Candidat à la présidentielle : avec 74 milliards USD, Matungulu prêt à bâtir un nouveau Congo

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Candidat à la course de fond de décembre 2018, Freddy Matungulu a choisi la paroisse Notre Dame de Fatima, à Gombe,  et la date du 26 septembre 2018 pour présenter son projet de société  aux sociétaires de son parti, Congo na Biso, et de la plate-forme électorale Synergie Electorale Notre Congo, dont il est l’animateur principal et aux
invités.

La capricieuse sonorisation d’hier à Fatima n’a pas douché l’ardeur des militants et sympathisants qui ont exprimé leur attachement à leur leader en scandant son nom ou autres phrases en son honneur. Etaient aussi là Vital Kamerhe de l’UNC, Fidèle Babala du MLC…

Connu pour sa verve oratoire, ce présidentiable a parlé pendant une heure. Il s’est posé la question suivante : Où va le Congo ?  On retient de son projet de société qu’il repose   sur trois axes et est chiffré à 74 milliards des dollars USD pour une période de cinq ans.
Son diagnostic est que la RDC a une économie de rente et a intérêt à diversifier son système économique.  Sa vision repose sur trois axes :
Créer un contexte institutionnel et sécuritaire pour attirer de
potentiels investisseurs, construire une économie à  croissance
inclusive et relever  les défis sociaux et  de la solidarité
nationale. Volontariste, il rêve de créer des hôpitaux modernes dans
toutes les provinces du pays, d’assurer l’interdépendance  régionale
de notre espace national, de rendre effective la gratuité de
l’enseignement primaire et de l’étendre  au niveau secondaire, de
moderniser  l’enseignement supérieur, d’avoir une Police et  une armée
restructurées,  conformes à la taille de la RDC. Autres intentions
déclinées : l’installation d’une base militaire au Nord- Kivu, la
lutte implacable contre les antivaleurs, la création d’une Haute
Autorité Président Kasa-Vubu, une instance censée récompenser les
fonctionnaires honnêtes.  Et  a fait état de la nécessité de revenir à
une présidentielle à deux tours. Bref, selon lui, le  Congo est à
remodeler de fond en comble.
Pendant les échanges, il a répondu à une question sur la CENi et
évoqué le nom de  l’abbé Nshole comme une des personnalités pouvant
redorer l’image de cette institution. Quant à l’élément nouveau qu’il
apporte pour se démarquer d’autres présidentiables, il a révélé qu’on
a trois catégories de candidats. Il  y a ceux qui ne sont jamais allés
à la cuisine et promettent monts et merveilles aux électeurs; des
personnes ayant géré le pays en laissant une mauvaise image derrière
elles et des candidats qui avaient été aux affaires et se sont bien
tirés d’affaire. Pour sa part, il fait partie de cette dernière
catégorie. Il a redit sa foi en l’idée d’une candidature unique de
l’opposition.
Economiste  de renom et ancien étudiant de prestigieuses universités
américaines, il avait fait la ronde des cabinets ministériels et «
atterri » au FMI. Ministre de l’Economie, Finances et Budget de
2001-2003 et évitant de se salir, il avait rendu le tablier et
réintégré le FMI qu’il quittera de nouveau en 2014.
Jean- Pierre Nkutu
CREER UNE CROISSANCE PARTAGEE DURABLE ET RESTAURER LA DIGNITE DE LA RDC
INTRODUCTION

