Carton rouge de Jean-Lucien Bussa au jus « CERES »

0
73

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo vient officiellement d’interdire toute importation, commercialisation et consommation des produits CERES, précisément le jus de marque pomme, conditionnés entre le 14 et le 30 juin 2021, sur toute l’étendue du territoire national. Cette mesure fait suite à l’alerte lancée le 11 octobre 2021 par le COMESA (Marché Commun pour l’Afrique Orientale et Australe) sur le caractère impropre à la consommation de plusieurs lots des produits de ce jus d’origine sud-africaine, qui contiendraient un niveau élevé de patuline, une substance à l’origine de troubles digestifs, qu’on retrouve aussi dans certaines moisissures.

         Dans un communiqué officiel signé hier lundi 1er novembre 2021, le ministre du Commerce Extérieur, Jean-Lucien Bussa, a instruit tous les services compétents à procéder à leur retrait du marché et à la destruction desdits produits dans le respect des normes réglementaires applicables et la matière.  

         Cette décision est jugée salvatrice par le commun de mortels d’autant plus qu’elle  vient sauvegarder la santé des millions de Congolais consommateurs de ce jus. Au-delà de cette mesure,  l’inquiétude réside dans le fait que la RDC continue à être la poubelle du monde comme il y a  20 ou 30 ans. En effet, il arrive qu’on interdisse un produit pour la consommation, surtout dans le domaine alimentaire, alors qu’on le retrouve déjà en circulation et en grande quantité à travers le pays. Personne ne peut malheureusement certifier la quantité commercialisée sur le marché, mettant ainsi en danger la sécurité alimentaire des consommateurs. Certains produits sont carrément antidatés, en avançant la date d’expiration, en attendant pour le vendeur d’écrouler toute sa marchandise. 

La RDC, poubelle

du monde

         La présence sur le sol congolais  du jus CERES de marque  « Pomme » jugé impropre à la consommation, doit interpeller les décideurs politiques pour savoir  marquer un temps d’arrêt si dans notre pays, il y a une politique gouvernementale de protection des consommateurs. Est-ce que les droits de consommateurs sont respectés ?  L’Etat dispose-t-il de structures appropriées et des moyens adéquats pour bloquer tout ce qui est avarié, périmé et impropre à la consommation, dont on sait qu’il peut nuire à la santé de nos populations ? Il y a bien sûr l’OCC (Office Congolaisde Contrôle). Mais combien de fois ce service public s’est-il montré impuissant aux frontières (aéroports, ports) face aux lobbies politiques?

         En effet, on fait face à des importateurs véreux et de surcroit criminels qui ne visent que  la réalisation de leurs intérêts  égoïstes et mesquins, en important  des produits destinés à l’incinération dans leurs pays de fabrication. Achetés à des vils prix, ils les vendent à de prix exorbitants sacrifiant de la sorte des millions des Congolais au détriment de leurs intérêts. Les poulets sans emballages appelés communément « Poulets nus » sont vendus sans fournir à la population des informations sur les dates de production et d’expiration. Et ceci passe au vu et au su des autorités compétentes sensées pourtant mettre de l’ordre dans le secteur métrologie.

         Vivres frais avariés, produits pharmaceutiques de contrefaçon, sous-vêtements usagés, pièces déclassées des automobiles accidentés, véhicules vieux de plus de 30 ans d’âge, appareils électroménagers de « troisième main », tout en effet, passe. Tout pratiquement nous arrive en masse en RDC, par containers entiers. Voilà l’environnement dans lequel les consommateurs de la RDC vivent et qui laissent voir que la RDC est en passe de devenir l’une de plus grandes poubelles du monde, si elle ne l’est pas déjà.

         Il faut souhaiter que le ministère du Commerce Extérieur ne s’arrête pas à ce seul produit et étende son action sur tous les produits périmés ou trafiqués.

           Il est temps que l’Etat, à travers ses services compétents, prennent à bras le corps cette question en renforçant des dispositifs  pouvant garantir de manière efficace la sécurité alimentaires de sa population, car dit-on, la santé n’a pas de prix.  

Perside Diawaku

Communiqué officiel n°003/CAB/MIN.COM.EXT/2021

         Considérant l’alerte CCC-CP-NOTICE 4/2021 du 11 octobre 2021 de la Commission du Marché Commun pour l’Afrique Orientale et Australe (COMESA) déclarant impropre à la consommation plusieurs lots des produits jus de pomme de la marque CERES d’origine Sud-Africaine, commercialisés dans 7 pays d’Afrique dont la RDC, suite à des teneurs élevées en patuline, une mycotoxine nocive à la santé que l’on retrouve généralement dans certaines moisissures ;

         Conformément aux prérogatives lui dévolues par la Loi N°73/009 du 5 janvier 1973 dite particulière sur le Commerce telle que modifiée et complétée à ce jour, spécialement en ses articles Il et 13 et ; par l’Ordonnance n°20/017 du 27 mars 2020 fixant les attributions des Ministères;

         La Commission Sanitaire et Phytosanitaire en entendue par son avis du 25 octobre 2021 ;

Le Ministre du Commerce Extérieur rend publique les mesures urgentes ci-après ;

1. Interdiction formelle de tout Importation, commercialisation et consommation des produits jus de pomme de la marque CERES, conditionnés entre le 14 et le 30 Juin 2021, sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo jusqu’à nouvel ordre.

Il s’agit des lots suivants :

– CERES pomme n carton de 4 6x200ml, code bar 6001240200018 ;

– CERES pomme en bouteille de 275ml, code bar 6001240222676 ;

– CERES pomme en carton de 12xlL, code bar 6001240100011,

2. Instruction aux services habilités de procéder au retrait du marché et à la destruction desdits produits dans le respect des normes règlementaires applicables en la matière;

3. Instruction aux Secrétaires Généraux au Commerce Extérieur, a l’Economie Nationale, à l’Agriculture, et à la Santé Publique; au Commissaire Général de la Police Nationale Congolaise (PNC), aux Directeurs Généraux de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), de la Direction Générale des Douanes e Accises (DGDA), de la Direction Général des Migrations (DGM) ; et au Directeur du Programme National d’Hygiène aux Frontières (PNHF), chacun en ce qui le concerne, de procéder à l’exécution Immédiate des présentes mesures.

Fait à Kinshasa, le 01 novembre 2021

Jean-Lucien BUSSA TONGBA

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •