Changement climatique : la RDC s’est-elle préparée contre les catastrophes ?

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Les images poignantes des inondations qui ravagent ces derniers temps, le Pakistan, la Chine et certains pays d’Asie, ainsi que ceux de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, celles des incendies des forêts en Russie, au Portugal, pour ne citer que ces coins du globe, dévoilent les conséquences imprévisibles du changement climatique sur la planète terre. Avec la magie de Nouvelles technologies de l’information et de la communication, nous vivons ces tristes événements minute après minute, heure après heure, comme si nous y étions, déclenchant en nous un sentiment de compassion et un élan de solidarité.  

            Au-delà de l’émotion suscitée par le spectacle des populations luttant contre ces catastrophes, des cadavres charriés par des rivières en furie, des milliers d’autres appauvris en l’espace d’un matin, cherchant des abris précaires et de l’aide alimentaire, des questions se posent pour les pays de l’hémisphère sud et aux faibles économies.

            Le changement climatique ne va-t-il pas affecter prochainement le continent africain ? Quelle sera l’ampleur de ces catastrophes dans nos pays à la plupart des infrastructures en état de vétusté avancée, aux centaines des milliers de constructions rudimentaires anarchiques et aux champs bordant des cours d’eau ?

            Est-ce que les pays africains subsahariens, de l’Afrique centrale et de l’Afrique australe, se sont-ils préparés à affronter de telles catastrophes à l’échelle des Etats ?

Est-ce que les gouvernements africains encore préoccupés par l’organisation des fêtes du Cinquantenaire de leurs indépendances et particulièrement des élections qui vont décider du maintien ou du départ de leurs animateurs, dans les sphères du pouvoir, prennent conscience des menaces du bouleversement climatique qui guette toute la planète et dont les signes précurseurs sont plus qu’alarmants.

            La RDC qui a la taille d’un continent, sera-t-elle en mesure de faire seule face aux conséquences d’un changement climatique.  On a peut-être l’avantage d’avoir au gouvernement, les postes de ministères de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme, ainsi que celui des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, mais cela suffit-il pour prémunir notre pays contre les conséquences imprévisibles des catastrophes naturelles ?

            Si déjà avec l’incendie de la localité de Sange, le déraillement de train à Kakenge, des orages qui avaient balayé des villages dans le Maniema et au Bandundu, nous avions du faire appel à l’aide internationale au regard de nos faibles moyens financiers, qu’adviendrait-il des inondations des territoires et des provinces totalement désenclavés ?

            Pas des routes et des ponts en bon état permettant de relier les chefs-lieux des provinces et les coins sinistrés. Pas d’hélicoptères en grand nombre pour aller sourir les respacés et larguer des vivres et autres aides alimentaires aux populations déplacées et abandonnées à leur triste sort. Pas assez des centres de santé primaires et des hôpitaux généraux de référence en provinces, ni assez des dépôts provinciaux pour la distribution des produits pharmaceutiques.

            S’il y a des cas qui demandent le transfert des malades à Kinshasa, comment pourrait se faire leur évacuation ? Par avion, sans doute. Combien avions-nous des aéroports nationaux et locaux opérationnels.

            Le ministère des Affaires sociales, Action Humanitaire et Solidarité nationale dispose t-il d’une logistique à même d’offrir des milliers des tentes aux sinistrés et pourvoir à l’aide humanitaire pour la période d’un mois ?

            Toutes ces questions devraient nous interpeller déjà et nous inciter à nous armer contre ces conséquences imprévisibles.

            Gouverner, c’est prévoir, dit-on. Mais dans notre pays, on ne simule pas de scénarii catastrophes pour voir comment nous pouvons réagir, quelles sont nos capacités à nous en sortir avec peu des dégâts ? Quelles sont les structures officielles et privées outillées et habilitées à prendre en charge les sinistrés ? En combien de temps serions-nous en mesure d’intervenir jusque dans les coins les plus éloignés de la capitale ?

            Les structures officielles habituées aux improvisations de tous genres, ne s’attendent certainement pas aux pires des cas. Elles ne se demandent même pas qu’est-ce qu’il faudrait avoir comme logistique prioritaire pour parer au plus pressé ?

            Toutes ces interrogations ne nous mettent-elles pas devant nos responsabilités telles que nous devons être en mesure de les assumer ?

            Voilà pourquoi nous devons savoir nous préparer aux catastrophes de toute nature, pourquoi nous devons disposer de toutes les réponses pour pouvoir intervenir à temps et avec efficacité.

            Certains nous accuseront d’être des prophètes de malheur, mais est-il interdit de se projeter vers l’avenir chaque fois que loin de nous, se manifestent des événements susceptibles d’affecter notre pays dans les mois à venir ? Quand les météorologues et les climatologues prédisent des grands bouleversements climatiques, n’appartient-il pas aux médias de relayer leur sonnette d’alarme en réfléchissant sur les conséquences de ces phénomènes sur l’environnement et l’économie?

           J.R.T.     

 

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