1. Les habitants de la République démocratique du Congo (RDC) vivent
dans une pauvreté abjecte. D’après les dernières enquêtes, près de
deux tiers de la population vit en deçà du seuil de pauvreté de 2,5
dollars par jour. Et tout le monde sait que la RDC est toujours
classée parmi les derniers pays au monde sur l’échelle du
développement humain.
2. La RDC combine un faible revenu par habitant, un taux de scolarité
bas et une espérance de vie d’une cinquantaine d’années seulement,
comparée à au moins 60 ans de moyenne africaine.
3. Cette situation désastreuse de l’économie et de la société
congolaises est certes due à des causes multiples. Mais le chômage,
qui frappe la majorité de la population active, demeure le principal
facteur de risque à la pauvreté. Le manque de travail et donc de
revenu, empêche d’accéder aux biens et services sociaux de base que
sont, en particulier, la santé, l’éducation, l’eau potable,
l’électricité, et le logement décent.
4. Mais le chômage n’est que la conséquence du système économique
congolais, dont les moteurs de croissance ne sont pas suffisamment
diversifiés vers des secteurs porteurs d’emplois massifs,
l’agriculture et l’industrie notamment. Le Congo a, en effet, une
économie dont la croissance est principalement tirée par les secteurs
extractifs miniers et pétroliers: des secteurs qui ne créent que peu
d’emplois directs.
5. Il est donc impératif de diversifier les secteurs de l’économie.
Mais tout le problème est d’adopter une gouvernance et un modèle
économique qui soient appropriés à cette tâche. En effet, la
diversification requiert une gouvernance économique qui facilite
l’investissement, spécialement dans l’agriculture et l’industrie,
ainsi que dans les infrastructures de transport, de communication et
d’électricité.
6. Pour enclencher la dynamique de la diversification économique, la
RDC doit adopter un modèle qui incite à affecter davantage du surplus
des activités économiques dans le productif, c’est-à-dire dans
l’accumulation des moyens et des facteurs de production. Ce qui est
loin d’être le cas actuellement dans ce pays où la mauvaise
gouvernance et l’instabilité politique chronique conduit à accumuler
non pas les moyens de production, mais plutôt des biens de
consommation: résidences, grosses cylindrées, voyages touristiques.
7. Où le Congo va-t-il? Qu’est ce qui adviendra à ce beau pays si rien
n’est fait pour contrer les maux qui le rongent?
8. La réponse à cette interrogation est facile. Si les congolais
n’améliorent pas la gouvernance économique, l’investissement productif
demeurera un lointain rêve pour le pays. Et l’économie ne sera pas
diversifiée avec pour conséquence une aggravation du chômage et donc
de la pauvreté.
9. L’amélioration de la gouvernance économique est aujourd’hui
entravée par la mauvaise gouvernance politique qui confond le domaine
privé avec le domaine public de l’Etat. Une gouvernance politique
porteuse de germes de conflits, d’insécurité et d’instabilité plus au
moins exacerbés sur l’ensemble du territoire national.
10. Dans un tel contexte délétère, si la pression démographique
accroit les besoins sociaux, les gestionnaires publics prélèveront de
plus en plus de ressources pour satisfaire les demandes pressantes de
leurs familles biologiques, politiques ou de leurs communautés
tribales, ethniques et autres. Autant de comportements qui vont
alimenter encore plus le mauvais environnement des affaires actuel. A
long terme, ces attitudes détourneront davantage les investissements
des secteurs productifs et accentueront le chômage, tout en aggravant
la pauvreté et les inégalités.
11. Que doivent les Congolais faire pour contrer les maux et les
dynamiques de régression qui sont en oeuvre dans leurs économie et
société? Telle est la grande question!
12. C’est à cette question existentielle que répond le projet de
société CNB/SYENCO, ainsi que la vision qui le sous-tend.

PROJET DE SOCIETE ET VISION CNB/SYENCO

1. Cette vision est celle du vrai changement, de la mise en place d’un
nouveau contexte national de reconnaissance des vertus du travail bien
fait Elle vise à engager la RDC sur la voie de changements
fondamentaux dans la gouvernance politique et économique, notamment en
rétablissant l’éthique de la responsabilité dans la vie publique,
changements qui permettent au peuple congolais de mettre en oeuvre des
réformes propices à la stabilité macroéconomique, à une croissance
économique partagée soutenable, et à la justice sociale.
2. Basé sur cette vision, le projet de société comporte trois parties
principales, à savoir:
a. Reconstruire la démocratie et assurer le respect de l’Etat de droit
et reconquérir la paix et la sécurité intérieures pour créer un
environnement favorable à la reprise du travail et au progrès
économique et social;
b. Redresser l’économie par la diversification sectorielle et
l’intégration spatiale du territoire;
c. Relever les défis du social et de la solidarité nationale.

