Bukavu : pas d’écoles… pas de messes !

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La grève des enseignants du réseau catholique de Bukavu, déclenchée au début de la semaine dernière et manifestement instrumentalisée par la hiérarchie provinciale de cette confession religieuse risque de se retourner contre cette dernière. En effet, pour exprimer leur mécontentement contre les grévistes et leurs parrains, visiblement opposés à la gratuité de l’enseignement de base, telle que voulue par le Chef de l’Etat et mise en œuvre par le gouvernement, les parents d’élèves de cette ville du Sud-Kivu ont réagi, le dernier week-end par l’interdiction et le boycott des messes. Ils ont reçu un soutien massif des paroissiens aussi bien catholiques que protestants.

            Afin dedécourager d’éventuels opportunistes en soutane ou en veste, des pneus usagés étaient brûlés devant les différents lieux de culte. Le symbole le plus significatif était la présence d’un amas de pneus en feu devant la Cathédrale de Bukavu.

            Le message envoyé aux curés et diacres des paroisses était clair : pas de messes sans écoles. Epinglés comme « alliés » des curés catholiques, des pasteurs des paroisses protestantes ont subi le même sort : pas d’école, pas de culte ! Bukavu a vécu, dimanche, des journées « cultes morts » dans les paroisses catholiques et protestantes.

            On laisse entendre qu’il pourrait en être ainsi, pour une durée indéterminée, tant que les cours seraient suspendus, dans les écoles catholiques et protestantes du chef-lieu, tant qu’une rébellion qui ne dit pas son nom va se poursuivre contre l’initiative présidentielle, chaudement saluée par des parents d’élèves, tout contents de ne plus se saigner aux quatre veines pour permettre à leurs bambins d’apprendre à lire et à écrire.

            Face à cette réaction inattendue et imprévue de leurs part de leurs fidèles, curés catholiques et pasteurs protestants de Bukavu se trouvent face à un choix cornélien, soit accompagner le gouvernement dans la voie de la gratuité, soit privilégier le business scolaire. Dans l’hypothèse de la primauté de l’argent sur l’éducation gratuite des enfants de leurs paroissiens, l’opinion serait fixée sur la motivation réelle du choix de la contribution des parents à laquelle ils refusent de renoncer.

                                               LP

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