Chebeya : toujours des interrogations sur le sort de Fidèle Bazana

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Meurtre ou enlèvement ? La nature de l’infraction commise à l’endroit de Fidèle Bazana, chauffeur de l’ONG la « Voix des Sans Voix », disparu depuis le décès de Chebeya en juin 2010, a été au cœur du débat hier jeudi 17 mars 2011 à la Prison centrale de Makala, à l’occasion de la clôture de l’instruction de ce dossier. En somme, l’on peut retenir qu’au moment où les parties civiles soutiennent la thèse d’un meurtre de Fidèle Bazana, le Ministère public a quant à lui souscrit à la théorie d’un enlèvement.

    Alors l’accusation sollicitait une séance pour statuer sur le sort du chauffeur de la VSV, l’Organe de la loi ainsi que la Cour ont indiqué que seul le document légal venant du Tribunal de Grande Instance peut permettre cette ouverture. Cependant, inquiète sur frla situation d’incarcération de ses clients, la défense est intervenue pour demander à la Cour d’ignorer simplement ce cas « Bazana » et de s’en tenir uniquement au contrat judiciaire qui lie toutes parties. 

  

    Commencée depuis le dernier trimestre de l’année 2010, l’instruction de l’affaire « Floribert Chebeya », du nom de l’activiste des droits de l’homme retrouvé mort le 2 juin dernier à Mitendi, s’est clôturée hier, sur fond de l’annonce de l’ouverture des plaidoiries dès la séance du jeudi 24 mars prochain.

    Il faudrait tout de même noter que la première phase de cette affaire a surtout livré les multiples facettes du dysfonctionnement de la Police nationale congolaise (PNC) dont les 8 principaux suspects sont membres. Ce qui a poussé au cours de l’audience du jeudi 3 mars 2011, l’accusation à qualifier finalement cet homicide de « Crime d’Etat ». Outre la PNC, certains éléments en possession de l’accusation ont également conclu à une éventuelle implication de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR).

     Par ailleurs, les activistes des droits humains qui se sont succédé à la barre, ainsi que les avocats de la partie civile et ont tous révélé au juge les menaces proférées contre eux, particulièrement par le colonel Daniel Mukalayi en mars 2010. « On va vous exterminer ! » avait lancé le policier, selon les avocats.

    D’autres renseignants, pas des moindres, se sont aussi succédé pour apporter des témoignages poignants sur ce dossier qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Le lundi 21 février 2011 par exemple, une fonctionnaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la RD Congo (Monusco) a apporté un éclairage considérable sur la controverse autour du rendez-vous fatidique de feu président de l’ONG « la Voix des Sans Voix », Floribert Chebeya, avec le général John Numbi, à l’Inspection Générale de la Police nationale congolaise (PNC), le 1er juin 2010.

    En effet, au cours de sa brève comparution, Mme Yandé, de la section Droits de l’homme qui a levé ce coin de voile, a révélé que ce jour-là à 16 heures 52, l’activiste des droits humains lui avait envoyé un message téléphonique indiquant qu’il allait rendait à son rendez-vous avec l’Inspecteur général de la PNC. « Je vais rencontrer l’IG à 17 heures 30. Merci de suivre. Floribert » a-t-elle lu pour l’assistance. En guise de réponse, poursuit-elle, j’ai répondu « Ok. Merci de me tenir informé ». Ayant perdu de vue à 18 heures, Mme Yandé a déclaré qu’elle a cherché à rappeler Chebeya à 21 heures, mais son téléphone est resté fermé. C’est le 2 juin vers midi qu’elle apprendra la nouvelle du décès. Tenue au devoir de réserve certainement, la fonctionnaire onusienne n’a pas pu faire d’autres déclarations.

    Au cours de l’instruction, rappelons-le, une descente sur terrain a été organisée le 24 février dernier, d’abord à l’Inspection générale de la PNC, afin de corroborer les propos de Gomer Martell, ensuite sur le site de Mitendi où a été découvert le corps de Chebeya. Mais la défense a toujours réfuté le témoignage de ce sujet Camerounais, Gomer Martell, car animé d’un esprit de vengeance.

 

Tshieke Bukasa

 

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