RECONSTRUCTION DE LA DEMOCRATIE ET DE L’ETAT DE DROIT, ET RECONQUETE
DE LA PAIX ET LA SECURITE

1. La création d’un contexte favorable à l’investissement productif
est aujourd’hui question de vie ou de mort pour la RDC car sans un tel
environnement, point de progrès économique et social. Les efforts y
afférents doivent porter notamment sur la reconstruction de la
démocratie qui vise à redonner au peuple congolais, directement ou par
l’intermédiaire de ses dignes et vrais représentants élus, un droit de
regard sur la façon dont le pays est géré, y compris sur le choix des
gestionnaires dans tous les grands domaines de la vie publique.
2. En effet, un dirigeant qui sait que sa survie politique dépend de
la sanction que lui réservent les électeurs s’assurera bien que sa
gestion cherche en permanence à trouver des solutions aux problèmes de
ses administrés. Les congolais sont encore loin de réunir cette
condition institutionnelle fondamentale. Ainsi, la plupart des
provinces et autres secteurs de la vie nationale sont entre les mains
de cadres ou sympathisants du PPRD et partis politiques alliés qui
n’avaient pourtant pas réalisé les meilleurs résultats aux dernières
élections organisées dans le pays.
3. Le Congo doit se hâter de résoudre ce problème, faire en sorte que
les équipes dirigeantes à tous les échelons du pouvoir soient le
reflet du vote des citoyens et se sentent bien redevables de ceux-ci.
C’est à cette condition que les tenants du pouvoir pourront enfin
commencer à travailler pour le Congolais électeur, lui qui est le vrai
maitre des ressources du pays. Ainsi, remis à leur place, les
dirigeants pourront véritablement faire de la lutte contre la
corruption et l’amélioration des conditions de vie de tous, leur
cheval de bataille.
4. En l’état actuel des choses, la reconstruction de la démocratie
doit notamment passer par de grandes actions qui en réforment la
pratique, sous l’égide d’un gouvernement qui protège les droits
constitutionnels de tous les Congolais. Dans ce cadre, le projet de
société CNB/SYENCO prévoit la mise en oeuvre, en priorité, des
mesures-clés ci-dessous:
a. Soumission urgente au Parlement d’un projet d’amendement de la
Constitution visant à rétablir les deux tours de l’élection
présidentielle ;
b. Lancement du cycle de préparation de l’élection présidentielle de
2023 avant la fin 2019 ;
c. Approbation par le Parlement des nominations par le Président de la
République des hauts fonctionnaires chargés de la gestion des grandes
institutions économiques, militaires, de sécurité, et diplomatiques du
pays; y compris la Banque centrale, les ambassades, les grandes
entreprises publiques, et les principales branches de l’armée, dé la
police et des services nationaux de renseignement.
5. S’agissant de l’indispensable développement de l’Etat de droit, le
regroupement politique CNB/SYENCO entend s’assurer qu’en RDC la loi
est conforme à la Constitution et est respectée par tous les citoyens
pour une bonne gestion des affaires publiques et privées dans le pays.
Dans ce cadre, les services de sécurité doivent être gérés de façon à
assurer une protection à tous. Ces services seront principalement
utilisés pour aider à faire respecter la loi.
6. Dans ce domaine, le projet de société CNB/SYENCÙ préconise des
actions de grande envergure menées pour promouvoir notamment
l’indépendance du système judiciaire, l’accès à la justice, ainsi que
la liberté de la presse; et l’allocation de ressources suffisantes au
fonctionnement des cours et tribunaux.
7. Pour réaliser l’objectif de construction d’une économie à forte
croissance inclusive, la RDC doit aussi mettre en place une nouvelle
administration, déployer une diplomatie de développement, et
développer une armée républicaine et professionnelle.
8. Le projet de société comporte des initiatives déterminées dans la
lutte contre la corruption et l’impunité, sans chasse aux sorcières.
Il engage la RDC à adhérer strictement aux normes internationales
d’éthique, et à améliorer la transparence en matière de gouvernance,
de manière à s’attaquer à la kleptocratie, à l’autocratie
multipartite, et aux pratiques de corruption tant déplorées en RDC.
Dans ce cadre, le projet appelle notamment à la création de :
a. Une Haute Autorité Président Kasa-Vubu pour la transparence dans la
vie publique (HAPK-TVP). Celle-ci sera une Autorité Administrative
Indépendante (MI) chargée de promouvoir la probité des fonctionnaires
publics. L’institution recevra et examinera les déclarations faisant
état de la situation patrimoniale et des intérêts des plus hauts
fonctionnaires (les membres du Gouvernement et du Parlement, les
principaux représentants locaux élus, les conseillers principaux du
président de la République, les ministres et les présidents des
assemblées ou des dirigeants des organismes publics et des
entreprises). Ces fonctionnaires pourront consulter la HAPK-TVP sur
les questions d’éthique liées à l’exercice de leurs mandats et
celle-ci émettra des recommandations à la demande du Premier ministre
ou de sa propre initiative, sur toute question relative à la
prévention des conflits d’intérêts.
b. Un Prix Présidentiel de la Bonne Gouvernance en vue de la promotion
des valeurs de leadership éthique qui exigent que toutes les personnes
en position de responsabilité dirigent leurs services de manière
exemplaire et créent un environnement de travail éthique et
enrichissant sur le plan professionnel pour leur personnel.

