Ceni : retour au scénario Malonda

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C’est la grande confusion autour du futur successeur de Corneille Nangaa à la tête de la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante). Comme à la mi-mai 2020, les confessions religieuses se sont montrées incapables de sortir un candidat de compromis pour la présidence de cette institution d’appui à la démocratie.

On rappelle que l’année dernière, leur plus « grand commun diviseur » s’appelait Ronsard Malonda, présenté comme candidat de l’Eglise Kimbanguiste, sur fond de tricherie, car inconnu des fichiers de cette confession religieuse. L’affaire puait la fraude aussi bien dans le processus de sa désignation que dans celui de l’endossement de sa candidature par l’Assemblée Nationale, alors majoritairement FCC, sous le mandat de Jeaninne Mabunda. Au finish, son dossier avait connu une fin de non-recevoir à l’étape du Président de la République, qui avait exigé l’émergence obligatoire d’un consensus et décidé son renvoi à sa composante d’origine, à savoir les mêmes confessions religieuses.

            La situation présente rappelle, à grands traits, le scénario de l’élection controversée de Ronsard Malonda, plébiscitée par une partie de chefs religieux et fortement contestée par d’autres, dont les catholiques et les profestants. La journée du mardi 27 juillet 2021 a été en effet marquée par l’étalage, sur la place publique, des divergences une fois de plus insurmontables entre ministres de Dieu, ceux-là mêmes qui ont la lourde charge de montrer à leurs fidèles la voie du salut éternel.

            L’opinion nationale est scandalisée de voir les donneurs des leçons de démocratie, de bonne gouvernance, de neutralité, de charité, de fraternité, d’humilité… s’entre-déchirer pour une charge publique temporelle, à confier à une personnalité qui devrait être l’épicentre du processus électoral de 2023. Pourtant, lorsque l’on a appris en fin d’après-midi de mardi, que sur les huit prétendants au poste, à savoir Denis Kadima (Eglise Kimbanguiste), Cyrille Ebotoko (Eglise Catholique), Daniel Kawata (Eglise du Christ au Congo), Bernard Lututala (Eglise du Christ au Congo), Paul Nsapu (Eglise Orthodoxe), Sylvain Lumu (Communauté Islamique), Mandjaliwa Shabani (Communauté Islamique) et Roger Bimwala (Armée du Salut), six étaient éliminés de manière consensuelle, on a cru que la fameuse « fumée blanche » allait sortir du Centre Interdiocésain.

            Malheureusement, à la surprise générale, il a été fait état d’abord du repêchage de deux candidats préalablement éliminés, notamment Paul Nsapu et Cyrille. On a laissé entendre que les discussions s’étaient poursuivies jusqu’en début de soirée, autour des critères d’éligibilité de ce quatuor. Puis, aux environs de 21 heures, c’était pratiquement la guerre des « communiqués » entre les six confessions religieuses qui s’étaient retirées au siège de CIME pour jeter leur dévolu sur Denis Kadima et les deux autres restées au Centre Interdiocésain, à savoir l’Eglise Catholique et l’Eglise du Christ au Congo, dont le porte-parole, l’abbé Nshole, continuait de soutenir que les discussions étaient suspendues pour reprendre le lendemain, c’est-à-dire mercredi, au même endroit, au motif qu’aucun candidat de compromis n’était jusque-là trouvé.

            Toute la nuit durant et jusqu’à la réception, le mercredi  28 juillet et séparément, des deux groupes antagonistes par le président de l’Assemblée Nationale, Christophe Mboso Nkodia Pwanga, celui qui se fait passer pour le porte-parole du groupe de Cime, n’a cessé de soutenir que Denis Kadima serait le « candidat commun » des confessions religieuses, puisque désigné par la majorité.

            Mboso s’est retrouvé ainsi avec une patate chaude, très chaude, dans son assiette.    

            Le président de l’Assemblée nationale, au regard de la haute sensibilité du dossier, a préféré jouer la carte de la sagese, en accordant un sursis de 48 heures aux «frères ennemis», en leur recommandant de tout faire pour dégager un consensus. Mais, à la lumière de la grande confusion qui s’est installée entre la Bible et la course aux privilèges divers liés auxfonctions de président de la CENI, les positions entre le «Groupe de 6» de la Cime et le duo Cenco-ECC paraissent inconciliables.                    Kimp

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