Une chenille menace le maïs congolais

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chenille-legionnaire_5799789La République Démocratique du Congo vient de s’ajouter à la liste des pays de l’Afrique de l’Ouest et Australe (Zambie, Zimbabwe, Malawi, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud) touchés par les ravages de la chenille Spodoptera frugiperda. D’après les informations fournies par l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), c’est depuis le début du mois d’octobre 2016 que la culture du maïs en RDC fait face à des attaques sans précédent causées par les larves de ce ravageur qui se repand à une vitesse foudroyante.
Dépêchée en novembre 2016 dans le Sud Ubangi, territoire de Libenge, la mission conjointe FAO-MINAGRI-UNIKIN-PAM a constatée que le ravageur est déjà présent dans la totalité de la zone visitée avec un taux moyen de 82% d’incidence des plants dans tous les champs enquêtés. Elle indique notamment que la sévérité de l’infestation a atteint une telle ampleur que la production pour la campagne qui était en cours lors de la mission a été compromise et la perte de production pourrait atteindre plus de 80%.
            A ce jour, toujours selon la même source, cet animal destructeur vient d’être reporté dans l’ex-province du Katanga, territoire de Kambove et Kilwa où plusieurs dizaines d’hectares de maïs viennent d’être anéantis.
            La FAO, qui se dit très inquiète de cette situation, note que la perte de la production agricole, principale source de revenu et de nourriture des ménages congolais, accentue l’incidence de l’insécurité alimentaire dans le pays. Actuellement, selon les dernières analyses de l’IPC, respectivement 5.9 et 13 millions de personnes seraient affectées par l’insécurité alimentaire aigue et chroniques. Dans certaines des zones affectées, notamment dans la Province du Haut Katanga, les marchés céréaliers sont sous-pression. Des hausses régulièrement, plus où moins prolongées du prix de la farine de maïs ont été rapportées depuis le début de l’année sur les marchés de Lubumbashi.
            Par ailleurs, les systèmes étatiques de contrôle phytosanitaire, d’information, d’alerte précoce et de vulgarisation agricole en RDC sont sous budgétisés. Ils ne disposent pratiquement d’aucun moyen de prévention, d’intervention, et ne pourront qu’assister impuissant et inexorablement à la paupérisation extrême des populations qui dépendent principalement de ces cultures pour leurs revenus et leur survie. Au cœur de la RDC, on meurt encore pour 3 dollars, que l’on ne peut réunir afin de payer le transport et la consultation hospitalière d’un patient.
            Alors que la RDC dispose de plans et stratégies de développement agricole afin de révolutionner la modernité pour une croissance inclusive, la priorité aujourd’hui, à en croire la FAO, devra se concentrer à préserver la capacité de ces millions de petits producteurs, déjà appauvris par des décennies d’isolement, à produire une alimentation basique afin d’éviter les affres et conséquences à long terme d’une sous nutrition chronique qui certainement atteindrait le pic par le ravage d’une céréale aussi indispensable pour la vie du congolais en général et du vulnérable en particulier.
            Signalons que ce fléau est pris suffisamment au sérieux par le FAO et se trouve actuellement au cœur d’une conférence internationale de trois jours dans la capitale Zimbabwéenne, Harare, depuis ce mardi 14 février 2017.
Myriam Iragi
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