Budget 2020 : non au discours démobilisateur !

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Après avoir jugé le projet de budget 2020, estimé à 10 milliards de dollars américains, indigne d’un pays comme la RDC, compte tenu de ses immenses potentialités naturelles, minières, fiscales, douanières et administratives, des donneurs des leçons de démocratie et de bonne gouvernance viennent de changer de cap, en soutenant l’avis du bureau du FMI/ Kinshasa, selon lequel cette estimation serait irréaliste. A leur avis, le gouvernement devrait revoir ses chiffres à la baisse, car incapable de mobiliser les recettes envisagées.

Il est étonnant que des experts du Fond Monétaire International, bureau de Kinshasa, aient pris la liberté d’inoculer un discours aussi démobilisateur au sein de l’opinion nationale. Point n’est besoin d’être un expert en questions économiques ou financières pour constater qu’il s’agit là d’un message fort dangereux, car de nature à décerner une prime d’encouragement à toutes les personnes physiques et morales qui, chaque année, se livrent au coulage des recettes publiques. On rappelle, à ce sujet, l’atelier organisé en 2015 par l’ancien vice-premier ministre et ministre du Budget, le professeur Mukoko Samba, au terme duquel il avait été démontré une évasion des recettes publiques à hauteur d’au moins 15 milliards de dollars américains par an.

En son temps, l’ancien Conseiller spécial du Chef de l’Etat honoraire chargé de la Bonne Gouvernance, de la Lutte contre la Corruption, du Blanchiment des Capitaux et du Financement du Terrorisme, Luzolo Bambi Lessa, avait mené une étude qui avait abouti au même résultat : le coulage d’au moins 15 milliards de dollars américains pqr an. Des indiscrétions échappées à l’époque des milieux d’affaires avaient même fait état de 30 milliards de dollars qui partaient en fumée à travers des opérations maffieuses.

L’actuel Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a pour sa part signalé, dans son intervention au forum de Kigali, que la RDC perdait, chaque année, au moins 50 milliards de dollars à travers des détournements, des rétro-commissions, des exonérations maffieuses, etc.

Ainsi que chaque Congolaise et chaque Congolais peuvent le constater, un budget de 10 milliards de dollars est le minimum réalisable pour la première année de mandat de l’actuel Chef de l’Etat. Mais, en fermant le robinet des détournements des deniers publics, des fraudes minières, douanières et fiscales, des effectifs fictifs dans l’administration publique, l’armée, la police et les services spéciaux, le pays est en mesure de faire passer, en une année, son budget de misère de 10 milliards de dollars américains à 50 milliards ou plus.

 Plutôt que de faire croire aux Congolaises et Congolais que leur pays ne peut pas atteindre un budget aussi modique que celui de 10 milliards de dollars américains, les experts du FMI devraient au contraire les pousser à chercher l’argent partout où il se trouve, pour multiplier ce budget par cinq ou plus. Ce n’est pas rêver debout que de viser la barre de 50 milliards de dollars au regard des richesses potentielles du sol et du sous-sol national.

                            Kimp

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