Bureau du Sénat : comme Lokondo, Bahati sous la menace d’une motion

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En dépit de la validation, par le bureau provisoire du Sénat, de sa candidature à la présidence du bureau définitif de cette institution, aux côtés de Thambwe Muamba et d’Eric Makangu, le sénateur Modeste Bahati ne serait pas au bout de ses peines. Selon des informations en circulation au Palais du Peuple, le FCC (Front Commun pour le Congo) aurait concocté un Plan B, dont la trame reposerait sur un projet de motion incidentielle à présenter par un de ses représentants à la Chambre haute du Parlement lors de la plénière de ce mercredi 24 juillet 2019, réservée à la campagne électorale.

Cette bombe à retardement aurait pour objet d’exiger l’invalidation de la candidature de l’Autorité morale de l’AFDC-A (Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés), au motif qu’il ne serait plus le représentant légal de ce regroupement politique, dédoublé de fait avec la montée à sa direction de Néné Nkulu, que les « Kabilistes » comptent soutenir comme sa nouvelle « Autorité morale ». Même si la démarche parait incongrue et tirée par les cheveux, compte tenu de la consignation, dans le dossier de candidature de Bahati, de toutes les pièces relatives à l’enregistrement et l’agrément de son regroupement politique par le ministère de l’Intérieur, en son nom, il semble que les architectes de la motion incidentielle ne reculeraient devant rien.

Le scénario en chantier pourrait ressembler, trait pour trait, à celui mis en œuvre contre Henri Thomas Lokondo, à l’époque où il s’était présenté comme challenger de Jeanine Mabunda à la présidence du bureau définitif de l’Assemblée Nationale. Mais, à la différence de Lokondo, qui n’est pas chef d’un regroupement politique au sein du FCC, car la plate-forme Palu et Alliés, sous la label duquel il avait déposé sa candidature, se trouve sous la direction de Gizenga Lugi, Modeste Bahati est le numéro un de l’AFDC-A, jouissant de la légalité et de la légitimité en tant qu’Autorité morale.

Par conséquent, dans l’hypothèse de l’activation effective, par le FCC, d’une motion visant son invalidation, les Sénateurs seraient confrontés à un terrible cas de conscience, à savoir soit rejeter ladite motion pour défaut de soubassement juridique, soit l’entériner et cautionner, du coup, une grave atteinte à la loi portant création et fonctionnement des partis et regroupements politiques. On rappelle qu’une des dispositions de ce texte interdit l’utilisation, à un parti ou regroupement politique, du nom, du sigle et des insignes d’un parti ou regroupement politique déjà existants. Logiquement, le Sénat ne peut fonctionner avec, en son sein, deux ailes AFDC-A. D’où, il devrait être exigé aux dissidents des preuves de l’existence légale de l’aile dédoublée. Kimp

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