Carburant : les multinationales défient le Gouvernement

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Alors que partout à travers le monde, on en train de revoir à la baisse la structure des prix des produits pétroliers à cause de la chute des cours du pétrole, les sociétés multinationales installées en République Démocratique du Congo ne veulent pas l’entendre de leurs oreilles. Leur mauvaise foi est manifeste à travers le boycott répété de toutes les réunions convoquée par la ministre ayant en charge l’Economie  nationale pour discuter de la question.

            Lors de la réunion du comité de suivi des prix des produits pétroliers, le jeudi 23 avril 2020 par la ministre Acacia Bandubola Mbongo en vue de discuter avec les opérateurs économiques du secteur pétrolier des modalités relatives à la révision de la structure des prix, seuls les sociétés de droit congolais avaient répondu. Les multinationales avaient brillé par leur absence en réagissant à travers leur organisation GPDPP (Groupe professionnel des distributeurs des produits pétroliers). Le GPDPP avait prétexté l’État d’urgence notamment la limitation à 20 personnes le nombre maximal, comme si la ministre était ignorante des mesures prises par son propre gouvernement.

            Le lundi 27 avril 2020, une nouvelle réunion est convoquée parce que la question n’ayant pas traitée. Et cette fois-ci, comme pour vider le prétexte du GPDPP, il est clairement mentionné dans les invitations la limitation à 20 personnes le nombre de participants.

            Malgré cela, mes multinationales ne répondent toujours pas à l’invitation de la ministre de l’Economie nationale. Cette fois-ci avec arrogance, le GPDPP fait savoir à travers message envoyé qu’il ne trouvait pas opportun de procéder à la mise en place d’une nouvelle structure des prix et que la baisse actuelle est circonstancielle.

            On rappelle que la structure actuellement en vogue a été mise en place le 18 novembre 2018. En dépit de toutes les fluctuations de prix du pétrole intervenues maintes fois, les multinationales installées en RDC n’ont jamais daigné revoir leurs prix ! Alors que lorsqu’il s’agit d’un mouvement contraire, elles n’attendent pas pour réclamer la révision à la hausse des prix des produits pétroliers.

            Deux jours après, soit le mercredi 29 avril dernier, une autre réunion convoquée connaîtra malheureusement le même sort. Le GPDPP la boycotte encore une fois. Il fait parvenir le message en prétendant que le volume mensuel du carburant pris en compte pour les calculs de la structure des prix est trop élevé, et ne reflète pas la réalité.

            Le samedi 2 mai dernier, le chef du Gouvernement convoque autour de lui quelques membres de son équipe – dont le vice-premier ministre en charge du Budget, le ministre d’État aux Hydrocarbures, la ministre de l’Economie nationale ainsi que le ministre des Finances représenté par le vice-ministre – en vue de débattre de la question liée à l’évolution de la situation des produits pétroliers notamment la structure des prix en application par rapport à la situation au niveau mondial. Le Premier ministre a instruit les ministres concernés de poursuivre des discussions et faire rapidement le rapport au gouvernement.

Par ailleurs, on apprend que hormis le fait qu’elles dominent le marché de vente des produits pétroliers en République Démocratique du Congo, les multinationales manoeuvreraient en coulisses pour étouffer toute concurrence sérieuse dans ce secteur.

            Au Gouvernement de prendre ses responsabilités pour ne pas se laisser narguer par des opérateurs censés se soumettre à la politique du gouvernement du pays où ils œuvrent. Car, le gouvernement ayant supprimé presque toutes les taxes qui leur servaient de prétexte pour faire des enchères, ils n’ont aucune raison de ne pas se soumettre.

            En plus, les mêmes multinationales sont sans ignorer qu’actuellement des milliers de bateaux pétroliers chôment dans le mouillage sur tous les océans et mers du monde et n’attendent qu’un coup de fil pour venir en toute vitesse. En cas d’entêtement, le gouvernement sera donc obligé de passer outre, et c’est eux qui le regretteront.

            En dernières minutes, Le Phare a appris que le dossier serait pris au très sérieux au plus niveau de la République. Pour cela, des réunions vont se multiplier  en début de cette semaine dans le but de recadrer les choses.

Dom

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