Budget 2021 : traquer les détourneurs !

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Le projet de budget 2021 que le gouvernement s’apprête à déposer au Parlement est fixé à la hauteur de 14.247,5 milliards de francs congolais, soit l’équivalent de 8,6 milliards de dollars américains. En terme de comparaison, il est en-déça du budget initial de l’exercice 2020, estimé à 11 milliards de dollars américains mais finalement revu et corrigé à la baisse en cours d’exercice, à 5,8 milliards de dollars, pour cause à la fois de coronavirus mais aussi de coulage des recettes publiques par une maffia politico-administrative organisée de longue date.

            Le pays parait condamné à faire du sur-place, avec des budgets dits de « pauvres », auxquels il semble interdit de franchir la barre de 10 milliards de dollars américains, alors que les potentialités minières, agricoles, énergétiques, télécommunicationnelles, fiscales, douanières, administratives donnent à croire que le budget national peut-être doublé, triplé, voir quadruplé à courte échéance.

            D’où, il saute aux yeux de tous ceux qui aiment réellement le grand Congo que la bataille à ne pas perdre, c’est celle de la traque des détourneurs, ces « Kuluna » en cravate, qui «aspirent» chaque mois des millions de dollars américains destinés au Trésor Public. Les actions menées récemment par la justice ainsi que par l’Inspection Générale des Finances ont démontré que les finances publiques connaissent une saignée scandaleuse.

            Ce qui est troublant dans l’affaire est que les plus gros pilleurs de l’Etat congolais se recrutent parmi les plus grande  opérateurs économiques du pays, qui refusent systématiquement de payer les taxes à l’import comme à l’export, de même qu’en interne. Les pratiques d’exonérations et compensations douanières, fiscales, administratives, domaniales et autres ont pollué l’environnement économique, au point que les finances publiques sont continuellement au rouge.

            Face à la persistance d’antivaleurs combinant à la fois les détournements des deniers publics, la corruption, la concussion, le clientélisme, le trafic d’influence, le blanchiment des capitaux…il faudrait que toutes les structures mises en place pour les combattre et les éradiquer parviennent à identifier tous les acteurs, notamment des décideurs politiques et de hauts fonctionnaires, ainsi que leurs complices dans la sphère des opérateurs économiques, arrivent  à fonctionner à plein régime. Il faudrait surtout que les parrains et animateurs des réseaux maffieux soient traduits en justice, et punis proportionnellement aux préjudices financiers causés à l’Etat congolais.

            Nous avons aujourd’hui un échantillon d’exemples négatifs de prédation des biens et fonds publics, notamment à travers les procès du programme des 100 jours du Chef de l’Etat, les missions de contrôles de l’Inspection Générale des Finances dans les régies financières, les audits des effectifs à la Fonction Publique et plus précisément aux ministères de la Santé et de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel. La pléthore de cadres et agents de l’Etat, avec des « armées » des fictifs, constitue également une gangrène pour les finances publiques.

            Les difficultés de démarrage de l’année scolaire 2020-2021 sont notamment liées aux exigences des syndicats des enseignants de voir clarifiés les dossiers de fausses nouvelles unités et écoles fictives émargeant depuis quelque temps du budget de l’Etat.KIMP

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