Casques bleus en RDC : 20 ans… c’est trop !

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Bien que le bilan combiné de la Monuc (Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo) et de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo) ne soit pas totalement négatif, la présence prolongée des casques bleus et personnels civils onusiens en territoire congolais commence à lasser. Car, hormis la cessation des hostilités entre belligérants gouvernementaux et rebelles entre 1998 et 2003, l’accompagnement des processus électoraux de 2006 à 2018, la protection tant soit peu satisfaisante des civils en zones de conflit, le principal reproche à faire aux casques bleus est l’absence de paix durable à l’Est de la RDC et la persistance de la nuisance des forces négatives, internes et externes.

            D’où, au lieu de se focaliser sur la création et le maintien d’emplois en faveur des Congolais – ce qui n’est pas l’objet de la Monusco –on devrait plutôt lui exiger des résultats. L’un des plus attendus devrait être l’éradication totale et définitive des groupes armés, en partenariat avec les FARC (Forces Armées de la République Démocratique), la fin du pillage des ressources naturelles congolaises, l’installation de la peur dans le camp des forces négatives, qui prennent aujourd’hui le culot de s’attaquer même aux bases des casques bleus.

            Beaucoup partagent le sentiment des USA, l’un des grands bailleurs des missions onusiennes de maintien de la paix à travers le monde en général et en Afrique en particulier, selon lequel le travail réalisé en RDC ne correspond pas aux moyens financiers (plus d’un milliard de dollars américains par an), humains (environ 20.000 hommes de troupes en passe d’être rabattus jusqu’à la fourchette de 15.000), logistiques (hélicoptères de combat, drones, blindés, chars, armes, munitions, véhicules de transports de troupes), etc.

            Les difficultés financières actuelles de la Monusco découlent entre autres de la fermeture, par Washington, de son robinet. Les officiels américains ne voudraient pas continuer à se mettre en porte-à-faux avec leurs contribuables, qui ont de plus en plus l’impression d’investir dans un gouffre sans fond.

            D’où, ce verdict sans appel : 20 ans, c’est trop ! On ne cesse de rappeler qu’en son temps, l’ONUC (Organisation des Nations Unies au Congo) avait réussi à mettre fin aux rébellions katangaises et sud-kasaïennes en l’espace de trois ans (1960- 1963), dans un espace géographique de même dimension que la RDC d’aujourd’hui, avec peu de moyens et de combattants.

            Pourquoi ce qui était possible hier ne l’est-il pas depuis 1999, date de l’arrivée de la Monuc puis de la Monusco en République Démocratique du Congo ? 20 ans après, des millions de Congolaises et Congolais pensent avoir affaire à un verre à moitié plein. A défaut de n’avoir pas pu le remplir en deux décennies, l’option la mieux indiquée à prendre serait, soit de produire des résultats immédiats dans la pacification de l’Est du Congo, soit d’envisager le retrait dans un délai raisonnable. Toutefois, la condition sine qua non du retrait définitif de la Monusco devrait être la construction, par la RDC, d’une armée républicaine, capable de s’acquitter efficacement du travail de traque des groupes armés et de défense du territoire national.

            Cela devrait passer par la professionnalisation effective des troupes et l’évacuation, du corps de l’armée nationale, d’officiers affairistes, davantage préoccupés par leur business que la défense du territoire national.

                                   Kimp

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