Chebeya : une nouvelle piste : l’ANR

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L’instruction du meurtre de l’activiste des droits de l’homme Floribert Chebeya par la Cour militaire de la Gombe n’en finit pas de livrer ses multiples facettes. Au cours de l’audience d’hier jeudi 3 mars 2011, à la Prison centrale de Makala, l’accusation n’a pas mis des gants pour qualifier finalement cet homicide de « Crime d’Etat » au regard de nouveaux éléments en sa possession. Il s’agit particulièrement, pour les avocats de la partie civile, de l’éventuelle implication de l’Agence Nationale des Renseignements(ANR).
  En effet, pour convaincre l’assistance, Me Joseph Mukendi wa Mulumba, coordonnateur des avocats de la partie civile, a d’entrée de jeu souligné que l’instruction est en passe de découvrir la vérité. A son début, rapporte-t-il, Ngoy Mulongoy, un des prévenus, avait demandé à la veuve Chebeya d’aller à l’ANR pour prendre des renseignements concernant cette affaire.

 « Subitement,  nous apprenons aujourd’hui que lors de la découverte du corps, le préposé de cette organisation à Mont-Ngafula, l’OPJ Mukendi, sur base d’une carte de visite déchirée retrouvée à côté de la victime, a appelé son Directeur provincial (Redoc), qui alertera son supérieur, l’Administrateur général, lequel donnera des ordres précis d’entretien du corps de la victime. Comment a-t-il su avec précision qu’il s’agissait de Floribert Chebeya, étant donné que toute carte de visite qu’on a dans sa poche n’est pas une pièce d’identité pour un individu ! », s’est interrogé l’homme en toge. En somme pour lui, la Cour devrait faire venir le numéro 1 des services de renseignements pour la bonne et simple raison qu’en donnant l’identité et l’ordre d’entretenir le cadavre, il avait donc des éléments d’informations que les autres n’avaient pas. « D’où les avait-il obtenues ? », a-t-on interrogé. 
 Invité à donner son point de vue sur la requête formulée par l’accusation, le Ministère public a préféré botter en touche en conviant la Cour à agir selon son pouvoir discrétionnaire. Quant à la défense, elle a fait remarquer à la Cour que ces manœuvres tirent en longueur la détention de ses clients. « Les agents de l’ANR sont soumis à un régime des autorisations spécifiques, alors que la Cour doit tenir compte du délai raisonnable… » a souligné Me Didier Dimina, soutenu par Me Yanganzo Charlène, avocate de la République. 
 Argument rejeté par Me Mwila Kayembe, ce dernier a rappelé à l’assistance que les déboires de l’activiste Chebeya ont commencé en mars 2010 lorsqu’il a été arrêté par l’ANR, avant d’être envoyé à Kin-Mazière où était logée la Direction des renseignements généraux et des Services spéciaux(DRGS). « A cause des menaces qu’il recevait, nous voulons remonter la filière. Oui ! » a-t-il invectivé. .
 En guise de conclusion, le juge-président a invité toutes les parties à auditionner d’abord le Commissaire principal Nkuna sur la nature des cartes qu’il avait découvertes sur le lieu du crime. Juste après lui, insiste-il, toute accusation imputée à des hauts responsables de l’Etat congolais doit être immédiatement accompagnée des preuves pour permettre au Ministère public d’ouvrir un dossier. « Nous devons aussi veiller à la préservation de l’honneur de certaines personnes ».    
    Tshieke Bukasa

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