Chaude alerte au Kongo Central

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Selon Radiookapi.net, des soldats angolais ont pénétré en territoire congolais, à partir du village de Kakongo, dans le territoire de Lukula, province du Kongo Central, dans la nuit du mercredi 06 au jeudi 07 septembre 2017. On laisse entendre qu’ils étaient à la recherche des rebelles du FLEC (Front de Libération de l’Enclave du Cabinda), dont des bases arrières auraient été signalées à la frontière entre ce village congolais et le Cabinda.

Apparemment, ils n’auraient pas trouvé les suspects recherchés et seraient repartis de l’autre côté de la frontière, au milieu de la journée d’hier jeudi. Le président de la Société Civile du Secteur de Kakongo soutient qu’avant la traversée de la frontière commune par
leurs troupes, des officiers angolais se seraient préalablement signalés aux forces de sécurité congolaise en début de semaine, à Kakongo même, pour leur faire part de leur plan d’attaque contre des combattants du FLEC.
On ignore la réponse leur réservée par la partie congolaise mais
toujours est-il que la pénétration des troupes angolaises en
territoire congolais semble n’avoir par reçu un aval officiel. D’où
des questions se bousculent dans les esprits au sujet de la
souveraineté de la République Démocratique du Congo et de la capacité
de riposte de son armée. Cette énième incursion militaire de l’armée
angolaise à Kakongo laisse penser à un aveu d’impuissance de la part
des autorités tant provinciales que centrales congolaises.
Ce qui est dramatique, dans ce nouveau safari militaire angolais en
RDC, c’est la fuite en désordre qu’il a provoquée non seulement à
Kakongo mais aussi dans plusieurs villages environnants. Partis en
brousse pour des raisons de sécurité, il va falloir convaincre les
villageois du retour effectif de la paix pour les persuader de
regagner leurs cases
Les autochtones sont d’autant désemparés que les violations du
territoire congolais par des soldats ou des policiers angolais au
Kongo Central ( territoires de Lukula, Moanda, Songololo,
Mbanza-Ngungu) et dans l’ex-Bandundu (Kahemba, Kahungula) sont
devenues monnaie courante, depuis que l’Angola avait aidé l’AFDL
(Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) à
chasser Mobutu du pouvoir en 1997 et à déloger les rebelles du RCD
(Rassemblement des Congolais pour la Démocratique) de la base
militaire Kitona, du barrage d’Inga et d’autres villes du Kongo
Central en 1998.
Cette assistance militaire semble avoir conféré à l’Angola le droit
de surveillance de la frontière commune, que son armée et sa police
n’hésitent pas à franchir sous prétexte de pourchasser des rebelles
indépendantistes cabindais ou autres.                   Kimp

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