c. De villes et provinces sous-contrat public-privé dans lesquelles
les investisseurs nationaux et étrangers auront un droit de regard sur
la gestion administrative des lieux d’exercice de leurs activités
économiques. Cela, pour tordre le coup à la petite corruption si
nocive au développement de projets socio-économiques de grande
envergure.
9. La restructuration des forces de sécurité sera entreprise dans le
cadre d’un Plan de Réforme de l’Armée Nationale, PRAN en sigle, avec
le soutien technique approprié des partenaires bilatéraux et
multilatéraux. Parmi les actions-phares envisagées, l’on retiendra :
a. La définition de la taille appropriée de l’armée et des forces de
police, placement de leur commandement sous la supervision de
dirigeants et d’un personnel qualifiés, et approvisionnement fiable et
approprié en équipements militaires et policiers. Dans ce contexte,
les académies de police et les écoles militaires actuelles seront
réorganisées et de nouvelles écoles seront construites pour la
formation adéquate du futur leadership de l’armée et la police.
b. La construction dans les meilleurs délais d’une base militaire de
premier rang au Nord-Kivu.
10. Les actions diplomatiques du projet de société CNB/SYENCO visent
principalement à soutenir le programme ambitieux pour la croissance et
la nouvelle gouvernance de la RDC. Il est question de remodeler le
Congo de fond en comble pour en faire une puissante économie et une
nation démocratique qui maintient des liens privilégiés avec les
anciennes démocraties du monde, et avec les pays émergents qui ont
réalisé d’importants gains dans la lutte contre la pauvreté. Des
échanges ouverts et fréquents avec ces nations permettraient de faire
progresser les efforts du gouvernement visant à rétablir une culture
de transparence, de responsabilité, et de travail assidu ; ce qui est
essentiel pour parvenir à une croissance forte et soutenue.

CONSTRUCTION D’UNE ECONOMIE A CROISSANCE INCLUSIVE
1. La deuxième partie du projet de société CNB/SYENCO porte sur le
redressement économique dans un contexte économique et sécuritaire
réinventé et plus propice aux affaires. La stratégie qui fonde ce
redressement consiste à bâtir une économie à croissance inclusive.
2. Comme il se doit, l’inclusivité de la croissance doit revêtir trois
dimensions: la diversification économique, l’intégration spatiale du
pays, et la reconnaissance de la solidarité nationale comme valeur de
premier plan.
3. Ces trois dimensions de l’inclusivité fondent les trois piliers
d’orientations et des actions de redressement économique retenues dans
le projet de société CNB/SYENCO.
4. Le premier pilier est celui des actions visant la diversification
de l’économie. Il s’agit, ici, de renforcer le potentiel du secteur
minier, mais surtout de porter le périmètre de l’économie au-delà de
l’industrie extractive, notamment en redonnant aux secteurs agricole
et industriel la place qui leur revient. Les moteurs de croissance
seront ainsi diversifiés vers des secteurs porteurs d’emplois massifs.
Par ailleurs, l’approfondissement des chaines de valeurs dans
l’extractif et l’agricole produira une diversification
intra-sectorielle réduisant la vulnérabilité de l’économie congolaise
aux chocs extérieurs.
5. Dans le domaine agricole, et conformément aux engagements
internationaux pertinents du pays, notamment dans le cadre du
Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine PDDAA
en sigle, les dépenses publiques pour l’agriculture doivent être
portées à 10 % du budget sur une période de cinq ans. Et, comme le
prévoit la Constitution 40 % de ces dépenses seront effectuées dans
les provinces sous l’autorité des administrations provinciales.
6. Afin d’assurer l’efficacité des nouvelles politiques convenues, le
projet prévoit le renforcement des institutions publiques et du
capital humain en charge de la conception de la politique agricole et
de sa mise en œuvre.. D’autre part, il préconise la requête d’un appui
accru auprès des donateurs afin de soutenir les efforts plus
importants des pouvoirs publics nationaux dans ce domaine-clé.
7. Dans l’extractif, les actions envisagées visent l’expansion de la
production minière et pétrolière, ainsi que l’amélioration de la
contribution de ces secteurs au budget de l’Etat.
8. En plus des minerais exploités actuellement, à savoir : le cuivre,
le coltan, le diamant, le zinc, la tantalite, Ie lithium, et le
cobalt, des actions sont envisagées pour étendre la production minière
à d’autres ressources extractives, tels que le fer, le nickel, le
chrome, le gaz, le ciment, le pyrochlore, le manganèse, le spodumène,
la bauxite, ainsi que les phosphates.
9. L’objectif en matière d’hydrocarbures est de sensiblement relever
la production du pétrole par la mise en exploitation des bassins
pétroliers additionnels (grabens Albertine, Tanganyika, Moero, Upemba
et la Cuvette Centrale), ainsi que des gaz associés de ces bassins
pétroliers.
10. Le deuxième pilier du redressement économique consiste en des
actions d’intégration du territoire congolais. L’objectif est de
renforcer l’interdépendance régionale de l’espace national dont le
centre est quasiment vide et la périphérie débordante de ressources, y
compris humaines; et dans laquelle se trouve la ville-capitale de
Kinshasa. Le manque de centralité du territoire congolais est source
d’enclavement et donc de chômage et de pauvreté. La mise en place des
infrastructures de transports et des équipements énergétiques et de
communication favorisera l’intégration territoriale, économique,
commerciale, et sociale du pays.
11. Le projet de société CNB/SYENCO met en avant un programme
ambitieux d’infrastructures, notamment la construction de nouvelles
voies ferrées, le bitumage de routes d’intérêt national et provincial,
l’installation d’un métro à Kinshasa et dans d’autres grandes villes
en expansion; et la finalisation urgente du projet de port géant en
eau profonde à Banana.
12. Dans le domaine énergétique, le programme CNB/SYENCO vise une
exploitation fiable et rentable de l’énorme potentiel énergétique de
la RDC. De manière globale, le projet de redressement ambitionne
d’accroître très sensiblement les capacités énergétiques du pays en
hydroélectricité par la création de trois grands pools de production
électrique à Inga, Wanya-Rukula et sur la Luapula.
13.     La troisième et dernière partie du projet de société concerne la
recherche de solutions aux énormes défis sociaux du pays en vue de
reconstruire la solidarité nationale si mise à mal aujourd’hui.
14. Les actions envisagées dans ce cadre ne sont pas exclusivement à
vocation humanitaire. Plus fondamentalement, le programme de
gouvernement CNJB/SYENCO entend créer et entretenir un processus
d’accumulation pérenne du capital humain à très grande échelle pour
permettre une participation efficace de la majorité à la production et
au partage des bénéfices de la croissance.
15. En clair, il s’agit de chercher à accroitre l’accès de la
population aux services sociaux de base valorisant que sont notamment
l’éducation et la santé.
16. Comme il est généralement établi, en effet, plus éduqué et en
bonne santé l’on est, mieux et plus efficacement l’on contribue à la
création de la richesse nationale. Par conséquent, mieux rémunéré l’on
est. Ainsi, aux Etats-Unis d’Amérique, le salaire cumulé de
l’universitaire pendant sa durée de vie dépasse en moyenne d’un
million de dollars celui du finaliste de l’école secondaire.
17. A long terme, le défi du social est donc avant tout un combat pour
le développement de systèmes éducatif et de santé performants. Dans la
vision CNB/SYENCO, le rôle de ces deux secteurs dans la construction
d’une solidarité nationale stable et pérenne est donc capital.
18. En matière d’éducation, la priorité est d’améliorer l’offre de
l’enseignement à tous les niveaux, primaire, secondaire et supérieur.
Les réformes envisagées comprennent notamment:
a. Restructurer le système éducatif afin d’améliorer les résultats et
les compétences des élèves pour les préparer aux défis professionnels
d’une économie mondiale en évolution technologique constante;
b. Assurer la gratuité d’un enseignement de haute qualité au niveau de
l’école primaire; un effort qui devra s’étendre à l’enseignement
secondaire dès que les conditions le permettent;
c. Moderniser l’enseignement supérieur en le dotant d’infrastructures
décentes et d’un programme complet et reconnu à l’échelle mondiale;
d. Réhabiliter les infrastructures et les bâtiments académiques des
universités et des principaux instituts d’enseignement supérieur du
pays, en commençant par les universités de Kinshasa, de Kisangani et
de Lubumbashi; l’Université Pédagogique Nationale; ainsi que
l’Institut Supérieur de Commerce et l’Institut Supérieur des Sciences
et Techniques Appliquées de Kinshasa;
e. Encourager la scolarisation dans les domaines de la science, de la
technologie, de l’innovation, de l’ingénierie et des mathématiques
pour aider à former les innovateurs indispensables au développement de
la nation.
19. En matière de santé, le projet de société CNB/SYENCO préconise la
construction d’un système national de santé solide qui permette à tous
les Congolais de disposer d’une assurance de soins de santé, d’accéder
aux soins de santé, à des aliments nutritifs, à l’eau potable et à un
logement décent.
20. De grandes initiatives seront menées à cet effet, notamment:
a. L’élaboration avec le secteur privé et les partenaires au
développement internationaux de programmes d’assurance de santé
communautaire visant à assurer une couverture de santé universelle;
b. L’accroissement du nombre de médecins disponibles pour les malades
congolais dans les zones urbaines et rurales;
c. La construction d’au moins un hôpital moderne par province, bien
alimenté et disposant de tous les équipements nécessaires ;
d. La promotion et le développement de la télémédecine pour accélérer
l’accès aux soins de santé des patients dans les zones rurales mal
desservies;
e. La fourniture obligatoire à chaque école primaire et secondaire de
l’eau potable de qualité pour prévenir l’apparition de maladies
d’origine hydrique telles que le choléra;
f. La fourniture à chaque village de la RDC de l’eau potable de qualité;
g. La mise en oeuvre de programmes de renforcement des éléments
nutritifs de l’alimentation spécifiques à chaque région du pays; ceci
sur base d’une évaluation des valeurs nutritionnelles des aliments de
base dans les zones rurales.
21. La mise en oeuvre de la vision CNB/SYENCO devrait permettra à la
RDC et à ses populations de se remettre progressivement sur la voie
d’un avenir meilleur.
22.     Le coût financier du projet de programme gouvernemental CNB/SYENCO
est considérable. Toutefois, les montants effectivement mobilisés et
exécutés seront initialement contraints par plusieurs paramètres.
Ceux-ci incluent la faible capacité d’absorption de l’économie, la
nécessité de préserver la stabilité du cadre macroéconomique, et les
difficultés de mobilisation des ressources internes et extérieures
dues aux graves faiblesses et dysfonctionnements de l’administration
publique, à la corruption généralisée dans le pays, et à la méfiance
conséquente des investisseurs potentiels nationaux et étrangers. Ces
derniers ne pourront en effet que progressivement être attirés, en
fonction de la capacité des nouvelles autorités à remettre le pays sur
la voie d’une gouvernance économique de responsabilité et de progrès.
23.     Eu égard à ce qui précède, et prenant en compte les hypothèses
macroéconomiques pertinentes pour la période de projection, le projet
de société Congo Na Biso/SYENCO estime le coût d’un programme réaliste
de la reprise de l’économie congolaise à 74 milliards de dollars
américains pour le quinquennat 2019-2023, soit une moyenne annuelle de
14,8 milliards de dollars américains.
24. En résumé, le projet de société CNB/SYENCO comporte trois grands axes:
-Créer un contexte institutionnel et sécuritaire de responsabilité,
favorable aux investissements;
-Bâtir une économie de forte croissance inclusive, créatrice de
nouvelles opportunités d’emploi et de revenus; et
– Affronter les défis du social et de la solidarité nationale grâce à
des politiques sociales, d’éducation, et de santé volontaristes.

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