ça brûle à Beni

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Les populations de la ville de Beni, surtout les jeunes, dans la province du Nord-Kivu, ont franchi hier lundi 25 novembre 2019 la « ligne rouge » dans sa colère contre la Monusco, qu’elles jugent coupable d’inaction face aux massacres à répétition dont elles sont victimes de la part de combattants armés présentés comme des rebelles ougandais opérant sous le label de l’ADF/ Nalu. La dernière goutte qui a fait déborder le vase était le massacre de 8 civils, dans la nuit de dimanche à lundi, par les mêmes rebelles.

            L’escalade de violences a atteint un degré tel que les manifestants ont commencé par incendier, tôt le matin, les bâtiments de la Mairie, avant d’aller piller le quartier général des forces onusiennes basé à Boikene. En guise de riposte, les casques bleus ont lâché plusieurs tirs de sommation. Malheureusement une balle perdu a atteint mortellement un jeune garçon, ce qui a eu pour conséquence de raviver la colère des manifestants, qui se sont mis à démolir les murs de la clôture de la concession onusienne.

            La pression de la foule était telle que la Monusco a dû recourir à deux hélicoptères pour évacuer plusieurs membres de son staff local, sous la haute surveillance de deux bombardiers. L’opération aéroportée était d’autant délicate qu’au sol, les manifestants exigeaient le retrait total des troupes onusiennes de la ville et du territoire de Beni.

            Le chef-lieu du Nord-Kivu a connu, durant toute la journée d’hier lundi 25 novembre, un décor de « ville morte » caractérisée par la paralysie de toutes les activités. Rappelons que depuis le milieu de la semaine dernière, écoles, universités et instituts supérieurs de la ville sont fermés, à la suite d’une décision concertée d’élèves et étudiants, très fâchés contre la Monusco pour cause de non assistance présumée de ses troupes aux civils en danger de mort.

            L’unique préalable à la reprise des cours étaient le retrait immédiat et sans condition des casques bleus de cette partie de la République Démocratique du Congo. Le mot d’ordre d’écoles, universités et instituts supérieurs « morts » continue d’être appliqué.

            Afin d’éviter de nouveaux dérapages, les autorités civiles et militaires de Beni ont décrété un « couvre-feu », de 18 à 6 heures, pour une durée indéterminée.  Kimp

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