Chasse à la dictature : agitation suspecte au FCC

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L’agitation qui s’est emparée des membres de la famille politique de l’ancien Chef de l’Etat, réunis sous le label du FCC (Front Commun pour le Congo), à la suite des propos de son successeur en rapport avec sa volonté d’éradiquer la dictature ainsi que les antivaleurs telles que la corruption parait fort suspecte au commun des Congolais. L’on s’étonne que d’anciens gestionnaires des affaires publiques pendant 18 ans, dont le bilan, jugé largement négatif, a été sanctionné de la manière que l’on sait par le souverain primaire, lors de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, se comportent comme s’ils n’avaient rien à se reprocher.

            Pourtant, si le pays se retrouve aujourd’hui au bas de l’échelle, selon les indices du développement humain de ces dernières années établis par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), c’est à cause de leur mauvaise gouvernance. L’on se demande où les Kabilistes sont-ils allés chercher le courage de se positionner en donneurs de leçons de patriotisme, de démocratie, de lutte contre la corruption et l’impunité, de gestion des fonds publics, de respect des droits humains, etc.

            Des millions de Congolaises et Congolais, qui n’ont pas la mémoire courte, rappellent aux caciques du FCC que c’est sous leur régime que les arrestations et détentions arbitraires étaient transformées en sport national. En 18 ans, des milliers d’innocents, civils comme militaires, étaient jetés dans les cachots des services spéciaux, sous divers prétextes, et maltraités pendant des mois, sinon des années. Beaucoup y sont morts, sans laisser de trace. L’actuel Premier ministre Bruno Tshibala, ne peut pas nier avoir été arrêté illégalement à l’aéroport de N’Djili, après les manifestations de septembre 2016 contre le 3me mandat de Joseph Kabila, conduit à Makala puis libéré sans jugement, après deux mois en tôles.

            Faut-il rappeler à ceux qui feignent d’être de petits saints que la corruption était érigée en mode de gestion de l’Etat de 1997 à 2019 ? C’est le lieu de souligner qu’en 18 ans, à cause de leur course effrénée vers les dessous de table, ils ont pillé le patrimoine minier national sous couvert de fameux « contrats chinois », laissé les infrastructures de base ainsi que les entreprises et services publics dans un état comateux, clochardisé fonctionnaires, agents des services spéciaux, militaires et soldats.

            En dépit d’un tintamarre infernal fait autour des « Cinq chantiers de la République » (2006- 2011) et de la « Révolution de la modernité » (2011 à 2019), Kinshasa et les 25 provinces de la République ont été abandonnées avec des caisses vides, sans routes, sans fermes agricoles, sans barrages ou des centrales électriques inachevées, sans ponts modernes, avec des voies ferrées d’une autre époque, sans hôpitaux de référence viables, avec des écoles sans bancs, sans unités de production, avec un chômage frôlant les 80 % chez les jeunes, avec des armées de délinquants (shegués et kuluna), etc.

            Sous la kabylie, la mode était aux contrats léonins et aux plantureuses commissions en faveur des initiés. On ne peut oublier, à ce propos, l’affaire de 32 millions de dollars américains payés à Snel pour la fourniture du courant électrique au Congo/Brazzaville, où l’argent avait pris une destination autre celle des caisses de cette entreprise publique.

Lorsque l’on jette un regard sur les archives comptables du FPI (Front de Promotion de l’Industrie), l’on se rend compte que ceux qui font beaucoup de bruit depuis l’investiture de Félix Tshisekedi figurent au nombre de débiteurs insolvables, redevables de plusieurs centaines de milliers de dollars américains. Les dignitaires du kabilisme se retrouvent également sur la liste des criminels économiques ayant provoqué la faillite de la Banque Congolaise, pour y avoir pris des crédits sous formes de millions de dollars américains jamais remboursés.

            Durant son mandat de Conseiller spécial de l’ancien Chef de l’Etat chargé de la Bonne Gouvernance, de la lutte contre la Corruption, le Blanchiment des capitaux et le Financement du terrorisme, Luzolo Bambi avait passé le plus clair de son temps à déposer, au Parquet général de la République, des piles de dossiers des mandataires publics et hauts fonctionnaires coupables de détournement des deniers publics. Aucun dossier n’avait donné lieu à un procès ou à une condamnation. La solidarité entre pilleurs du patrimoine collectif était que même les dossiers des contrôles parlementaires en rapport avec les finances publiques étaient classés sans suite.

Décaissements des fonds pour des besoins publics

            En deux mois de gestion du pays, Félix Tshisekedi est en train de s’illustrer par des décaissements de fonds publics liés aux besoins publics, notamment des infrastructures de base. Non seulement que les montants affectés aux travaux d’urgence des 100 jours sont communiqués au grand public, mais également ce dernier peut vérifier, de ses propres yeux, l’état de leur avancement sur le terrain. Les Congolais, de Kinshasa comme des provinces, n’ont pas besoin d’un matraquage médiatique pour se rendre compte que plusieurs artères de la capitale et des villes de l’arrière-pays sont réhabilitées et rouvertes au trafic, des ponts reconstruits, des réseaux électriques et de desserte en eau potable remis en service, des entreprises publiques au bord de la faillite (Transco, SCPT, SCTP, ARPTC, Gécamines, OVD, etc) sauvées de justesse.

            Sous le mandat du nouveau Chef de l’Etat, des cas de détournements des fonds ou des biens publics sont sévèrement sanctionnés. Tout le monde a salué, dernièrement, la libération des centaines de prisonniers politiques et d’opinions. Faut-il reprocher à Félix Tshisekedi la fermeture des amigos de l’ANR (Agence Nationale de Renseignements), de la DGM (Direction Générale de Migration), des services de renseignements militaires ou la possibilité, pour les étrangers d’origine congolaise, de se faire délivrer désormais des visas d’entrée, pour 30 jours, à partir des postes frontaliers? La lutte contre la dictature et les antivaleurs passe, jusque-là par des actes pacifiques. Le nouveau pouvoir, jusqu’à preuve du contraire, n’a pas besoin d’armes pour tordre le coup à la dictature et à ses antivaleurs.

            Kimp

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