriées soient données à cette question épineuse, il faut espérer que des dispositions vont être prises pour diminuer le fardeau qu’endure la population en restructurant l’intervention de la brigade routière sur le terrain, de manière à obtenir de celle-ci qu’elle s’implique plus dans l’organisation de la circulation plutôt que dans la truanderie des automobilistes.

Tanya Takufa Mayina

(Stg/Ifasic)

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