Cinquantenaire du Sénégal : Inauguration du monument de la Renaissance Africaine

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Les festivités du cinquantenaire de l’Indépendance de la République du Sénégal sont marquées principalement par l’inauguration, samedi 3 avril 2010, du Monument de la Renaissance Africaine. Surplombant la ville de Dakar par sa taille et sa grandeur, l’imposante statue est placée au sommet de la Petite Mamelle à Ouakam. Selon les explications fournies par l’architecte Pierre Goudiaby Atépa : « Le Monument de la renaissance africaine est une œuvre de 22.000 tonnes de bronze confectionnée en 34 mois, soit deux millions d’heures de travail, par des équipes ‘’nord coréennes, sénégalaises, africaines et mondiales…»

Dans le détail, l’enfant qu’on voit derrière une femme et un homme pèse une trentaine de tonnes, là où ces derniers font respectivement 70 tonnes et 100 tonnes. Il s’élève dans le ciel sur une hauteur de 53 mètres. C’est donc, à titre de comparaison, la plus haute statue au monde par rapport aux 40,44 m de la statue du Christ Rédempteur dominant la ville de Rio de Janeiro au Brésil et celle de la Liberté à New-York de 46,5 m. L’architecte sénégalais a surtout souligné le fait que la statue est ‘’le fruit de la passion’’ du président Abdoulaye Wade qui en est ‘’le concepteur, j’allais dire l’architecte en chef’”

Mais, prenant la parole lui-même, le Président Abdoulaye Wade s’est appesanti sur l’africanité du Monument: “ Si l’idée de cette oeuvre colossale a germé dans mon livre “Un destin pour l’Afrique”, son acte de naissance porte la signature collective de nos frères Chefs d’Etat qui ont bien voulu se joindre à moi pour en poser la première pierre le 15 avril 2002.”

Raison pour laquelle une vingtaine des Chefs d’Etat africains étaient présents à la cérémonie d’inauguration. Parmi eux, Bingu Wa Muthararka du Malawi et président de l’Union Africaine, Amadou Toumani Touré du Mali, Denis Sasou Nguesso du Congo-Brazza, Boni Yayi du Bénin, Ali Bongo du Gabon, Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie, Idriss Derby du Tchad , Mme Hèlène Jonhson du Libéria… Parmi les orateurs du jour, il y avait: l’ex-président du Nigeria, Olusegun Obasanjo; le Révérend Jesse Jackson…

Explicitant sa vision, l’homme d’Etat Sénégalais indique: “ce monument, à travers ses trois personnages, un homme géant aux formes athlétiques, sa femme et leur enfant, surgissant des entrailles de ce volcan éteint comme propulsés par une force invisible, traduit un symbole en même temps qu’il porte plusieurs messages. Le symbole, c’est celui de l’Afrique renaissante et revigorée, après cinq siècles d’esclavage, de traite négrière et de colonisation. Cinq siècles d’épreuves et de tragédie humaine! Et pourtant, l’Afrique est toujours là, au rendez-vous du 21ème siècle, debout et plus que jamais décidée à prendre son destin en mains! Quel Continent aurait survécu à cinq siècles de cette tragédie humaine sans précédent et d’épreuves plus féroces les unes que les autres?”

Quant aux messages inclus dans ce monument, Me Wade en évoque essentiellement trois: “ D’abord, un message à la jeunesse africaine; une jeunesse vibrante et talentueuse, pour lui dire toute la confiance que nous plaçons en elle. Confiance en notre jeunesse, dans la quête d’une Afrique renaissante, une Afrique nouvelle, une Afrique unie et en marche vers plus de prospérité. Confiance en notre jeunesse, pour porter les espoirs de l’Afrique de demain. Confiance en notre jeunesse, pour refuser la fatalité du sous- développement et de la marginalisation. Confiance en notre jeunesse, enfin, pour continuer le combat en vue de parachever l’unité du continent et réaliser le rêve des pionniers du panafricanisme.”

Et, le deuxième message implique: “Les fils et les filles d’Afrique, hier conduits de force et par millions, vers des contrées lointaines pour satisfaire la cupidité morbide de négriers sans état d’âme, n’ont pas choisi ce triste destin…” Alors que le troisième message: “ Le temps du décollage est arrivé parce qu’avec les nouveaux paradigmes qui accompagnent le bouleversement profond de l’ordre international, les conditions sont plus que jamais réunis pour explorer de nouveaux horizons…”

De son côté, le président en exercice de l’Union africaine, Bingu wa Mutharika, a appelé ses homologues chefs d’Etats à accorder au système éducatif ’’une place plus importante’’ à l’histoire de l’Afrique écrite par les Africains eux-mêmes. Il a tenu à souligner que ’’des choses erronées sont encore enseignées aux enfants africains dans les écoles», Il a ainsi invité tous les africains à s’unir, à travailler ensemble pour le progrès social, économique et culturel du continent. «Il faut que nous y travaillions.’’ Pour lui, l’ouvrage symbolise ’’l’esprit d’une Afrique nouvelle. Nous avons les ressources qu’il faut pour arriver à faire de notre continent le centre du monde.”

Intervenant à son tour, l’ancien président nigerian, Olusegun Obasanjo, a déclaré: “ Le Monument de la Renaissance africaine est un symbole fort. Maintenant qu’il est réalisé, le Monument de la Renaissance africaine n’appartient pas seulement à Dakar, au Sénégal, à l’Afrique de l’ouest ni à l’Afrique. Il est pour les Noirs du monde entier’’.

A son tour, le président de la Confédération des Oulémas du Maroc, Ahmed Abahi, a comparé le Monument de la renaissance africaine à ’’un trialogue’’ entre l’Afrique, l’Amérique et l’Europe à travers la représentation de ’’l’équité et de la réconciliation,’’ de ’’l’action commune’’ et de la ’’reconnaissance mutuelle’’.


En effet, explique-t-il, «cette statue élevée aujourd’hui représente l’émergence des obscurités diverses. Elle représente le lever de trois soleils. Le premier soleil c’est celui de l’équité et de la réconciliation entre les humains dans notre monde. Le deuxième soleil est basé sur l’action commune. Parce que la paix ne peut pas seulement être des slogans à répéter mais c’est des actions communes. C’est cela que vous avez insinué par cette levée de cette statue qui représente l’entrée par la porte de la beauté en islam ainsi que par la porte de la majesté’’.

En somme, nous avons assisté à une cérémonie flamboyante où près de 300 élèves assis sur les marches conduisant au Monument chantaient et dansaient aux rythmes de “Mbalax” orchestrés par les troupes folkloriques du Sénégal. Tandis que les comédiens de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano interprétaient la pièce du célèbre écrivain Aimé Césaire “ la tragédie du Roi Christophe”, quelques jeunes ont clôturé la manifestation par l’hymne à la Renaissance africaine en trois langues (français, arabe et anglais). Environ 200 journalistes de la presse nationale et internationale ont couvert l’événement.

Eddy KABEYA, envoyé spécial à Dakar, au Sénégal

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