Chebeya : le statut de John Numbi dérange

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La toute première audience dans le procès Chebeya, ouverte vendredi 12 novembre 2010, s’est effectivement tenue à la Cour militaire, avenue Lubefu, commune de la Gombe. Une armada d’avocats, avec à sa tête le bâtonnier national Me Mukendi, représentait la partie civile constituée des familles Chebeya, Bazana et la VSV. De l’autre côté du prétoire, il y avait une dizaine d’avocats pour défendre la cause des prévenus, dans une affaire inscrire sous RP 066/2010. 

            Sous la présidence du Colonel Masungi Muna, l’audience a essentiellement consisté en l’identification des prévenus et en la publicité des charges qui leur sont reprochées.

            Il est ressorti de l’appel nominal des prévenus que cinq suspects ont respectivement pour grades en l’égard de leurs noms : Daniel Mukalayi wa Mateso (Inspecteur principal), Georges Kitungwa (Inspecteur adjoint), François Ngoy (commissaire principal), Michel Mulewa wa Kubambo (Commissaire adjoint), Blaise Mandiangu (commissaire adjoint).

 Sur l’ensemble des huit suspects, trois sont cavale. Leurs noms : Christian Ngoy, Paul Mwilambwe, Jacques Mugabo, tous policiers de rang intermédiaire.

            Les prévenus ont rejoint la Cour sous une bonne escorte. Daniel Mukalayi et ses co-prévenus ont été extraits de la « cage » du camion, frappé « Ministère de la Justice et Droits Humains » pour se diriger, en « procession », vers le prétoire. Cris de réconfort et vociférations dans la foulée au vu des présumés assassins et commanditaire de la mort de l’activiste des droits de l’homme.

            De leur banc en face de la composition, ils ont suivi les chefs d’inculpations mis à leur charge. Six au total : association des malfaiteurs, enlèvement, terrorisme, désertion simple, détournement des armes et munitions de guerres et assassinat. A la lecture des faits, les suspects ont noté que la détention dont ils sont l’objet est lié au meurtre, le 02 juin 2010, du Directeur Exécutif de la « Voix de Sans Voix pour les droits de l’homme » (VSV), Floribert Chebeya et de la disparition de Fidèle Bazana, activiste et chauffeur de Chebeya.

Invités sommairement à prendre la parole, les avocats de deux parties ont plaidé pour la délocalisation et la remise de la suite de la procédure. Ils ont tous estimé que la salle de la Cour était trop petite et que le temps nécessaire pour la prochaine audience devrait être porté à deux semaines, pour les uns et, à trois semaines pour les autres. Toutes les parties étaient unanimes que le report permettrait de compulser le dossier évalué à plus de 1600 pages.

Lors de cette comparution initiale, le chef du quartier Mitendi où le corps sans vie de Floribert Chebeya avait été retrouvé, et le commandant de Police de ce quartier, invités au départ pour témoigner, étaient absents.

            Se fondant sur les propositions des parties, la Cour a fixé la prochaine audience au 03 décembre 2010, en chambre foraine à la prison centrale de Makala. Les cinq hommes ont, donc été ramenés dans le camion, à Makala. 

L’imprévisible John Numbi

            Cité, selon les ONG; comme principal suspect, le général John Numbi, justiciable devant la Haute Cour Militaire s’est, de manière imprévisible, pointé à l’audience en qualité de témoin, avant de repartir, escorté par sa garde rapprochée. La chronique rappelle que Chebeya était, le jour de sa mort, invité par ce haut responsable de la Police et n’était plus jamais revenu avant que la nouvelle de sa mort ne soit répandue. John Numbi a été, à cet effet, suspendu de ses fonctions et remplacé, à titre intérimaire, par son second, Bisengimana.

                          D-I.K

 

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