Christian Mwando dénonce l’instrumentalisation de la Ceni par la MP

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Christian Mwando Nsimba KabuloLe député national Christian Mwando Nsimba Kabulo a réagi le vendredi 4 mars 2016 à la décision de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) déclarant irrecevables certaines candidatures aux postes de gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces, notamment celles des membres des partis politiques ou des personnalités indépendantes de la Majorité présidentielle, n’ayant pas reçu l’autorisation de cette dernière. Au cours de cette conférence de presse qu’il a animée à l’hôtel Faden House, dans la commune de Gombe, cet élu du peuple a fustigé, l’instrumentalisation de la Ceni par la Majorité présidentielle pour avoir répondu favorablement à la requête du Secrétaire général de la MP dans sa lettre numéro 022/SG/MP/AMN/2016 du 23 février 2016, lui demandant d’invalider lesdites candidatures.

Estimant que ladite demande va à l’encontre des dispositions légales, Christian Mwando a dénoncé la violation simplement et purement de la constitution du pays en son article 5 qui stipule que «sans préjudice des dispositions des articles 72, 102 et 106 de ladite constitution, sont électeurs et éligibles, dans les conditions déterminées par la loi, tous les Congolais, de deux sexes, âgés de dix-huit ans révolus et jouissant de leurs droits civils et politiques». Une violation délibérante, a-t-il noté, de la loi fondamentale par la Ceni, dans la mesure où elle restreint les droits civils et politiques des citoyens, contrairement à l’esprit de cette disposition qui sous-entend que tout Congolais ne se trouvent pas dans un cas d’inéligibilité prévu par la loi, ne peut être empêché d’accéder à un mandat électif. Pour Christian Mwando, la Ceni a outrepassé ses compétences car elle devait réserver une fin de non-recevoir à la requête de la MP et indiquer clairement à celle-ci que la démission d’un Congolais d’un parti ou regroupement politique n’est pas de son ressort mais plutôt de celui d’une juridiction compétente.

Dans son analyse, cet élu du peuple a noté qu’aucune des candidatures déclarées irrecevables par la Ceni n’a violé l’article 22 de la loi électorale qui précise dans quel cas ou circonstance, une liste présentée par un parti politique, un regroupement politique ou une candidature indépendante est déclarée irrecevable. Et qu’en plus, nulle part dans l’article 10 de ladite loi ne figure, s’agissant de l’inéligibilité, l’interdiction pour un citoyen congolais, quoiqu’étant membre d’un parti politique, de déposer sa candidature en qualité d’indépendant.

          Il a rappelé par ailleurs que le point 4 de cet article 10 sur l’inéligibilité devait plutôt être opposé aux Commissaires spéciaux et leurs adjoints qui ont déposé leurs candidatures sans avoir demandé préalablement la mise en disponibilité, du fait qu’ils sont, par leur acte de nomination, des fonctionnaires de l’Etat. Ce qui revient à dire qu’ils doivent cesser de prester. Christian Mwando Nsimba a de ce fait estimé qu’à la suite de la publication des listes provisoires, ces candidatures seront invalidées par la Cour d’Appel compétente sur réclamation des partis ou regroupements politiques.

          Il sied de rappeler à cet effet qu’au regard de cette violation de la loi, le député national Christian Mwando, en tant que candidat gouverneur de la même circonscription, a introduit, auprès du premier président de la Cour d’appel à Lubumbashi, une requête en invalidation des candidatures de Richard Ngoy Kitangala et de son colistier Ali Bin Omar Simukinje aux postes de gouverneur et vice-gouverneur de la Province du Tanganyika, étant donné l’incompatibilité des postes qu’ils occupent comme Commissaire spécial et Commissaire spécial adjoint avec le mandat électif de gouverneur de province.

Myriam Iragi

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