Chantiers de Kinshasa : un contrôle régulier de qualité s’impose

0
263

Les torrents d’eau libérés du ciel par les dernières pluies tombées le week-end allant du vendredi 29 au dimanche 31 mars ont provoqué d’énormes dégâts sur les routes kinoises, particulièrement à Binza-village et Binza-Météo, sur la Nationale 1, dans la commune de Ngaliema. En effet, des excavations par Regideso le long de la route pour poser des grosses conduites d’eau n’ont pas tenu compte de la saison pluvieuse et n’ont pas été correctement recouvertes. A telle enseigne que les courants d’eau ont pratiquement agrandi les creux, créant des fossés entre la Nationale et les clôtures des parcelles riveraines. Des véhicules stationnés à proximité et des tracteurs ayant creusé ce long sillon ont également été entrainés et embourbés dans ces trous. Pendant ce temps, les habitants des parcelles avoisinantes ou des rues adjacentes ne savaient plus sortir sur la voie principale.

Le contrôle permanent des travaux s’impose

                  Cette situation n’est pas l’apanage de ces coins seulement, mais se retrouve dans plusieurs parties de Kinshasa – ou même de la République – là où les travaux ont été menée avec une certaine légèreté. Pendant cette période des travaux d’urgence pour les 100 premiers jours du mandat du Président de la République, on devra mettre fin à la superficialité des entreprises et agents en charge des travaux. Le contrôle de la qualité du travail exécuté sur terrain doit se faire régulièrement, et non attendre le dernier jour de la livraison de l’ouvrage pour noter des défaillances.

                  En considérant le cas de l’avenue Biangala, une route d’importance stratégique pour le trafic à Lemba/Salongo-Sud, une route à même de soulager la charge de la Route By pass, de désengorger le rond-point Ngaba par un raccourci entre Limete, Matete, Lemba et l’Université de Kinshasa, les pluies du week-end dernier y ont aussi creusé des crevasses en enlevant toute la terre jaune et en remettant les compteurs de sa réhabilitation à zéro.

Affaissement des chaussées à Mitendi, Benseke-Futi et Binza-UPN : il a manqué

un suivi des travaux

                  Pendant la construction d’un ouvrage d’intérêt public ou même privé, les conséquences d’une défaillance de contrôle de qualité sont dramatiques. Le laisser-faire constaté dans le passé durant l’exécution de plusieurs travaux commandés par le gouvernement produit les effets délétères qu’on déplore actuellement. La sous-traitance – qui n’est rien d’autre que le produit de ce laisser-aller et de la corruption dans l’attribution des marchés publics – a amplifié l’inconscience dans la réalisation des ouvrages sur terrain. Chaque responsable public, impliqué dans l’attribution d’un marché ponctionnait une partie de la somme décaissée pour les travaux et, au finish, il n’en restait qu’une infime partie, insuffisante pour l’achèvement du projet qu’on remettait à la fin au constructeur pour les travaux. Dans ces conditions, ces décideurs n’osaient jamais exiger le contrôle de qualité des ouvrages commandés par le gouvernement.

                  Aujourd’hui, les dégâts, sillons, crevasses, affaissements des chaussées et effondrement des routes ne sont qu’un iceberg d’un mal profond qui s’appelle : manque d’un contrôle permanent de qualité et du suivi des travaux. C’est ainsi qu’il faut interpréter les dégâts provoqués par la pluie sur les routes kinoises à Mitendi, Binza-UPN, Benseke-Futi ou ailleurs. Pour que « le peuple » jouisse longtemps des travaux d’urgence de 100 premiers jours du mandat du Président de la République, leur exécution doit absolument s’accompagner d’un contrôle tatillon de qualité, voire une vérification quotidienne.

SAKAZ

  • 207
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •