CACH ET CACHETTE OU LE JEU DE CACHE-CACHE ENTRE PARTENAIRES A LA COALITION RD CONGOLAISE

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A travers cette réflexion, dont le titre est par lui-même plus qu’éloquent, nous tentons d’analyser les tumultueuses relations qui relient les partenaires principaux dans la «coalition » inédite de l ‘histoire de notre pays, coalition que nous aurions préféré appeler « pré-coalition ».

Cette préférence se justifie par les conditions qui ont prévalu avant et à la naissance de cette alliance « contre nature » qui relève, du moins pour un camp, des stratagèmes de lutte de positionnement égocentrique sur le dos de la population martyrisée pendant plus d’une décennie, sans qu’une moindre attention ne soit prêtée à ses jérémiades et douleurs.

            Rappelons, pour ceux qui l’auraient oublié, que les principaux partenaires à cette alliance sont, d’une part, le « Front Commun pour le Congo », F.C.C. en sigle, et d’autre part, le « Cap pour le Changement », en abrégé CACH.

            Le FCC est l’ensemble de tous les dirigeants qui, depuis l’ignoble assassinat de Mzee Laurent-Désiré KABILA d’heureuse mémoire – Paix à son âme – se sont plutôt réunis pour fonder un empire financier et politique dont devraient bénéficier les membres de leurs familles respectives autour de l’un d’entre eux. Ce dernier, considéré comme un pilier inébranlable dans leurs têtes, devait demeurer éternellement au pouvoir sans être bougé ni remplacé. Il s’agissait, pour ne pas le citer, du premier sénateur à vie proclamé de la République Démocratique du Congo. Pour arriver à réaliser cet objectif, le FCC a monté tactiques, stratagèmes et stratégies, affaiblissant certains partis jadis forts comme le Parti Lumumbiste Unifié, PALU en sigle; débauchant les membres réputés être des ténors d’autres partis intraitables comme l’UDPS et aliénant d’autres partis encore, malheureusement, sans base ni idéologies compatibles.

            Bref, le FCC, pour parler de cet ensemble fourre-tout, n’aménagé aucun effort pour saboter la Constitution de la République, par ailleurs déjà confectionnée sur mesure de son leader. Sous cet angle, Il n’a pas hésité à prendre toute mesure susceptible de faire reculer et de remettre au plus tard les élections qui devaient avoir lieu, selon la Constitution, en 2016. Le Chef, se croyant invincible, s’est accroché au pouvoir confisqué et aux richesses amassées en si peu de temps et, après avoir réussi à repousser la date de la tenue des élections n’a cessé d’agrémenter la guerre de l’Est en insérant, par  ordonnances présidentielles contresignées par le jeune Premier Ministre de PALU, des Officiers supérieurs étrangers dans les Forces de Sécurité Congolaises, qu’il s’agisse de ]’Armée, de la Police ou des Renseignements … Etait-ce par ignorance, par erreur ou en toute conscience? La question reste posée !

            Mais, toutefois, c’était sans compter avec la pression populaire interne, poussée par certains membres de l’opposition que l’on espérait voir se constituer cette fois-ci en un bloc uni .. , C’était aussi sans tenir compte de l’aide extérieure foumie à cette population, principalement par les USA dont la philosophie, depuis le régime TRUMP, tient à voir l’Afrique améliorer ses conditions d’existence sur le continent en vue d’éviter l’invasion de l’Amérique par les émigrants africains, ..

            Et lorsqu’on y ajoute certaines stratégies mal pensées .par le FCC comme tous les troubles créés non seulement à l’Est et au Centre mais aussi au Sud et à l’Ouest du pays, troubles doublés des assassinats et assaisonnés des emprisonnements iniques et des fosses communes sans nombre, des Congolaises et Congolais sur le sol de leurs ancêtres, on arrive alors à comprendre ce qui va conduire le leader intraitable du FCC à craquer et à céder, plus par stratégie que par amour, le fauteuil à un dauphin sans conviction et qui savait, d’avance, que ce siège ne lui reviendrait jamais !

            Le dernier grand coup perpétré par le FCC avant de perdre son pouvoir au sommet de l’Etat fut de parvenir à désintégrer « l’opposition» qui était sur le point de se désigner un candidat commun. « Le désigné» va ainsi l’être sur base des antivaleurs que ne pouvait tolérer la population congolaise pour le sommet du pouvoir: mensonges, dol, fibres tribales, trahison de la Nation …

            Voilà qui justifie l’avènement du CACH, constitué principalement de l’UDPS et de l’UNC. Et si CACH a pu se hisser au sommet du pouvoir, porté en cela par la majorité de la population congolaise, c’est grâce à l’UDPS. Mais attention, l’UDPS dont question ici est moins l’organisation politique ou le parti UDPS que l’IDEAL UDPS de tout le peuple congolais.

Certes, le parti UDPS a fait sa part. Imaginez qu’il est le seul parti du pays, en 2018, à avoir présenté un candidat Président démocratiquement désigné par la base à travers des élections libres, transparentes et démocratiques… Mais la victoire revient surtout à l’Idéal commun que partagent, ancré au plus profond de leur cœur, tous les Congolais, celui de demeurer unis (Union) pour arriver à instaurer la démocratie (pour la Démocratie) et le développement (Progrès Social). Cet idéal populaire a été révélé, capté et traduit par les « treize parlementaires» en qui se reconnaissait toute la base et qui avaient, au plus fort du régime du Maréchal du Zaïre, rassemblé la force d’âme et affronté le monopartisme dur pour créer, à l’intérieur du pays, un parti d’opposition appelé « Union pour la Démocratie et le Progrès Social », cette organisation politique qui connaît des hauts et des bas et qui est bien infiltré par de faux chauves de toutes sortes dont certains, très avides du carpe diem, quittent périodiquement le bateau et, d’autres, plus résistants, y demeurent encore.

            A signaler également que lorsqu’on s’allie à l’UDPS, on gagne toujours les élections; car, non seulement on jouit de l’appui du parti, mais aussi et surtout de celui de toute la population et de tout le peuple. C’est ce qui avait été constaté aussi bien en 2006 qu’en 2011. Les alliés de l’UDPS avaient gagné les élections même s’ils n’ont pas pu en exercer l’imperium.

            Pour contourner cette perte d’imperium, voilà que la nouvelle alliance UDPS, UNC et autres alliés gagne l’élection présidentielle de 2018, après s’être malheureusement séparée de l’autre frange qui prétendait être de l’opposition et dont le comportement indique aujourd’hui tout le contraire. Car, s’il en était ainsi, elle ne jouerait pas le jeu des ennemis de la République. Elle se serait plutôt ralliée au CACH, après que l’objectif d’arracher le pouvoir au FCC soit atteint. ..

            «Malheureusement », voilà que c’est le FCC qui se précipite dans les bras fermés du CACH pour prétendre constituer une alliance. Il s’octroie une majorité factice au Parlement en tendant le piège – dans lequel le Président va tomber malgré lui – de ne pas désigner un informateur et en évitant toute élection libre, indépendante et transparente dans les deux chambres. Voilà alors le FCC à l’ombre du Président de la République, pour éviter le courroux de la population qui n’a jamais exprimé sa douleur et dont les morts ont été enfouis dans des fosses communes, sans sépulture digne des humains …

            De bonne foi, le Président se plie et cache ainsi le FCC derrière le CACH. Il croit que derrière le CACH, le FCC qui se montre favorable dans cette cachette, va s’aligner et accepter le changement à imprimer au Congo. Malheureusement, c’est bien le contraire que le Chef de l’Etat est appelé à vivre et toute la population à observer.

            En effet, plutôt que former un gouvernement optimal, prôné et souhaité par le Président, le FCC impose un gouvernement inutilement éléphantesque où un ministère est « saucissonné », subdivisé en deux ou trois, juste pour récompenser, aux frais du trésor public, les chantres ayant contribué au retardement de la tenue des élections dans le souci de prolonger le mandat et garder le « leader » au pouvoir… En fait, que sert-il d’avoir un ministère des affaires sociales et un autre des affaires humanitaires? Un ministère des affaires étrangères et un autre de coopération internationale et d’intégration régionale? Un ministère de l’enseignement primaire et secondaire, un autre de la formation technique, un autre encore de l’enseignement supérieur et universitaire et un autre de la recherche scientifique? Un ministère du Tourisme et un autre de l’Environnement. .. et encore? Et encore …

            Voilà qui justifie les difficultés qu’on éprouve aujourd’hui à tracer la ligne de démarcation entre les différents ministères, ce qui ‘ explique, à ce jour, l’absence d’arrêtés ministériels de la composition des cabinets de différents ministres ! Quoi qu’il en soit, c’est à travers ce gouvernement pléthorique que le FCC jette des peaux de bananes et met des crocs-en-jambe aux activités présidentielles et du CACH, notamment toutes les manœuvres autour de la gratuité de l’enseignement de base, la non-exécution des ordonnance et instructions du Chef de l’Etat sans oublier des sorties médiatiques intempestives, impromptues et inappropriées chaque fois qu’un coin de voile est levé sur la mégestion antérieure du pays perpétrée par le FCC. Il en est de même du ralentissement des travaux programmés de « 100 jours» depuis qu’ils sont passés sous la conduite du gouvernement qui les a retirés de la Cellule de coordination présidentielle.

            Bref, on observe de l’agitation dans la plate-forme particratique fourre-tout, agitation qui s’est intensifiée surtout à la suite du crash de l’avion de la logistique présidentielle et de l’annonce de l’éventuelle dissolution de l’Assemblée Nationale si le FCC y poussait le Président Congolais. Des sorties et retraites politiques se tiennent, curieusement sans la participation du partenaire à la coalition, ne serait-ce qu’à titre d’invité ou d’observateur. Et là, alors qu’on en est à un an de pouvoir dit de la coalition, on échafaude des stratégies soi-disant pour le pouvoir en 2023 alors qu’en réalité, le FCC voudrait même tenter de le récupérer plus tôt. Quelle coalition? Sincère ou de stratégie?

            Voilà pourquoi, à la suite de tous ces comportements insolites, le Président, qu’on espérait surprendre, donne des signaux qui démontrent qu’il n’est pas distrait.

            Dans le souci de renforcer cette vigilance, nous suggérons à Son Excellence Monsieur le Président Antoine-Félix FATSl-ll de revenir à son idée-force d’avant la constitution du Gouvernement. En lieu et place de dissoudre donc l’Assemblée dans les conditions juridiques et économiques actuelles qui généreraient d’autres problèmes, nous invitons le Chef de l’Etat à exiger la démission du Premier Ministre, démission à la suite de laquelle il va désigner un informateur, avec ces mêmes députés nommés et/ou élus, en vue d’établir la « vraie » majorité et ce, sur base de l’idéologie que chacun d’eux prétend réellement défendre à travers le parti politique auquel il déclare appartenir.

            Cela fait, il va nommer le Premier Ministre – pourquoi pas reconduire celui qUl est là – qui sortira de cette « fausse vraie majorité » pour constituer un gouvernement bien réduit et capable de mener à bien la concrétisation de sa vision patriotique d’amour et de libération du pays, avec l’épanouissement du Congolais au centre de tout.

            De cette façon, le Président va remettre le train sur le rail, non seulement en détruisant l’hypocrisie de ceux qui déclarent être au FCC alors que leur cœur est ailleurs mais aussi en calmant les « égoïstes », ne serait-ce que pour un temps, égoïstes qui croyaient voir leur « mandat » voler en éclats en cas de dissolution de l’Assemblée.

            Sous cet angle, nous félicitons et encourageons le Chef de l’Etat dans les réformes qu’il vient d’entamer, notamment dans la Justice, et invitons les magistrats à mettre immédiatement fin à leur grève inopportune, en vue d’aider le Président à récupérer l’argent de la République détourné, argent qui servira à l’amélioration de leurs conditions de travail et d’existence. Il en est de même de la grève des professeurs d’université, eux qui peuvent encore accepter de consentir le sacrifice de peu de temps, temps qu’ils vont passer au travail en menant des recherches sur les malversations financières du pays, une façon de prêter main forte à la Justice qui va aider la Nation à récupérer ses avoirs volés et à les redistribuer équitablement, réglant ipso facto les litiges aussi bien des magistrats que d’eux-mêmes.

            Bref, le Peuple Congolais est appelé à une vigilance tous azimuts. Au lieu de considérer les déclarations du Chef de l’Etat comme des promesses et de demeurer dans l’attentisme béat, voyons-les plutôt comme des instructions, des orientations que chacun de nous, dans sa sphère d’actions, doit se sentir interpellé à appliquer et à suivre pour que se relève ce Géant d’Afrique et que la véritable démocratie s’installe en République Démocratique du Congo pour l’épanouissement de son Peuple, une démocratie dont nous devons tous participer à l’exercice du pouvoir, à tous les niveaux des échelons de l’Etat.

            Nous invitons, pour terminer, les partenaires à la coalition et, particulièrement le FCC, à jouer le franc jeu. Qu’il prenne le courage, comme il l’a fait avec l’Archevêque de Kinshasa en réparant le mensonge de la jeep non remise en son temps, d’aller au-devant de la population Congolaise et d’implorer son pardon pour le mal qu’il lui a causé tout au long du pouvoir qu ‘il a exercé avec des mains de fer sur tous les plans et de lui faire sincèrement la promesse de ne plus recommencer et de participer au changement souhaité vivement par tous. Autrement, il suffira que CACH se penche d’un côté pour le laisser à nu, tout visible et sans protection face à la colère du peuple capable de le reprendre même s’il cherchait à s’échapper par la nage.

A bon entendeur, salut !

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