Des chrétiens intercèdent pour la béatification de Mgr Christophe Munzihirwa

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Lâchement assassiné le 29 octobre  1996 à Bukavu suite à son
engagement pour la justice, la vérité et la défense de la cause des
opprimés, congolais et réfugiés rwandais, Monseigneur Christophe
Munzihirwa est toujours présent, 22 ans après, dans la mémoire des
Congolais. Pour le souvenir de ce martyr, le centre d’information et
d’animation missionnaire, antenne de Kinshasa (CIAM-KIN), a organisé
le lundi 29 octobre 2018 une messe d’action de grâces et  une
conférence avec comme  thème « Vers la béatification de Mgr Christophe
Munzihirwa  »,  à la paroisse Saint Raphaël de Limete. Ancien
Archevêque de Bukavu, né le 1er janvier 1926 à Lukumbo, Christophe
Munzihirwa Muene Ngabo fut ordonné prêtre dans le clergé diocésain de
Bukavu, le 17 août 1958. Le 27 mars 1994 il était devenu Archevêque de
Bukavu.

On rappelle qu’en effet, après l’attentat le 6 avril 1994,  contre
l’avion du Président rwandais Habyarimana, des centaines de milliers
des Rwandais entraient par Goma et Bukavu pour échapper aux massacres
des Tutsi et Hutu modérés. La présence parmi les réfugiés rwandais
d’hommes en armes des forces de libération du Rwanda  fut l’occasion
pour les armées ougandaise, rwandaise et burundaise d’envahir le Kivu,
pour empêcher d’une part le retour des réfugiés dans leurs pays
d’origine et d’autre part, faire main basse sur les ressources
naturelles du Congo.  Le lundi 28 octobre 1996, quelques avant son
assassinat, il avait convoqué une réunion du « Comité de défense des
intérêts de la population »à l’archevêché. Constitué spontanément
autour de l’archevêque, ce comité voulait mettre fin au chaos, au
pillage et aux meurtres.
Comme prévu, la réunion du mardi 29 octobre 2018 à 14h00 avait eu
lieu. Le même jour, vers 18 heures, juste après cette réunion, il
avait quitté l’archevêché pour rentrer au collège jésuite Alfagiri
pour y passer  nuit. Accompagné de son chauffeur et d’un garde-corps
pour lui faciliter  le passage des multiples barrières, sa voiture fut
immobilisée à la place du marché de Nyawera par des tirs en  rafales
d’un commando rwandais du FPR stationné sur le lieu. Sorti de la
voiture après que son escorte ait été abattue, Mgr Christophe
Munzihirwa fut exécuté après avoir été soumis à un interrogatoire et
tortures près de la clôture de la Sinelac. Ce sang versé par Mgr.
Christophe Munzihirwa est considéré comme une semence de paix pour le
Congo et les pays des Grands Lacs. Mort au combat avec comme arme
l’évangile, la prière et toute sa culture. Il fut assassiné pour avoir
parlé haut et fort, et parce qu’il ne voulait pas se taire devant les
injustices et violations des droits humains. Pour les chrétiens, Mgr
Christophe Munzihirwa est à jamais vivant et son témoignage doit les
éclairer et inspirer. Le principal message qu’il a laissé est celui du
respect de la vie, de tout homme et de la défense des droits des
faibles et des sans-voix. Son exemple est une interpellation et un
encouragement à un engagement plus effectif pour   la justice, la paix
et la vérité, a conclu le CIAM-Kin.

Yves Kadima

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