Ceni : les marchands des crises politiques pris de court

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Les délégués de la Cenco (Conférence Episcopale Nationale du Congo) et de l’ECC (Eglise du Christ au Congo) au sein de la sous-composante « Confessions religieuses » ont cru, pendant plus de deux mois, avoir pris en otage le processus électoral congolais pour une durée indéterminée. Selon leurs calculs et ceux de leurs parrains politiques, l’impasse créée autour de la désignation du futur président de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), ne pouvait être résolue sans eux. C’est ainsi que du mois de juillet, date du choix de Denis Kadima par les « six » confessions religieuses majoritaires au sein de ladite sous-composante, à celui d’octobre, échéance de l’épuisement du troisième et dernier moratoire leur accordé par le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, afin de dégager un consensus au sujet du successeur de Corneille Nangaa, ils n’ont fait que multiplier des peaux de banane sur la voie de leurs collègues désireux de faire bouger les lignes.

         Fait curieux, la Cenco et l’ECC ont attendu que le dossier « Ceni » soit pris en mains par la Commission paritaire de l’Assemblée nationale pour proposer, dans la précipitation, un ultime et inutile « retour à la table des négociations ». Ce nième piège a fait flop, le président de l’Assemblée nationale ayant décidé de prendre acte du rapport ficelé par ladite commission et de le soumettre à l’approbation de la plénière, le samedi 16 octobre 2021.

         Les marchands des crises politiques, pris de court, s’agitent et en appellent à une intervention du Président de la République, pour un renvoi du dossier aux « confessions religieuses », comme c’était le cas pour celui de Ronsard Malonda. Ce que les tenants de la fameuse « jurisprudence Malonda » se gardent de signaler, c’est le fait que le précité avait été recalé, au niveau du « Garant de la Nation », pour deux raisons majeures, à savoir son désaveu par l’Eglise Kimbanguiste, faussement présentée comme « marraine » de sa candidature, et son rejet par les « six ».

         Pour le cas de Denis Kadima, il bénéficie du soutien des « six » confessions religieuses majoritaires au sein de la sous-composante, avoir été sélectionné sur une liste de plusieurs candidats sur la ligne de départ, et « voté » au détriment d’Ebotoko, le favori de la Cenco et de l’ECC. Par ailleurs, l’intéressé a reçu « l’onction » du chef spirituel de l’Eglise kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani, qui a confirmé publiquement l’option, lors d’un culte religieux organisé à Nkamba Jérusalem.

S’agissant de son expertise, elle ne fait l’ombre d’aucun doute, l’intéressé cumulant plus d’une vingtaine d’années d’expérience dans le traitement des questions électorales, au pays comme à l’étranger.

Pour ce qui est de sa présumée allégeance au Chef de l’Etat, aucune preuve n’a été apportée à ce sujet par ses détracteurs, hormis le fait de partager la même aire géographique.

Au bout du compte, 13 animateurs de la Ceni sur 15, soit une écrasante majorité, attendent impatiemment la validation de leurs candidatures par le Président de la République, après leur entérinement par l’Assemblée nationale.

La crise politique tant espérée par une certaine classe politique et certains serviteurs de Dieu en mal de positionnement politique, en terme de blocage du processus électoral de 2023,  ressemble à un pétard mouillé. En dépit des gesticulations de certaines « autorités morales », du reste désobéies par leurs propres troupes, qui ont accepté de siéger au bureau de la Ceni, le « boulevard » devant mener aux élections de 2023 est largement ouvert. D’ici quelques jours, les choses sérieuses vont commencer.             Kimp

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