Chebeya : les secrets de l’autopsie : contrainte, compression, chocs et anomalies cardiaques

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Comme promis et annoncé, le rapport de l’autopsie effectuée sur le corps de feu Floribert CHEBEYA Bahizire, activiste des Droits de l’homme et secrétaire exécutif de l’Ong la Voix des Sans Voix a été rendu public hier à l’issue de l’audience accordée par le Procureur Général de la République à la délégation de l’équipe des médecins légistes congolo-néerlandais. Cela, en présence du chargé d’affaires ad intérim de l’ambassade du Royaume des pays Bas, Michel Rentenaar.

Si d’une manière ramassée, ce rapport « ne démontre pas avec certitude la cause du décès », il indique par ailleurs que le défunt a subi « des contraintes externes limitées par chocs, compression et ou enserrement au niveau des bras et des jambes. Les observations sont fortement en faveur d’une cause primaire impliquant le cœur, car des anomalies préexistantes au niveau du muscle cardiaque ont été constatées ».

A ce stade du débat, l’opinion se félicite de la rapidité avec laquelle cette autopsie a été réalisée par des experts venus de l’étranger pour lui donner plus de crédibilité tels que tous les hommes de bonne volonté, de nombreux gouvernements européens, américains, asiatiques et africains directement ou par le biais de leurs représentations diplomatiques accréditées à Kinshasa ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme, l’ont souhaité de tous leurs voeux.

Cependant, des zones d’ombre demeurent et réclament une lumière pour que les divers réseaux de cette industrie de la mort soient démasqués et mis dans l’impossibilité de rééditer leur sale besogne. La contrainte externe n’est qu’une façon polie et diplomatique de dénoncer les tortures et autres traitements inhumains et dégradants auxquels a été soumis le regretté Floribert CHEBEYA avant que son cœur ne lâche. Il a subi des compressions et ou enserrement au niveau des bras et des jambes. Autrement dit, les tortionnaires doivent avoir recouru à des méthodes extrêmement douloureuses de torsion des bras et des jambes probablement dans un endroit insonorisé au préalable pour ne pas alerter les gens par des cris stridents consécutifs à cette torture spéciale et mortelle. A quel endroit alors ? Dans un local insonorisé situé dans le sous sol d’un immeuble ? Dans la brousse, très loin des villages ? On ne le saura jamais, sauf si l’un des tortionnaires passe un jour aux aveux, soit par lettre anonyme, soit lors du procès qui sera ouvert bientôt devant la justice militaire.

Ce rapport tombe à bon escient, car juste au lendemain du souhait émis par Washington à travers son chargé d’affaires à Kinshasa lors de la commémoration de la fête nationale. Le représentant officiel du Président Barack OBAMA avait déclaré solennellement que le gouvernement de son pays était prêt à offrir sa collaboration à l’organisation d’une enquête internationale pour connaître les tenants et les aboutissants de l’assassinat de cet activiste des droits de l’homme. Et pour joindre la parole aux actes, la sous secrétaire d’Etat américaine chargée des affaires africaines venue représenter son pays aux festivités du Cinquantenaire a eu à effectuer une visite de courtoisie et de réconfort auprès de la veuve et des enfants de feu Floribert CHEBEYA.  Un geste qui en dit long sur l’attachement des capitales occidentales au respect de droits humains, d’autant que vers la fin du mois de juin dernier, un autre activiste de droits de l’homme a été assassiné à Beni toujours par des hommes en armes et en tenues.

Castro

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